La double vie de Veronique (Krzysztof Kieslowski, 1991)

Il y a 20 ans dans deux villes différentes (en France et en Pologne) naquirent deux petites filles pareilles. Elles n’ont rien en commun, ni père, ni mère, ni grands parents, et leurs familles ne se sont jamais connues.
Pourtant elles sont identiques : toutes deux gauchères, aiment marcher les pieds nus, et le contact d’un anneau d’or sur leurs paupières. Et surtout, toutes deux ont une voix magnifique, sublime, un sens musical absolu, et la même malformation cardiaque difficilement détectable. L’une profitera des expériences et de la sagesse de l’autre sans le savoir. Comme si chaque fois que la première se blessait avec un objet la seconde évitait le contact de ce même objet.
C’est une histoire d’amour, simple et émouvante. L’histoire d’une vie qui continue, quittant un être pour se perpétuer dans le corps et l’âme d’un autre être.

Grâce au succès critique et public de La Double Vie de Véronique, Kryzsztof Kieslowskijouit d’une grande popularité en France. Né à Varsovie en 1941, diplômé de l’Ecole de cinéma de Lodz, le cinéaste a commencé par réaliser des documentaires. Il s’est lancé dans la fiction au milieu des années 70, abordant dans ses films des thèmes tels que le hasard et la responsabilité. Il accède à une reconnaissance internationale grâce à Tu ne tueras point, présenté à Cannes en 1988. Il s’agit d’un des dix volets du Décalogue, une série de films sortis dans les salles françaises en 1990, soutenus par une presse dithyrambique. Après les dix films du Décalogue, le cinéaste a tourné La Double vie de Véronique entre la Pologne et la France. Très populaire dans l’hexagone, il entame alors une ambitieuse trilogie, « Trois couleurs », produite par Marin Karmitz. Il réalise d’abord à Paris Bleu avec Juliette Binoche. Julie Delpy est l’une des héroïnes de Blanc, tourné, lui, à Varsovie. Jean-Louis Trintignant et Irène Jacob formeront le couple central de Rouge (également tourné en France) – il s’agira du dernier long métrage de Kieslowski, décédé en 1996 à la suite d’une crise cardiaque.

Au départ, le cinéaste avait pensé confier le rôle de Véronique à Andie MacDowell, révélée au grand public quelque temps plus tôt grâce à Sexe, mensonges et vidéo de Steven Soderbergh, Palme d’Or à Cannes en 1989. La comédienne avait donné son accord, mais pour des problèmes de contrat, cette rencontre n’a pu aboutir. Après la défection d’Andie MacDowell, le cinéaste a fait appel à Juliette Binoche. Mais la comédienne, embarquée dans le tournage-fleuve des Amants du Pont-Neuf, n’était alors pas disponible. Trois ans plus tard, elle décrochera le Prix d’interprétation pour Trois couleurs – Bleu.

La double Vie de Véronique révèle une jeune comédienne, Irène Jacob, qui avait jusqu’alors tenu de petits rôles dans de grands films : elle enseigne le piano dans Au revoir les enfants de Louis Malle en 1987 puis apprend le théâtre au cours de Bulle Ogier dans La Bande des quatre de Rivette l’année suivante. Grâce à son double rôle dans le film de Kieslowski, l’actrice, âgée d’à peine 25 ans, décroche le Prix d’interprétation au Festival de Cannes (le jury était alors présidé par Roman Polanski). Le cinéaste polonais l’a de nouveau choisie pour incarner en 1994 l’héroïne de Rouge, troisième volet de sa trilogie « Trois couleurs ». Mais on a également vu depuis la comédienne chez Antonioni (Par-delà les nuages), Nadine Trintignant (Fugueuses) ou encore Serge Le Péron (L’Affaire Marcorelle). Le rôle d’Alexandre devait au départ être tenu par l’acteur-réalisateur italien Nanni Moretti. Mais pour des raisons de santé, celui-ci a finalement dû se désister. Le cinéaste l’a alors remplacé par Philippe Volter, un comédien vu auparavant dans Le Maître de musique de Gérard Corbiau.

On retrouve au générique de La Double vie de Véronique plusieurs fidèles collaborateurs de Kryzsztof Kieslowski, à commencer par le scénariste Kryzsztof Piesiewicz et le compositeur Zbigniew Preisner, qui ont travaillé sur tous ses films à partir de Sans fin en 1985. Citons également le chef-opérateur Slawomir Idziak, à qui doit notamment la photo de Tu ne tueras point et de Trois couleurs – Bleu. Le cinéaste a par ailleurs fait au monteur français Jacques Witta, qu’il retrouvera sur Bleu et Rouge.

 

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15 mai 1991 / 1h 38min / Drame De Krzysztof Kieslowski Avec Irène Jacob, Aleksander Bardini, Halina Gryglaszewska Nationalités Polonais, FrançaisLa double vie de Veronique (Krzysztof Kieslowski, 1991)
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