On a vu « The Fall » de Jonathan Glazer

Le réalisateur Jonathan Glazer vient de mettre un terme à son long silence après l’immense Under the Skin en 2014. En plus de nous annoncer officiellement son prochain long (adaptation de La Zone d’intérêt, une histoire d’amour se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale), il a dévoilé un court The Fall, qui raconte en cinq minutes les dérives totalitaires de notre époque.

C’est un tremblement de chaos silencieux et glaçant que vient nous proposer The Fall, le nouvel objet fou de notre cher Jonathan Glazer. Si son retour n’est seulement l’œuvre de quelques minutes (cinq minutes trente pour être précis), elles ne sont pas moins grandes et précieuses. Et c’est peut-être même là sa véritable force: nous plonger au cœur d’une forêt où tout s’enchaine vite. Conséquence, le choc est fort, brutal et rapide. Un groupe d’hommes masqué viennent attraper un individu qui s’était agrippé en haut d’un arbre tel un chat apeuré. Sans trop en dévoiler davantage, nous pouvons tout de même vous rassurer: nous sommes bien en terre Glazer, dans un univers constellé de visions sinistres et inquiétantes, où le doux mystère plane comme une ombre. Baignée dans une lumière contrastée, venant rappeler ces rayons de soleil qui surgissent au milieu d’un temps orageux, l’imagerie magnifique éblouit. Citant ostensiblement La vocation de Saint Mathieu de Caravage, Le Grand bouc de Goya et les photographies de Bill Henson, Glazer nous confirme son grand sens de l’image. Accompagnée par l’étrangeté musical de Mica Levi, cette apocalypse imminente est présentée comme un spectacle de lynchage d’une noirceur sans fond. On peut sûrement voir le film comme un grand cri silencieux, une vision d’un monde actuel sombre et violente. Dans un écrin final, il s’agit de se relever face à la violence du monde, façonné par ce qui le hante et le dépasse, ce qui relève de la condition humaine, de la fragilité qui lui est inhérente. Un objet décrivant, selon son auteur, l’atmosphère délétère de notre époque et la mentalité du lynchage. Vous l’aurez compris, c’est terriblement troublant…

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