Yann Gonzalez donne ses soundtracks préférés

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Écoutons un peu de musique avec le réalisateur YANN GONZALEZ, cinéphile-mélomane qui a donné au CHAOS ses B.O.F. préférées. Montez le son!

Black Devil Doll From Hell de Chester Novell Turner (1984)
«Un authentique chef-d’œuvre d’artisan fou et subversif dans lequel la bande-son bricolée sur un Casio (et composée par le réal’) contribue à la puissance de l’expérience, entre langueur du récit et sidération formelle en VHS. On rappelle que le film suit une trentenaire bigote qui, après s’être fait violer par une poupée vaudou rasta, finit par en tomber raide dingue (ce qui nous vaut une scène poignante où l’héroïne en mal d’amour passe l’aspirateur en pleurant alors que résonnent les accords d’une improbable ballade soul chantée par Novell Turner himself).»

Le berceau de cristal de Philippe Garrel (1976)
«Nico et Garrel planent à l’héro pendant 1H30, ça pourrait être sinistre mais, grâce aux nappes synthétiques de Manuel Göttsching et Lutz Ulbrich (Ash Ra Tempel), leurs visages de junkies blafards finissent par ressembler à ceux de demi-dieux.»

Schizophrenia de Gerard Kargl (1983)
«B.O. martiale et dingo de Klaus Schulze qui, à l’instar de Kargl, semble être entré dans la tête du serial-killer le plus flippant de toute l’histoire du cinéma.»

Aux frontières de l’aube de Kathryn Bigelow (1987)
«Miracle de l’électro allemande #3 avec cette bande-son de Tangerine Dream, peut-être pas leur meilleure, mais celle qui m’émeut le plus. Adolescent, je rêvais d’être mordu dans le cou par Adrian Pasdar ou Jenny Wright et de partir sur les routes avec leur bande de vampires cowboys. Mais ils ne se sont jamais pointés à Antibes.»

Les amis de Gérard Blain (1971)
«Quoi de plus chaos qu’une sublime ritournelle enfantine de François de Roubaix pour célébrer les amours pédérastiques du chef-d’œuvre de Gérard Blain?»

Nowhere de Gregg Araki (1997)
«Araki est encore aujourd’hui le maître incontesté de la séduction pop/shoegaze au cinéma, et cette B.O. où l’on retrouve pêle-mêle Elastica, Lush et Suede, culmine lors de l’intro du film où James Duval s’astique sous la douche sur fond de Slowdive (l’hypnotique Avalyn II). Quand j’avais 20 ans, c’est dans ce film que je voulais vivre.»

Music of the spheres de Jordan Belson (1977-2002)
«Je n’en ai vu qu’un extrait, mais ce court réunit deux génies trop méconnus: le magicien cosmique Belson à l’image et le prince grec de la New Age Iasos à la musique. Forcément trippant.»

La longue nuit de l’exorcisme de Lucio Fulci (1972)
«Pour le massacre de la «sorcière» Florinda Bolkan, son supplice et ses chairs lacérées sur la bouleversante chanson d’Ornella Vanoni, Quei giorni insieme a te (composée par Riz Ortolani). Gore sentimental.»

Body Double de Brian DePalma (1984)
«Un classique, mais le strip de Deborah Shelton sur la musique suave de Pino Donaggio reste un sommet d’érotisme pour l’hétéro qui sommeille en moi.»

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