« Dellamorte Dellamore » de Michele Soavi: ressortie en DVD/Blu-ray prévue en avril 2022

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Un gardien de cimetière doit tuer les morts une seconde fois lorsque ceux-ci deviennent des zombies. Merveille bis et culte signée Michele Soavi, Dellamorte Dellamore ressortira le 27 avril en DVD/Blu-ray dans la collection Make My Day chez Studio Canal.

Dellamorte Dellamore, mélancolique gardien de cimetière, a du pain sur la planche. Les morts enterrés dans son cimetière reviennent à la vie et cette mystérieuse épidémie se propage de tombe en tombe, de nuit en nuit. Nous sommes en 1993 et tout le monde s’accorde sur le fait que le cinéma fantastique et d’horreur italien est définitivement à six pieds sous terre (même le cinéma de genre en général, en fait). Mais en guise de résurrection, même temporaire, quoi de mieux qu’un prodigue tardif pour racler le sol et extirper le cercueil d’un genre qui n’a pas échappé à l’exil télévisuel et culturel du cinéma italien? Ce prodigue, c’est Michele Soavi, qu’on imaginait alors comme le saint-sauveur à l’époque de Bloody Bird.

Il fallait donc une libération au milieu des ruines, une apparition fulgurante… et ce sera Dellamorte Dellamore, où Soavi s’attaque à l’univers de Tiziano Sclavi, créateur de la bande-dessinée Dylan Dog où un outsider dégommait des créatures surnaturelles à la chaîne. Soavi gardera alors les traits du personnage, laissant de côté Matt Dillon initialement prévu pour un Rupert Everett ici dans son contre-emploi le plus spectaculaire, troquant son flegme britsh pour une figure virile en marge du monde: celle de Francesco Dellamorte, gardien du cimetière de la petite ville de Buffalora. Sans qu’on sache pourquoi, les morts qui y sont enterrés reviennent à la vie sept jours après leur décès, errant dans le cimetière sans but précis: dévorer les vivants d’une part, s’enfuir peut-être. La mission de Francesco: leur coller une balle dans la tête pour les faire revenir de là où ils étaient sortis. En guise de compagnon d’infortune, Gnaghi, mémorable François Hadji-Lazaro (alors sorti du groupe des Garçons Bouchers et habitué aux caméos zarbis), qui ne sait communiquer qu’à travers une seule et unique onomatopée. Comme le résume alors si bien Francesco: «sur sa carte d’identité, il y a écrit «signe particuliers: tous»! Ce duo reprenant le mythique schéma de Don Quichotte et Sancho Panca poursuivent leur job ingrat et atypique… jusqu’à ce que l’amour s’en mêle.

Au détour d’un enterrement, Francesco tombe en effet raide dingue d’une veuve pulpeuse, tendance Jessica Rabbit des tombeaux (le mannequin Anna Falci, qu’on verra ensuite dans les téléfilms de Noël de Lamberto Bava). C’est le début des emmerdes, bien évidemment. Comme pour trancher radicalement avec le cinéma de ses papas (Amato, Fulci, Argento, Lenzi…), Soavi oublie l’imagerie de ses pairs et joue sa propre symphonie déglinguée, qu’il élabore comme un poème bizarre voire comme un conte picaresque où il est impossible de savoir ce qui va surgir à la bobine suivante. Un goût inopiné pour le grotesque et le non-sens qui n’est sans doute pas sans lien avec sa collaboration avec Terry Gilliam, puisque Soavi fut assistant-réalisateur sur le naufrage (mais quel tournage de Crazy Terry ne l’a pas été?) des Aventures du Baron de Munchausen, allant jusqu’à lui repiquer sa Grande Faucheuse ailée. J.M.

N°46 de la collection Make My Day! signée Jean-Baptiste Thoret
Boîtier Digipack + fourreau
Contient:
le Blu-ray du film
le DVD du film
Bonus vidéo:
Préface de Jean-Baptiste Thoret

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