Gautier donne sa liste des films à voir pendant le 😷

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Parce que le Chaos est avec vous pendant la Coronapocalypse, voici notre sélection de films (pas forcément anxiogènes) à regarder pendant que vous êtes chez vous.

Le chaud lapin (Pascal Thomas, 1974)
Parce que caster Bernard Menez pour jouer un jeune premier est l’une des plus heureuses idées de l’histoire de la comédie à la française, et que la présence de Daniel Ceccaldi rappelle les grandes heures d’un cinéma hexagonal qui arrivait à parler à tous (sauf aux critiques établis, but who cares?). Un film de vacances génialissime dans lequel on a envie d’habiter, n’en déplaise au 0,5/5 que lui attribue le « Programme télé » tout en haut à droite des résultats Google.

Titicut Follies (Frederick Wiseman, 1967)
Parce que si vous étouffez à la maison en ce moment, on vous invite à découvrir le pénitencier psychiatrique de Bridgewater, et à nous en dire des nouvelles. Le premier film absolument sidérant du grand Wiseman, désormais dispo dans une copie superbe, après avoir été longtemps menacé par la censure.

Paradis pour tous (Alain Jessua, 1982)
Parce que toute la filmo de Jessua peut faire figure de viatique, avec un ton étrange se situant quelque part entre le comique et le glauque. On la déconseillera aux claustrophobes hein.

Testsuo (Shinya Tsukamoto, 1989)
Parce que c’est à la fois au-dessus de Videodrome et d’Edward aux mains d’argent, et qu’on espère ne pas vous retrouver dans cet état d’ici 15 jours.

Bricol’ Girls (Alain Chabat, 1999)
Parce que ce sommet des années Canal vaut mieux que n’importe quelle notice Conforma : on y apprend à planter des clous tout en dissertant sur l’Internationale situationniste (on y voit aussi quelques filles en tenues légères, précisons-le). Plus inventif que n’importe quel clip de Benny Benassi, et dispo sur YouTube avec ça:

L’antivirus de Benoit Forgeard (2009)
Parce que le meilleur rempart à la contagion, c’est peut-être la poésie du père Forgeard, dans ce court-métrage dingue qui réussit à être exquis toute en lorgnant vaguement du côté de la sitcom AB Productions.

A peu près tous les épisodes de Blow Up (sur ARTE depuis 2011)
Parce que c’est bien beau les accès gratuits à Canal, OCS et Pornhub, mais il ne faut pas oublier que la plus belle offre de streaming du pays est déjà gratuite, et qu’elle a besoin de vos vues pour perdurer.

Invasion of the Body Snatchers (la version qui vous siéra: 1956, 1978, 1993)
Parce qu’il y a probablement pire encore que la maladie : le fait de penser exactement la même chose que son voisin.

Les chinois à Paris (Jean Yanne, 1974)
Parce que Jean Yanne est l’antidote idéal (et inépuisable) à toute contrariété, et que le titre du film est déjà un programme en soi à l’heure où on vous parle. Et parce qu’il trouve avec cette satire curieusement méconnue un moyen de se moquer à la fois de la consommation, des collabos, du marxisme-léninisme, du racisme anti-chinois, bref : à peu près toute la matière qui lui passe sous la main. Le Monde y voit « un monument de vulgarité » ? Du pain béni pour le Yanne qui détournera malicieusement la mention sur l’affiche où figurera : « Un monument (Le Monde) ».

The Heartbreak Kid (Elaine May, 1972)
Parce que l’humour subtil de la cinéaste (qu’on retrouve par ailleurs au générique de Des amis comme les miens et Tootsie) est parfaitement ce dont vous avez besoin pour cette quinzaine en quarantaine. Vous y verrez qu’une lune de miel sous les cocotiers de Miami Beach, et bah c’est pas forcément mieux qu’un bon confinement des familles.

Fenêtre sur cour (Fenêtre sur cour, 1955)
Parce qu’au rayon des grands films qu’on croit toujours connaitre par coeur, celui-ci apporte des choses neuves à chaque vision, et que le Hitch y récite à peu près toutes ses gammes en moins d’une heure 50. Et que même confiné avec une jambe dans le plâtre, vous réaliserez qu’il y a toujours quelque chose à faire : tout n’est qu’une question de regard.

L’homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957)
Parce que pareil, on oublie parfois pourquoi c’est un chef-d’oeuvre, et parce que vous y trouverez 1001 façons de distraire votre chat.

Tristesse Club (Vincent Mariette, 2014)
Parce que c’est la comédie française que vous avez ratée à sa sortie, un premier long à l’humeur très wesandersonesque : on regrette que film aussi réussi soit aussi vite tombé aux oubliettes. Et on l’imagine très facilement dispo, sur une plateforme légale ou non…

Terrain d’entente (Bobby et Peter Farrelly, 2005)
Parce que c’est tout simplement la meilleure comédie romantique des années 2000, starring Drew Barrymore et Jimmy Fallon, et que ce titre mérite d’être ajouté à la longue liste des coups d’éclats des frangins de Rhode Island. Aucun rapport ici avec un quelconque confinement : on est juste certain que le film pourra vous redonner le moral.

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