« Happily » de BenDavid Grabinski: comédie-malaise de couple, révélation en VOD

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Vous voulez un conseil d’ami? Découvrez au plus vite Happily de BenDavid Grabinski qui sort le 10 février en VOD. Une comédie-malaise parfaitement chaos, idéale pour la Saint-Valentin.

On vous dira tout de go de ne pas vous fier à l’affiche façon rip-off de la série You, ni à ses allures de comédie macabre dissimulée sous une fine couche de gazon vert. Ni d’imaginer un énième jeu de massacre entre potes, cette petite mode passagère provoquée par le Petits meurtres entre amis de Danny Boyle, qui a favorisé à la fin des années 90 des poussées de Very Bad Things et autre Ultime Souper (tous très bien, là n’est pas la question). Non, finalement, Happily est tout autre chose, et c’est tant mieux.

L’on nous présente Tom et Janet (Joel McHale et Kerry Bishe), un couple modèle dénué de toute aspérité: ils sont beaux, polis, présentables, ont résisté à la tentation de fonder une famille et… ils baisent. Beaucoup. Et même trop au regard de leurs amis, une ribambelle de bourgeois affables ne supportant guère leurs épanchements intempestifs. Dans leur intimité, Tom et Janet contrecarrent tous les pièges de la lassitude, règlent leurs problèmes en un tour de main et disent oui à la vie. Le bonheur des uns fait le malheur des autres; certains allant jusqu’à se persuader que tout n’est que surface chez ces deux Playmobil du sexe. Menacés un jour dans leur propre maison par un étrange personnage (dont on ne révélera pas les intentions…) qui ose remettre en doute leur perfection conjugale, le couple élimine l’inconnu et se retrouve alors avec un cadavre sur les bras. La culpabilité sur le dos et après quelques coups de pelles dans les bois, ils se laissent tenter par un week-end entre amis, où ils ne sont étrangement pas les bienvenus…

De la comédie existentielle, en passant par la murder party (la présence d’une salle d’armes invite ouvertement au dérapage), le thriller high concept ou la fable sf blackmirroresque, Happily semble inviter toutes les possibilités qu’offre son récit… pour les déjouer. Et il le fait sans posture de petit malin et, c’est déjà plus rare, sans prétention, se moquant même ouvertement des bidules grocervo qui fleurissent sur les plates-formes dans l’espoir de draguer une armée de fans de M. Night Shyamalan ou de Richard Kelly. Ses armes? L’humour (c’est drôle, dieu merci), les ruptures de tons (bien agencées), et sa playlist pop infernale, où se côtoient des mammouths tels que Sylvester (Do you wanna funk pour une scène de cunni: simple et efficace), Public Image Limited (le bop planant et inoubliable de Hardware), OMD (Enola Gay, parfait en guise d’euphorie finale) ou Still Believe (mais si, rappelez-vous du connard et de son saxo dans The Lost boys).

On peut hurler à la décoration nostalgique, bien que le film ne joue en rien la carte du revival 80’s, mais les ondes de plaisir qu’ils diffusent contribuent infiniment au capital sympathie galopant du film. À se demander si l’amour existe encore, comme disait Céline, Happily ne sort pas la cuve d’acide, mais pique là où il faut: son regard sur le couple n’exclut ni la tendresse, ni le cynisme, à mille lieues par exemple du pessimisme cringe et étouffant de la série White Lotus (qui pilonnait la même Amérique sans se donner espoir). Ici, on en sort galvanisé. Mais une chose est sûre: si vous avez décidé d’en faire votre session ciné de couple, ça va probablement un peu secouer! J.M.

Le film est disponible en EST & VOD  à partir du 10/02 sur Orange, Canal VOD, iTunes/AppleTV, Google/Youtube, Amazon,Microsoft, Digital Virgo et UniversCiné. Il est également dispo en institutionnel sur Mediathèque numérique et CVS à partir du 10/04. 

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