« Ames perdues » de Dino Risi, malaise à Venise avec Gassman et Deneuve en Blu-ray

Le thriller à Venise Âmes perdues de Dino Risi, avec Vittorio Gassman et Catherine Deneuve, est disponible chez ESC éditions.

«Ne vivons-nous pas dans une énigme?», demande la femme jouée par Catherine Deneuve à son époux dans le film, Vittorio Gassman au détour d’une réplique. Pas faux, c’est exactement la nature profonde de ce film où tout semble mystérieusement mystérieux, dans la droite lignée de ce qui se passait déjà dans Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg (1973) avec lequel il partage de nombreux points communs: Venise au centre d’un thriller fantastique, atmosphère de chagrin et d’angoisse, personnages louches, révélation monstrueuse d’une vérité… Le jeune et innocent Tino (Danilo Mattei) débarque à Venise – magnifiquement photographiée par le chef-op Tonino Delli Colli, comme une cité mortifère, tel un paradis perdu dans un marécage toxique – pour étudier le dessin et la peinture. Sur place, il est logé dans le grand palais décrépi de son oncle (Victorio Gassman) et sa jeune épouse (Catherine Deneuve) qu’il infantilise et qui, l’air terrorisé, semble mourir peu à peu. Telle une fleur qui se fane, une étoile sur le point de disparaître, ce que vous voulez. La demeure regorge de pièces, de passages, de secrets. De là à dire qu’elle ressemble à cette Venise crépusculaire qui, loin des cartes postales, ne rime ici qu’avec décrépitude et putréfaction? Possible. Une ballade avec Gassman dans la cité donne le la: tout à Venise exsude le souvenir, le passé, le fantôme. A ce propos, Tino est fort troublé par ce qui se cache tout en haut d’un escalier peu fiable, menant à cette chambre sous les combles où, apparemment, quelque chose est bel et bien cloîtré, que l’on ne peut espionner qu’à travers un judas. Une chose qui fait du bruit la nuit et qui, parfois même, joue au piano. Bizarre, vous avez dit bizarre? On dit même très bizarre! Lire la critique

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