Clive Barker meets Jacqueline Boyer. Un jeune couple américain spécialisé dans l’urbex (exploration urbaine) décide d’aller explorer une maison réputée hantée qui a été ensevelie sous un lac artificiel. Mais celle-ci semble se refermer sur eux et le couple se retrouve prisonnier de cet endroit chargé des plus sombres histoires…
Le meilleur film du duo. Pas invité aux projections presse mais pas rancunier pour autant (on rappelle notre mail aux attachés de presse: redaction@chaosreign.fr), on attendait avec impatience le retour des deux fifous qui avaient signé avec leur premier long-métrage À L’intérieur, un uppercut chaos au cinéma de genre français. Après le très dispensable Leatherface et leur Kandisha encore inédit, voilà que le duo nous propose The Deep House, que nous avons rattrapé en salles, avec les d’jeunes pendant la fête du cinéma. Et la surprise fut assez bonne.
Basé sur un concept à la fois simple et inédit de maison hantée engloutie au fond d’un lac où sont piégés deux youtubeurs en couple (et cons comme la lune, faut le dire), le résultat, bien que parfois un peu brouillon, rêvet des allures de train-fantôme jouissif, sans prétention et très efficace. Alternant avec aisance les prises de vue traditionnelles et le style found footage, le duo réussit haut la main son cahier des charges, à savoir instiller une tension permanente dans une ambiance claustrophobe où tout devient source d’angoisse. Table et piano lévitant dans l’eau trouble, poupées et marionnettes flippantes, psychopathes zombies et enfants morts, on croirait presque assister à une version aqueuse de Livide, second long métrage d’Alexandre Bustillo et Julien Maury.
Pour ceux qui les suivent depuis le début, il est intéressant de voir comment progressivement, film après film, le duo conserve une imagerie horrifique très européenne (citations en pagaille et assumées à Fulci, Argento…) tout en s’américanisant de plus en plus dans leur narration. Si l’équilibre de À l’intérieur reposait sur la perf de BéaBombe face à la non moins méritante Alysson Paradis, ici les deux protagonistes principaux (Camille Rowe et James Jagger, expressifs comme des harengs) semblent surtout prétextes à l’exploration de la terrifiante bâtisse, véritable personnage à part entière du film. La séquence post-générique suggérant fortement une suite, on ne peut qu’espérer aux réalisateurs le succès qu’avait connu un autre duo de réalisateurs (espagnols, cette fois): Jaume Balaguero et Paco Plaza avec [REC] (2007). G.C.

