[CRITIQUE] INHERENT VICE de Paul Thomas Anderson

Inherent vice met en scène Doc Sportello, détective privé fumeur de joints patenté qui vit dans un bungalow de bord de plage. Bonne âme, il accepte pour les beaux yeux de son ex-petite amie Shasta de partir à la recherche de l’amant de celle-ci, qui a disparu.

Au gré de ses pérégrinations, il croise une galerie de personnages plus délirants les uns que les autres: policiers autoritaires et amateurs de cuisine japonaise (Josh Brolin), musicien évaporé (Owen Wilson), avocat relax mais efficace (Benicio del Toro), riche adolescente fugueuse, mafieux chinois qui blanchissent de l’argent dans un cabinet de dentiste, tenancière zélée de maison close…

Inherent Vice, adapté d’une nouvelle éponyme de Thomas Pynchon, enchaîne une collection de scène loufoques et de numéros d’acteurs, où l’intrigue et le fil se perdent un peu au cours des 2H28 de film. Ne pas s’en offusquer, c’est fait exprès.

Paul Thomas Anderson est gourmand (pléthore de personnages secondaires, beaucoup de circonvolutions). Mais son film noir, drôle et Kafkaïen, tout en hallucinations et en digressions, rend hommage au Nouvel Hollywood, citant Robert Altman et Arthur Penn, privilégiant l’errance des personnages aux rebondissements de l’intrigue pour que le spectateur partage leur mélancolie existentielle.

Le septième film de Paul Thomas Anderson, après notamment The Master (2012), There will be blood (2007), Magnolia (1999) et Boogie Nights (1997), emmène le spectateur à travers diverses strates de la Cité des anges, des bas-fonds à son centre administratif moderniste en passant par ses plages paisibles et ses somptueuses villas.

Los Angeles d’une époque révolue, comme celui de Boogie Nights, même si le réalisateur de 44 ans, auteur du scénario et lui-même originaire de la ville, se défend de toute nostalgie. Comme The Master, ses recettes aux Etats-Unis sont pour l’instant décevantes: 8,1 millions de dollars aux Etats-Unis pour un budget estimé à au moins deux fois plus.

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