[CRITIQUE] THE LAST HILLBILLY de Thomas Jenkoe & Diane-Sara Bouzgarrou

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No man’s land. Dans les monts des Appalaches, Kentucky de l’Est, les gens se sentent moins Américains qu’Appalachiens. Ces habitants de l’Amérique blanche rurale ont vécu le déclin économique de leur région. Aux États-Unis, on les appelle les “hillbillies”: bouseux, péquenauds des collines. Soit le portrait d’une famille à travers les mots de l’un d’entre eux, témoin surprenant d’un monde en train de disparaître et dont il se fait le poète. Qui a dit que documentaire ne pouvait pas rimer avec choc esthétique? Plongée fiévreuse au sein d’une famille des Appalaches (cette Amérique des collines présentée par le protagoniste principal comme “violente”, “consanguine” et “locomotive du vote Trump”), The Last Hillbilly est une embardée sur les terres de Faulkner et de James Agee, cette Amérique profonde évidemment bien plus loin de nous que New York ou LA, passée à côté de la silicon-valleyisation du monde. Mais c’est aussi un film sur le désarroi générationnel: “téléphones, tablettes, YouTube: tout ce que vous aimez est nouveau” assène le père de famille aux marmots, irréductible Mohican qui comprend bien que le monde qu’il a connu est en train de vivre ses derniers feux. Le film balance entre élucubrations dark et incartades lumineuses, portées par les distractions des enfants by the river et leurs extravagantes saillies: voilà un film indispensable qui aura besoin de vous en salles! G.R.

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