Célébration du monstre en latex dans toute sa splendeur, feel good/gore movie par excellence et échantillon croustillant d’une génération de séries B nourries au pop-corn bien gras, Waxwork se fait une place en HD. Et on dit oui.

Fils de Douglas Hickox, réalisateur british auquel on devait les grinçants Théâtre de Sang et Entertaining Mr Sloane, Anthony Hickock a su tirer de son côté toute la générosité de la série B d’horreur 80’s jusqu’à l’aube des années 90, réhabilitant la figure du loup-garou (Full Eclipse), du vampire (Sundown), sauvant des franchises timides (Warlock 2: Armageddon) ou en enterrant d’autres (l’embarrassant Hellraiser 3: Hell on earth). Avec Waxwork, il signait un billet d’entrée mastoc, et par là même son meilleur film. Quand on pense à l’horreur eighties, sans prétention, légère, grand-guignolesque, très bande-dessinée, on pense à ce film qui rejoint la lignée des monster-mash taillés pour les soirs d’Halloween. Surtout, il rehausse surtout à merveille le thème un peu usité du musée du cire, troquant le traditionnel trophée de chasse façon Grévin en délire multi-dimensionnel où chaque statue de la galerie, plus flippante que n’importe quelle réplique de Line Renaud, renferme une réalité parallèle.

Les dix premières minutes, brillantes, ont le temps de filmer un meurtre sauvage sur du jazz endiablé et d’introduire une tripotée de personnages loufoques, des fils de riches à l’arrogance à peine dissimulée en passant par une bourgeoise décérébrée ou un prof nazi: ça ne se prend pas au sérieux et ça marche, le It’s my party de Lesley Gore concluant le film confirmant la démarche. Constellé de têtes bien connues de la pop culture (Zach « Gremlins» Galligan, Patrick MacNee, John Rhys Davies, Dana «Twin Peaks» Ashbrook, David Warner) et raide dingue des jolis yeux de Deborah Foreman et de Michelle Johnson, Waxwork est d’une générosité digne d’une descente au DoMac à minuit tapante, réjouissant dans ses plus grands moments (le passage ultra-gore chez Dracula) comme dans ses défauts les plus évidents (le Marquis de Sade a l’air de sortir d’un épisode de Angélique marquise des anges, et c’est quand même mieux d’en rigoler). La maigreur du budget ne semble jamais freiner Hickox, qui se contente allégrement de son concept foufou, tout en glissant quelques surprises bienvenues telle cette vierge effarouchée se découvrant des pulsions masochistes inattendues en plein climax!

Alors que la HD avait déjà fait son entrée par la grande porte, Waxwork est tout d’abord sorti chez Metropolitan en 2013 mais uniquement en dvd. L’absence de vf (assez fun d’ailleurs) et de bonus sentait clairement l’édition de fond de tiroir. Décidé à reprendre quelques titres de la collection Vestron, hélas condamnée à la fatale Zone A, notre bon Chat qui fume y repêche le très beau master HD américain, permettant au passage de retrouver la fameuse version française boudée par le précédent dvd. Alors que les nuits bleues so 80’s sont sublimées, l’abondance de détails n’épargne pas toujours le film, en particulier concernant des figures de cire finalement pas si immobiles que ça! Seul bonus repris pour l’occasion: une featurette d’époque d’une vingtaine de minutes, permettant tout de même de voir le travail du maquilleur Bob Keen. Contrairement à l’édition outre-atlantique, pas de double-programme avec le second volet réalisé deux ans plus tard: des problèmes de droits certes, mais au vu de la qualité très relative de cette séquelle, anéanties par ses propres excès à l’inverse du premier opus, on s’en offusquera pas trop.

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