Carré Blanc : Interview Sami Bouajila

L’acteur Sami Bouajila répond à nos questions sur la société angoissante de Carré Blanc, mercredi prochain dans les salles.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans Carré Blanc ?
L’univers. Le moyen métrage de Jean Baptiste Leonetti, Le pays des ours, que j’ai vu plus tard, m’a plu mais il y a, je pense, une plus grande maîtrise encore dans Carré Blanc. Vous savez, je n’ai pas toujours l’occasion de recevoir des propositions de films qui sortent de l’ordinaire. Et l’idée d’être dans un film d’anticipation et de science-fiction me séduisaient. J’ai eu affaire à un vrai cinéaste qui maitrise la narration, la lumière, l’image, les cadres, et qui adore les acteurs. Que demander de plus ?

Vous aimez le cinéma de genre ?
J’adore. C’est rare en France, comme plein d’autres choses. Avec le réalisateur Jean-Baptiste Leonetti, on n’a pas fonctionné sur des références. On a échangé des films lui et moi car nous sommes cinéphiles mais après coup… Ça n’avait pas forcément des liens directs avec Carré Blanc. J’aime bien quand on se nourrit les uns les autres, pas de manière didactique. C’est très courageux de faire un film comme celui-ci aujourd’hui. Tout le monde n’est pas réceptif à cet univers là. Certaines personnes peuvent l’interpréter comme une agression. Moi aussi j’étais dérangé en voyant le résultat mais bon, je connaissais le scénario. Je savais à peu près à quoi m’attendre.

Comment avez-vous saisi votre personnage déshumanisé ?
Ce n’est pas parce que l’univers est déshumanisé que c’est du non-jeu, attention ! Ce n’est pas plus facile que d’être volubile. Ce qui me plait, c’est de rencontrer des cinéastes avec un univers fort, aux caractères trempés. J’ai eu la chance de fréquenter différents réalisateurs et ils ont toujours des caractères forts comme Pierre Salvadori, Roschdy Zem ou Jean-baptiste. C’est du grand écart, j’aime ça.

Vous partagez la vision pessimiste du film ?
C’est une chose de la comprendre, ensuite de la partager. On ne peut pas juger ça, c’est le regard du metteur en scène. Bien évidemment, je n’aspire qu’à la paix, à l’amour etc. Je suis contre la violence. N’est-ce pas la fonction de l’art que de dépeindre la société à travers le prisme d’un auteur ? Voir comment lui perçoit les choses ? Ce qui est décrit dans Carré Blanc, ce sont beaucoup de réminiscences d’événements que l’on connaît. On ne peut pas nier que cette société individualiste poussée à son extrême dans Carré Blanc s’inspire aussi de notre quotidien. Vous allez me faire croire que l’on n’appartient pas à une société qui tend vers l’individualisme ? Certains ne le partagent pas. Aujourd’hui, la violence de ce monde prédomine, et la politique ne joue plus un jeu. C’est l’économie qui prime et impose ses lois. L’économie est raide comme la justice et d’une cruauté incroyable.

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