Shadowz, plateforme de streaming française dédiée aux films d’épouvantes et au cinéma de genre, proposera de découvrir une merveille méconnue fin février: What keeps you alive (2018) de Colin Minihan.

Pour leur premier anniversaire de mariage, Jackie (Hannah Emily Anderson) emmène Jules (Brittany Allen) dans le coin reculé où son père et elle allaient chasser, quand elle était petite. Personne à la ronde, à part la luxueuse demeure de son amie d’enfance de l’autre côté du lac. Toutes les conditions sont réunies pour un week-end idyllique en amoureuses. Pour une plongée dans l’horreur, aussi.

Avouons qu’on ne misait pas grand-chose sur Colin Minihan, réalisateur indé comme tant d’autres, amateur de petits films concept et de série b croquignolesques plus (le found footage Grave Encounters) ou moins (Extraterrestrial et Bloody Sand, avec sa poursuite à deux à l’heure entre un zomblard et une jeune femme paumée dans le désert) remarquées. Force est de constater que son dernier rejeton What keeps you alive atteste d’une montée de sève inattendue.

De l’extérieur, rien de neuf: deux femmes, une cabane et une forêt. On se doute bien que les choses vont mal tourner et qu’un élément extérieur n’est pas là pour leur faire du bien. À la différence qu’il s’agit d’un couple de femmes fêtant leur relation, un détail peu anodin dans une industrie, même loin d’être loin des majors, toujours très frileuse quand à la représentation lgbt. Mais rien chez Minihan ne reflète un regard militant: c’est posé là, et c’est très bien ainsi. Bref, le couple roucoule au fin fond des bois et puis soudain… Soudain, eh bien, on ne dira rien.

Car tout What we Keeps you Alive tient sur l’atroce surprise qu’il provoque en cours de bobine, redirigeant très brutalement son récit vers un survival qui triture le coeur et les tripes, loin de l’esthétique de clou rouillé qui a grignoté les années 2000. Est ce que Minihan réinvente le genre? Probablement pas (quoique…). Mais la majesté, la cruauté et la solidité dont fait preuve ce petit film semblent définitivement «WANTED» aussi bien sur nos télés que dans les salles obscures. Heureusement, le salut vient de la plateforme Shadowz, qui a l’extraordinaire idée de le rendre enfin visible en France. Quatre ans plus tard certes, mais mieux vaut Béla Tarr que jamais… J.M.

Disponible le 26 février sur Shadowz

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