[Critique] Halloween 2 de Rob Zombie

Depuis The House of 1000 Corpses (2003), Rob Zombie a manifestement envie de réaliser des films qui se suivent sans se ressembler. C’était déjà manifeste dans The Devil’s Rejects, qui était présenté comme la fausse suite de The House of 1000 Corpses. Produit par Dimension Film (les frères Weinstein et Malek Akkad), trop heureux de reprendre le flambeau, Halloween 2 emprunte le même procédé en étant supérieur au premier volet. Cela étant dit, le défi n’était pas si compliqué : si Halloween : la nuit des masques (John Carpenter, 1978) demeure un classique inusable, le second volet de Rick Rosenthal (1981) passe en revanche pour une plaisanterie de mauvais goût. Au début, Rob Zombie reste très fidèle à cette version. L’intrigue reprend directement à la fin du premier en plaçant Laurie Strode (Scout Taylor-Comption, autrefois Jamie Lee Curtis) dans un hôpital. Au bout de vingt minutes, une astuce scénaristique bouleverse la structure du slasher pour propulser le récit ailleurs. La suite échappe au jeu des comparaisons en retrouvant le ton personnel de l’artiste, un peu perdu depuis The Devil’s Rejects.

Zombie s’empare de la mythologie de Carpenter en usant du symbolisme et du mysticisme. Certains effets pourraient paraître déplacés mais ils prennent une dimension tragique grâce au twist final, déjà dans Halloween 4 : le retour de Michael Myers (Dwight H. Little, 1988). Malcolm McDowell évoque Anthony Hopkins dans Hannibal pour le sur-jeu et l’auto-parodie. Sheri Moon Zombie incarne un ange exterminateur issu de visions surréalistes. Brad Dourif, dans la peau d’un shérif, bénéficie du rôle le plus substantiel. Des cameos (Margot Kidder, Caroline Williams, Weird Al Yankovic) trahissent son envie de faire plaisir. Sa démarche risque d’être contestée par les puristes qui n’aiment pas les rebelles et risquent de n’y voir qu’une vulgarisation mercantile. Pourtant, cet affront réjouissant n’en recèle pas moins une beauté macabre, mélancolique et désabusée. Bien que les meurtres soient filmés brutalement avec un sens de la trivialité et de l’effroi physique, Rob Zombie semble plus intéressé par l’atmosphère que l’action en s’appuyant sur une thèse déterministe. Si l’homme est le produit de son environnement, alors Michael Myers est le produit de l’Amérique White Trash.

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