[CRITIQUE] GO GO TALES de Abel Ferrara

C’est la cata. Non seulement son frère Johnny (Matthew Modine), un financier aux dents longues, menace Ray Rubby (Willem Dafoe), le proprio du Paradise, un club de striptease très sympa, de lui couper les vivres mais en plus ses danseuses font grève. Même les tripots ont été gagnés par les droits sociaux : dans quel monde vit-on ?

Voici donc le nouveau conte de monsieur Abel Ferrara dont on n’avait plus de nouvelles depuis le drame sous acide Mary où le réalisateur réglait ses comptes avec sa spiritualité. Tordant cordialement le cou à l’esprit de sérieux de son précédent opus (considéré par beaucoup à tort comme prétentieux), Go go tales se présente comme une comédie coquine où les règles usuelles cinématographiques sont
généreusement bafouées et dans laquelle pléthore de demoiselles topless et nues bougent dans des poses lascives et excitantes. Dans ce film, joyeusement bordélique et foutraque, Bob Hoskins, Willem Dafoe et Mathiew Modine se livrent à des prestations truculentes et décalées. La plus belle démonstration de désinvolture demeure cette incapacité à créer un suspense, voire un enjeu dramatique (est-ce que le boss a bel et bien perdu son ticket de loto ? Est-ce que la boîte de lapdance va fermer ses portes ?). Pour les plus cartésiens, rassurez-vous, vous aurez les réponses aux questions.

Un conseil lors du visionnage : prendre tout à la légère jusque dans la maladresse des mouvements de caméra et l’inélégance du montage. Les acteurs, tous déchaînés, semblent s’être mis au diapason de l’esprit fertile et créateur du cinéaste. Asia Argento, qui avait déjà bossé avec lui sur New Rose Hotel, confirme une prédilection pour les caractères trash. Ses apparitions sont rares mais marquantes. Ailleurs, les personnages secondaires errent comme des âmes en peine, les acteurs en font des tonnes ou se noient dans le beau groupe d’un film dont la réussite ne pouvait être que collective. Se vautrant avec joie dans le kitsch et la gaudriole, Abel Ferrara laisse ses comédiens en roue libre pour incarner des individus hystériques et intéressés. Pour le plus grand bonheur de ceux qui adhèrent à sa folie. Les autres regarderont l’objet avec une mine circonspecte.

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