Scandale à Deauville : « Francine », sifflé par le public

« Francine », présenté ce matin en compétition au Festival du cinéma américain de Deauville, a subi les sifflets de spectateurs mécontents. Mais pourquoi tant de haine ?

Le regard triste et le corps éprouvé, Francine (Melissa Leo, révélée dans « Frozen River » et Oscarisée pour son rôle de mère tonitruante dans « Fighter ») a arrêté de croire aux contes de fées depuis longtemps. Elle sort de taule, s’installe dans une petite ville du nord des Etats-Unis, tente de se réinsérer dans une société excluant les précaires. Au gré de ses pérégrinations, elle croise des metalleux qui secouent la tête pour affirmer leur dégoût de l’existence, tente de trouver de la spiritualité dans un monde qui en semble dépourvu. Ne parvenant pas à entretenir des relations humaines durables, elle cherche alors du réconfort auprès des animaux. C’est le début de la fin.

Cette chronique de l’Amérique white trash entre désespérance et misère sociale qui témoigne d’un monde en souffrance, accompagne son personnage ostracisé jusqu’au bout. « Francine » provoque à force d’insistance un dégoût et une tristesse bien plus efficaces que l’émotion superficielle que les deux cinéastes Brian M. Cassidy & Melanie Shatzky auraient atteinte en jouant la carte plus convenue et plus confortable de la pudeur hypocrite et compatissante. Ce film, offensif et dérangeant – une scène d’euthanasie ayant provoqué la gêne du public – repousse la limite de nos émotions dans leurs zones les plus troubles. Pour l’instant, « Francine » ressemble au vilain petit canard de la compétition officielle au Festival du cinéma Américain de Deauville, copieusement sifflé par les festivaliers à la fin de la projection. Il mérite mieux.

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