« Evolution » de Kornél Mundruczó: du grand et beau cinéma chaos

Présenté au Festival de Cannes en 2021, Évolution de Kornél Mundruczó dessine l’histoire d’une famille juive, de l’Holocauste à aujourd’hui, à travers trois sketchs. Avec ses plans-séquences impressionnants, il coche toutes les cases du grand et beau film chaos. 

De la Seconde Guerre Mondiale au Berlin contemporain, le nouveau film du réalisateur de Pieces of a woman (avec Vanessa Kirby et Shia LaBeouf) suit trois générations d’une famille marquée par l’Histoire. La douleur d’Eva, enfant miraculée lors de la Seconde Guerre mondiale, se transmet à sa fille Lena puis à son petit-fils Jonas. Soit trois épisodes pour filmer la vie, les gens, le monde comme un opéra et des mouvements de caméra qui font battre le cœur. Le premier se déroule intégralement dans un souterrain humide, avec des hommes en manteau de cuir frottant le sol et les murs, interrompus dans leur tâche par le cri d’un enfant dans un Auschwitz, libéré par l’Armée rouge. Et le dernier plan de cette première partie dévaste. Le second segment se déroule à Budapest, le bébé est une vieille dame qui ne se souvient plus très bien et qui converse avec sa fille, tout juste divorcée. Dans le troisième, la vieille dame n’est plus et le petit fils, brimé par ses camarades de lycée, s’imagine que la vie est dégueulasse, mais peut-être qu’un truc appelé l’amour est plus fort que toutes les dégueulasseries. Le tout en trois longs plans-séquences virtuoses, emballé, c’est pesé. On a beau ne pas adorer tous les films de cet auteur, celui-ci a quelque chose que les autres n’ont pas. T.A.

18 mai 2022 en salle / 1h 37min / Drame
De Kornél Mundruczó
Par Kornél Mundruczó, Kornél Mundruczó
Avec Lili Monori, Annamária Láng, Goya Rego

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