Dans Paradis : Espoir, troisième volet de la trilogie Paradis, on suit Mélanie, une fille obèse – celle de la sugar-mama paumée au Kenya dans le premier volet de « Paradis » – qui passe ses vacances d’été dans un centre d’amaigrissement très strict. Et, surprise, le réalisateur Autrichien laisse la provocation au vestiaire. Avec un élan humaniste et compassionnel, il traque la mélancolie et l’indécision chez une vierge au corps-boulet, secrètement angoissée par la mécanique du désir et le sexe des hommes.
Ulrich Seidl réussit à rendre passionnantes et universelles des questions adolescentes sur les apparences, la communication, l’atavisme familial et le sexe: est-il encore possible de faire quelque chose de sa vie et de son corps, même lorsque tout semble foutu d’avance? Comment faire pour ne pas ressembler à sa mère et ne pas finir noyée dans un océan de solitude? Peut-on vivre indépendamment d’un groupe? Et comment dire à une personne inaccessible qu’on a atrocement envie de faire l’amour avec elle? Belle, drôle et triste façon de clore de cette trilogie.

