5 films chaos vus en 2021: le top de Stéphanie Belpêche

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Pour le bilan de fin d’année, nous avons demandé à celles et ceux ayant participé au tableau des étoiles Cannois de donner leurs 5 films chaos de 2021. La réponse de Stéphanie Belpêche, reporter pour le JDD et co-auteure de Le loup et le lion avec Gilles de Maistre aux éditions Cherche Midi.


Titane de Julia Ducournau
Après Grave (2016), Julia Ducournau signe un deuxième long métrage inclassable qui poursuit sa réflexion sur la famille (celle qu’on se choisit), l’altérité et l’émancipation. La réalisatrice française s’inscrit comme la digne héritière de David Cronenberg en procédant à la fusion de l’organique et du mécanique, tout en se livrant à une débauche de violence cathartique agrémentée d’humour. Un ovni expérimental, radical et saisissant, qui entretient le trouble jusqu’au vertige.


Saint Maud de Rose Glass
Cette «histoire d’amour entre une jeune femme solitaire et la petite voix qui lui parle dans sa tête» dixit Ross Glass adopte le point de vue passionnant de son héroïne tourmentée, donnant une dimension hallucinante à sa trajectoire hors du commun et dénonçant aussi l’endoctrinement religieux. Saint Maud se démarque par sa maîtrise formelle et son scénario audacieux.


Benedetta de Paul Verhoeven
Paul Verhoeven revient avec un nouveau film qui réunit ses trois ingrédients fétiches au cinéma: le sexe, la violence et la religion. A 82 ans, le cinéaste hollandais n’a pas perdu la main avec ce récit où s’épanouit son esprit iconoclaste pour dénoncer avec virulence l’hypocrisie et la corruption au sein de l’Eglise. Eminemment politique, audacieux et décalé, qui assume son jusqu’au-boutisme et ses excès, dans la lignée des Diables (1971), de Ken Russell.


Possessor de Brandon Cronenberg
A 41 ans, Brandon Cronenberg s’impose comme le digne fils de son père David, héritant des mêmes névroses dont il poursuit l’exploration dans ce thriller d’anticipation sur l’identité très dérangeant. Sa mise en scène clinique est sublimée par le chef opérateur Karim Hussain qui donne libre cours à ses audaces. Le récit, captivant, ambigu et cruel, installe un malaise insidieux, ponctué d’incroyables parenthèses cauchemardesques.


La Nuée de Just Philippot
Avec ce premier long métrage, Just Philippot signe un classique instantané, qui réussit le mariage entre le drame paysan avec une femme qui se saigne littéralement pour tenter de sauver son exploitation et le récit d’invasion animale à la dimension biblique. La mise en scène, qui brille par son extrême précision, orchestre une montée en puissance vers l’horreur progressive, soutenue par une interprétation subtile. S.B.

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