[MANDICO IN THE BOX 2]

Après le succès de Mandico in the box, une nouvelle invitation au voyage dans une création foisonnante et fascinante, du fameux Notre Dame des Hormones au clip de Calypso Valois.

«I’m a livin’ in a cardboard box» chantait… Living in the box (ah ben oui, ça se tient). On en connaît un autre qui s’y cache: mais pas de boite en carton non, une boite de chair, confortable et spongieuse, avec un trou assez grand pour y projeter tous nos désirs chaos. Un Mandico qui revient sur nos platines par le biais de Malavida pour un deuxième tour de piste.

On connaît depuis longtemps l’énergie vivace de notre Mandico, qui n’a pas attendu Les garçons sauvages pour tourner jusqu’à plus soif: en 2016, Malavida éditait en dvd Mandico in the Box, qui réunissait de nombreux courts-métrages du bonhomme, tous réalisés entre 1998 et 2012, dont les très impressionnants Living Still Life (qui avait fait sensation au festival de Venise) et Boro in the Box (hommage tordu et inspiré au maître Borowczyk). Comme il n’est jamais trop tard pour rattraper l’actualité éreintante du bonhomme (deux clips, un nouveau long en tournage, et des mignardises encore inachevées, rappelons-le), Malavida continue sur leur lancée: Mandico in the Box 2 s’étale à son tour dans une édition limitée avec dvd et blu-ray (un apport constituant une nouveauté par rapport au premier volume) dans le même fourreau. En guise de guide désinvolte, un livret réunissant quelques déclarations d’amour signées Pacôme Thiellement et Blutch, ainsi qu’un joli exercice dadaïste (ou Mandicoïste?) où Mandy K.O rassemble 126 recommandations pour être un cinéaste incohérent (mais sincère) avec captures chaos à l’appui.

Pour ce second volume, deux branches velues d’un même arbre: l’anthologie Hormona, distribuée en salles en 2015, et une poignée de Vanités. Parmi elles, quelques courts (fort courts) tels que Depressive Cop, Souvenir d’un montreur de seins et Féminisme rafale et politique, constituant autant de récréations libres autour du visage et de corps d’Elina Löwensohn. Mais aussi une coquetterie signée pour le Festival de Fesses, une pastille du nom de L’île aux robes annonçant l’esthétique des Garçons Sauvages et le délicieux clip Apprivoisé signé pour Calypso Valois, vainqueur de l’Instant Chaos 2018.

La grosse part de gâteau, tendance rainbow cake interdit, revient évidemment au triplet Hormona: Y’a t-il une vierge encore vivante revisite avec des couleurs insensées le mythe de Jeanne d’Arc dans une nature libidineuse, alors que Prehistoric Cabaret, plus abstrait et Fassbinderien, offre un show rectal qui marie le glamour et le non-glamour. Par dessus tout, on aime évidemment Notre dame des hormones, merveille camp où un couple de comédiennes exilées tombent sous le charme d’une excroissance aphrodisiaque. Un Grey Gardens baroque contaminé par du Cronenberg parfumé de Harry Kümel, constellés d’images brillantes et suintantes, où le beau ne peut se défaire du dégueulasse. Bref ça croustille, et comme dirait Thérèse «y’a une deuxième couche à l’intérieur». Rendez-vous au volume 3 alors!

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