Nous sommes en janvier 2021 et nous n’avons toujours aucune nouvelle de Richard Kelly, porté disparu dans le paysage du jeune cinéma indépendant américain. Celui dont on attend le retour depuis une éternité (reviendra-t-il un jour?) avait bien commencé sa carrière en construisant des films comme des complots paranoïaques. S’il fallait le voir à répétition pour tout comprendre, Donnie Darko, son premier long-métrage, révélait des combinaisons hallucinantes. Southland Tales et The Box (dans une moindre mesure), ses films suivants, épousaient la même démarche. La preuve en images.

Avant Donnie Darko, Richard Kelly n’était qu’un jeune diplômé en production cinéma de l’University of Southern California (USC), auteur de deux courts-métrages, The Goodbye place récompensé au Virginia Film Festival et Visceral matter, qui préfiguraient sa prédilection pour les atmosphères étranges. A 26 ans, il a réalisé ce premier long-métrage exceptionnel qui a connu un succès tardif – plus affirmé en DVD que dans les salles. Autre particularité, il est sorti aux États-Unis juste après les attentats du 11 Septembre: « Le film a été perçu différemment après le 11 septembre, d’une façon plus profane. Mais je crois que c’est le cas de tout film qui traite d’émotions profondes, de religion, de destin ou de fatalité

Donnie Darko est né de cette idée d’un réacteur qui tombe de nulle part. De là, le conte sur le passage à l’âge adulte. En surface, le résultat évoque un mélange de la noirceur d’Alan Ball et de la séduction plastique de David Lynch. Mais ce ne sont que les apparences. Cette histoire de super-héros qui s’ignore (Jake Gyllenhaal, alors inconnu), persuadé que la fin du monde a lieu dans vingt-huit jours, devient une plongée dans le quotidien de personnages qui tentent de véhiculer une image rassurante alors qu’en réalité, ce sont des monstres. Le plus bel exemple, c’est le prédicateur Jim Cunningham (incarné par feu Patrick Swayze) qui donne l’image d’un moralisateur exemplaire alors qu’il possède dans sa cave des vidéos à caractère pédophile: «Patrick était une icône des années 80. Quand on lui a proposé le rôle (celui d’un prédicateur bidon), il n’a pas hésité une seconde à casser son image. Ça en dit long sur son sens de l’humour et sa volonté de prendre des risques

Ce qui est impressionnant dans Donnie Darko, outre la capacité de Kelly à maîtriser la densité du script, c’est la maturité du propos : « J’ai écrit le script de Donnie Darko avant d’avoir vu Magnolia, mais je ne peux pas nier l’influence majeure qu’il a exercée sur moi. À mon avis, c’est un des films les plus importants des années 90. La dextérité avec laquelle Paul Thomas Anderson raconte une histoire aussi épique avec des moments aussi intimes est monumentale.» Il y a aussi un mal-être, une ambiance morose, déprimante, parcourue par la bande-son magique de Michael Andrews. Il y a aussi une dimension fantastique discrète qui lorgne vers la science-fiction, qui triture les codes des paradoxes spatio-temporels (le réacteur d’avion dans lequel sont la mère et la fille qui se retrouve, vingt-huit jours plus tôt, dans la chambre du héros). Très proche de Ghost World, de Terry Zwigoff (le vieil homme énigmatique assis sur un banc attendant un bus qui ne vient pas ressemble au personnage de «Grand-mère-la-mort»), Donnie Darko est un film faussement doux et léger sur le sacrifice d’un adolescent trop intelligent qui n’arrive pas à trouver sa voie dans une société rongée par l’uniformité. L’action se déroule à la fin des années 80 et à l’époque, Richard Kelly n’était qu’un Donnie Darko: les étudiants portaient les mêmes uniformes, les lapins géants venaient hanter les nuits, les enfants créaient des groupes de danse, les ados se déguisaient pendant les fêtes d’Halloween, les vieilles femmes attendaient du courrier dans leurs boîtes aux lettres vides, les prédicateurs tentaient d’inculquer des valeurs patraques, les Duran Duran et autres Tears for Fears cartonnaient au hit-parade, les cinémas proposaient en double-programme La dernière tentation du Christ et Evil Dead, et le spleen des doux rêveurs désabusés, ceux qui avaient peur de mourir le lendemain, se propageait comme un incendie.

SOMETHING WICKED THIS WAY COMES
Cette scène où Donnie Darko explose de rire est une référence à An occurrence at owl creek bridge, un épisode de La Quatrième Dimension basé sur la nouvelle de Ambrose Bierce où un homme sur le point de se suicider imagine la vie qu’il aurait s’il survivait. Il y a exactement le même élément dramatique dans La vie est belle, de Frank Capra et dans La rivière du Hibou, de Robert Enrico. Contrairement aux apparences, Herk Harvey, le réalisateur de Carnival of Souls, film culte ayant inspiré M. Night Shyamalan pour le coup de théâtre du Sixième Sens, n’avait pas lu la nouvelle de Bierce pendant l’écriture et le tournage au début des années 60. En revanche, elle a inspiré le scénariste Bruce Joel Rubin pour L’échelle de Jacob, qui est également l’une des références de Richard Kelly pour Donnie Darko. D’ailleurs, ce dernier voulait initialement confier le rôle du père de Donnie à Tim Robbins. De la même façon, le choix de Jake Gyllenhaal pour le rôle principal s’est imposé sur le tard. Vince Vaughn, Mark Wahlberg et Jason Schwartzman (déjà dans Rushmore, de Wes Anderson, autre influence de Kelly) ont passé les auditions, mais ils étaient trop âgés pour incarner un post-adolescent mélancolique. De la même façon, Kelly ne voulait pas de Maggie Gyllenhaal pour jouer la sœur de Donnie Darko. C’est seulement après l’avoir vu boire un verre de pisse dans Cecil B. Demented, de John Waters, qu’il a été séduit. Le prénom et le nom du personnage principal («Donnie Darko») ont des résonances de super-héros – d’ailleurs, c’est un film de super-héros qui cherche son identité et ses pouvoirs, à la manière de Incassable, de Shyamalan. A travers la figure en mutation de l’adolescent, il est aussi question de découverte de soi, d’acceptation de forces surnaturelles héritières des comics. A la base, ça vient d’un film : Butterflies are free, avec Goldie Hawn, Eileen Heckart et Edward Albert, le fils de Eddie Albert. Le personnage principal est aveugle et vit à San Francisco dans les années 70. Sa mère a écrit une série de livres pour enfants dont le héros est un super-héros aveugle qui a la capacité de tout réaliser. Il s’appelle «Little Donnie Dark».

LIVING ON VIDEO
Dans Donnie Darko, Richard Kelly étaye une théorie complexe sur le voyage dans le temps, matérialisée par le vortex. C’est un motif qui reviendra dans tous ses longs-métrages et qui permet de voyager à différentes époques (les années 80 pour Donnie Darko, les années 2000 pour Southland Tales et les années 70 pour The Box). Au moment de l’écriture, trois cinéastes lui sont venus à l’esprit : Robert Zemeckis, Steven Spielberg et James Cameron. Zemeckis, c’est pour Retour vers le futur qui construit son histoire sur les paradoxes temporels. D’ailleurs, à un moment donné, Donnie Darko parle d’une DeLorean, choisie en son temps pour son design futuriste (portes-papillon, carrosserie en acier inoxydable). Les scénaristes voulaient une voiture donnant l’impression d’être plus «bricolée», à l’image de son créateur, plus proche de l’expérimentateur que du théoricien. Ce désir a été réalisé par l’ajout de nombreux fils électriques sur les côtés de la voiture et à l’arrière près du réacteur alimentant le convecteur temporel. Cameron, c’est pour Abyss. Le lapin Frank est lié à l’eau et le vortex est représenté par une traînée d’eau en image de synthèse. Spielberg, c’est pour E.T. l’extraterrestre qui pour Kelly représente la «science-fiction des années 80». L’actrice Drew Barrymore est une enfant du cinéma de Spielberg qui a connu différents déboires (alcoolisme, drogue) avant de remonter à la surface. Idem pour Patrick Swayze, également dans Donnie Darko, qui revenait après des années de traversée du désert. Ce qu’il incarne, ce sont les années 80 et un soir d’incendie, on retrouve dans sa cave des vidéos compromettantes. Les icônes d’hier sont aujourd’hui parties en fumée.

LES ENFANTS DE STEPFORD
C’est encore plus pervers dans le cas de Mary McDonnell qui joue la mère de Donnie Darko. Cette actrice n’avait rien fait de mémorable depuis Danse avec les loups, de et avec Kevin Costner. Lors d’une réunion parents/professeurs, un livre de Graham Greene suscite l’ire de l’Amérique puritaine et conservatrice. Lorsque l’actrice prend la parole, elle demande «vous savez qui est Graham Greene?». C’est un jeu de mots portant sur la confusion entre l’écrivain et un acteur du même nom jouant dans Danse avec les loups. L’autre revival, c’est celui de Katharine Ross, actrice célèbre dans les années 70 (Butch Cassidy et le kid). Kelly l’a choisie pour un film: The Stepford Wives (1975) qui a eu droit à son remake vingt ans plus tard avec Nicole Kidman dans le rôle principal. A l’origine, c’est l’adaptation d’un roman terrifiant de Ira Levin qui traite du même sujet que Donnie Darko : la manière dont le vernis social cherche à uniformiser ceux qui pensent différemment. A la fin, les femmes deviennent des poupées automatiques à qui l’on a enlevé la capacité de réfléchir. C’est exactement dans ce piège que Donnie ne veut pas tomber. Comme dans le film de Kelly, la science-fiction sert d’écrin à la chronique banlieusarde et aux inquiétudes de freaks.

BUNNY BUG
Le costume de lapin, justifié par le climax pendant Halloween, vient de Harvey (Henry Koster, 1950), une comédie fantastique tirée d’une pièce de Mary Chase, dans laquelle Elwood P. Dowd (James Stewart) embarrasse son entourage en affirmant avoir comme ami un lapin imaginaire. Dans Donnie Darko, le lapin géant prédit une apocalypse allant foudroyer les Etats-Unis en 1988, peu de temps avant l’élection de George Bush Sr. Avant et après, le monde ne sera plus le même. Sous le costume, il y a l’acteur James Duval qui par sa simple présence accentue la mélancolie de la chronique adolescente en greffant tout le désespoir fun du cinéma de Gregg Araki (Nowhere et Doom Generation).

Le lapin apparaît également à d’autres moments du récit mais de manière détournée comme dans cette scène où le frère et la sœur discutent (première photo). Ou encore sur un polaroid encadré à droite de l’écran (seconde photo) où ils posent ensemble. On peut voir Donnie déguisé en lapin (comme pour accentuer sa schizophrénie).

Pour rester dans le domaine de la politique, on aperçoit lors d’une fête un adolescent qui fait du trampoline avec un masque, comme une vision hallucinée échouée d’un film de Oliver Stone (première photo). C’est une allusion à la photo de Hunter S. Thompson (Las Vegas Parano) où le journaliste/écrivain sautait lui aussi sur un trampoline avec un masque de Ronald Reagan. Et pour rester dans le domaine du déguisement, le costume de clown qui sort de la voiture au moment de l’accident renvoie au clown maléfique de Il est revenu de Stephen King (Tim Curry, l’acteur de The Rocky Horror Picture Show, dans la version télévisée).

ENTRE EVIL DEAD ET LA DERNIERE TENTATION DU CHRIST
Un cinéma de quartier propose un double programme : La dernière tentation du Christ et Evil Dead. Le choix du film de Scorsese n’est pas si inattendu : Donnie Darko est un super-héros christique (la notion de sacrifice pour le bien-être de ceux qui l’entourent). Evil Dead est plus un clin d’œil de cinéphile. Au départ, Richard Kelly voulait prendre C.H.U.D. (1984) mais ne possédant pas les droits, il s’est tourné vers Sam Raimi qui lui a gentiment donné la possibilité de créer son propre montage de Evil Dead, sans rien lui demander en retour.

LYNCH MEETS KUBRICK
L’univers de David Lynch gangrène Donnie Darko, ne serait-ce que dans le dispositif consistant à aller au-delà des apparences et à découvrir un second monde obscur, rongé par la morbidité (prendre l’exemple du prédicateur pédophile joué par Swayze). Lors du plan-séquence dans le lycée où l’on entend Head over Heels de Tears for Fears, on aperçoit les deux rebelles du bahut sniffant de la coke, comme Laura Palmer dans Twin Peaks. Le proviseur passe à côté d’eux mais ne dit rien. Richard Kelly montre ce que l’on cache, ne dit pas ou ne voit pas. L’une des clefs de Mulholland Drive se trouve dans Lolita, de Kubrick. Alors qu’un critique américain, Bill Krohn, s’entretenait avec Lynch au sujet du film de Kubrick, il lui fait part d’une incongruité étonnante qu’un universitaire a relevée : lors de l’entrée du protagoniste dans le prologue, la caméra passe devant un fauteuil recouvert par un drap, sur lequel se trouve une bouteille d’alcool en équilibre. Sous le drap, se trouve un autre personnage et lorsqu’il émerge, la bouteille tombe et se brise. A la fin du film, lorsqu’on revoit le même plan, la bouteille a disparu. En apprenant ce détail, Lynch aurait dit : «Bon Dieu mais ça veut dire que ça pourrait être un tout autre scénario !». Le visionnage de Lolita a également bouleversé Kelly qui se serait inspiré de cette structure scénaristique pour construire son récit. Comme un clin d’œil expiatoire, il a déguisé l’actrice Maggie Gyllenhaal en Vivian Darkbloom (Marianne Stone) pendant la fête d’Halloween. A noter également que le masque du lapin a été choisi pour la ressemblance avec les masques de l’orgie dans Eyes Wide Shut, de Kubrick.

TOLKIEN MANIAC
Lorsque la prof jouée par Drew Barrymore fait ses cartons le jour de son départ, on aperçoit le mot «cellardoor» (traduisible par «porte de cellier»), écrit au tableau. Quand Donnie Darko en demande la signification, elle répond que, selon un linguiste, de toutes les phrases que la langue possède, de toutes les associations infinies de mots que l’histoire a connues, «porte de cellier» serait la plus admirable. Dans le commentaire-audio, Richard Kelly attribue cette phrase à Edgar Allan Poe. C’est une erreur répandue puisqu’elle est redevable à J.R.R. Tolkien, lors de L’anglais et le gallois, sa conférence donnée à Oxford le 21 octobre 1955, dédiée à l’étude de l’élément breton et celtique dans la langue anglaise. C’est avec ce genre de références que Kelly construit des complots de cinéma. Pour donner un exemple, lorsque la mère de Donnie appelle chez elle avant de prendre l’avion, on entend une annonce pour l’embarquement du vol 2806 à la porte 42 à minuit (soit 12 AM). Il suffit de rassembler les chiffres (28:06:42:12) pour se rendre compte qu’il s’agit du compte-à-rebours que Frank a donné à Donnie. La logique dépasse la fiction puisque la version director’s cut de Donnie Darko contient 28 scènes. C’est encore plus fou que dans un épisode de Lost. Encore plus édifiant: l’action se déroule en 1988 et si on additionne les chiffres du compte-à-rebours (28+6+42+12), le total donne 88!

Dans Southland Tales, son deuxième long métrage, attendu comme le messie, tout commence par un bang: un champignon atomique filmé par deux enfants avec leur caméscope. La fin d’un monde, le 11 septembre version 2.0 : les petites filles avec leurs groupes de danse dans les années 80 sont devenues des stars du porno, les ados préfèrent se suicider plutôt que de faire la guerre, les croque-mitaines ont des visages humains. Ceux qui sont nés à l’époque de Donnie Darko sont devenus de féroces adultes qui ont perdu toutes leurs illusions; et, leur mélancolie se révèle incompatible avec le cynisme glam en vigueur.

L’introduction de Southland Tales rend compte de l’état du monde trois ans après le «bang» qui a eu lieu non pas à New York mais au Texas. Suite à cette catastrophe, deux forces politiques se sont créées aux Etats-Unis: l’extrême gauche des néo-marxistes et l’extrême droite du groupe USIDent. Les deux se livrent une bataille sans merci pour remporter le vote des 55 grands électeurs californiens. Entre eux, le Baron, entouré d’une créature (Bai Ling) et de scientifiques bizarroïdes, est un industriel très puissant, un magnat de l’énergie, qui a orchestré la machination entre une starlette du X (Sarah Michelle Gellar) et un acteur de cinéma (The Rock), célèbre acteur marié à la fille du candidat républicain à la vice-présidence, Bobby Frost (Holmes Osbourne).

Le but, c’est de faire exploser un scandale et de monter les deux camps politiques l’un contre l’autre. En parallèle, deux chefs néo-marxistes organisent un faux assassinat dans une vidéo rappelant le passage à tabac de Rodney King, mais rien ne se passe comme prévu. C’est ce choc des cultures qui va précipiter le monde vers l’apocalypse. Parallèlement, les autorités du pays ont mis en place une salle de contrôle démesurée qui se trouve chez USIDent. Là-bas, la femme de Bobby Frost, Nana Mae Frost (Miranda Richardson) propage ses informations et surveille la Californie du Sud. Il s’agit d’un Big Brother nourri au Patriot Act en charge du maintien de la surveillance, un cousin de la société militaire privée BlackWater qui vient opérer au niveau des villes américaines afin de faire respecter l’ordre dans un contexte de crise énergétique majeure. La solution pour y répondre ? Le fluide karma, un concept inventé par Richard Kelly en référence à Kurt Vonnegut, qui avait créé le glace-neuf dans son roman Le berceau du chat. Le Baron a imaginé une gigantesque machine creusant sous la surface de l’océan jusqu’à la croûte terrestre pour mettre à jour une réserve de pure énergie liquide. Au contact de l’air, elle s’oxyde et se transforme en énergie exploitable. D’où l’invention d’appareils alimentés via ce champ énergétique (un peu comme le Wi-Fi).

Progressivement, la ville plonge dans un brouillard marin. En fait, c’est la machine posée au milieu de l’océan qui génère cette mystérieuse nappe. L’azote liquide se répand sur le paysage californien. Dans cet univers putride, des personnages de rien se débattent comme des coqs sans tête. A commencer par Boxer Santaros (The Rock). Il a été kidnappé par Taverner (Seann William Scott) après son retour d’Irak, mais une faille temporelle a fait exploser le véhicule. Comme dans Donnie Darko, l’énigme, c’est de savoir ce qu’il s’est passé à l’intérieur de cette faille. Elle a provoqué le dédoublement de deux personnages (The Rock et Seann William Scott donc) qui sont devenus du coup deux figures christiques.

Dans Southland Tales, tout est placé sous le signe du double et de la dualité : certains ont des doubles physiques, d’autres des doubles personnalités. C’est le principe même des routes divergentes. Pour Richard Kelly, c’est une métaphore de la bipolarisation des États-Unis. Les deux personnages joués par Seann William Scott ne sont pas des jumeaux mais des doubles, des calques : l’un inconscient, l’autre amnésique. Boxer, celui interprété par The Rock, devient Jericho Cane, son double. Ces deux personnages ont traversé la quatrième dimension. Comme pour un atome, ils ont été coupés en deux. Le salut de l’humanité, c’est juste un homme qui se serre les deux mains. On le comprend avant eux : ces deux personnages sont les seuls à pouvoir sauver l’humanité. On saisit ainsi l’origine des tatouages de Boxer/Jericho Cane (chacun représentant une religion). Etudiant, Kelly vénérait Quentin Tarantino à cause du scénario de Pulp Fiction. Dans une scène, Ving Rhames porte un sparadrap sur la nuque, après avoir perdu son âme. Le A tatoué sur la nuque de The Rock reprend une idée l’ayant marquée selon laquelle «la nuque abriterait l’âme». A la fin de Southland Tales, le tatouage sur le cou de Boxer se mettra à saigner et Krysta (Sarah Michelle Gellar) y verra les stigmates du Christ.

Le narrateur Pilot Abilene (Justin Timberlake), acteur enrôlé après les attaques nucléaires, envoyé en Irak, doit être vu comme le prophète de l’apocalypse, l’auteur et la voix de cette saga. Démiurge, il symbolise la manipulation des images afin de rendre la réalité plus glamour. Justin Timberlake renvoie, lui, à tous les vétérans qui ont tendance à sombrer dans la drogue, l’alcool ou n’importe quelle autre substance leur permettant de surmonter les traumatismes de la guerre (il en a hérité une cicatrice sur le visage). Les deux personnages (Boxer et Taverner) se remémorent l’Irak et leur pote Pilot (Timberlake) qui a reçu une grenade et le ressassent comme le souvenir obsessionnel d’une licorne (Blade Runner). De leur côté, les néo-marxistes ont volé des pouces pour pouvoir truquer le résultat des élections en flouant le système d’empreintes mis en place par USIDent, pour se rendre dans divers bureaux et voter de façon répétée. Ils passent par le système pirate USIDeath, un site Internet qui sert de réseau de communication, suggérant que l’on a accès à toutes les informations que l’on désire par la télévision, par Internet ou par le téléphone portable. Krysta (Sarah Michelle Gellar), star du porno, chanteuse, animatrice télé, est en fait un agent double aux ordres du Baron parce que ce dernier lui a promis une représentation sur la scène du méga-zeppelin. Elle est armée d’un pouvoir télépathique, lui permettant de communiquer avec le Baron. Elle passe pour une nymphette ingénue, une de ses nanas qui ne connaît pas l’ennui à force de vivre entourée et qui, malgré le luxe, ne peut s’empêcher d’arborer une tristesse indicible dans le regard. On retrouve le leitmotiv de Kelly dans ce personnage : partir de l’archétype pour trouver de l’émotion ou de la profondeur. Cernée par la solitude de la star, consciente de n’être qu’un leurre, une piégeuse piégée, un pion sur l’échiquier, un bug informatique programmée pour disparaître, Sarah Michelle Gellar n’a jamais été comme ça. Les autres acteurs sont capables de beaucoup et le montrent, même Christophe Lambert qui trimballe sa vie dans une camionnette ou Seann William Scott qui n’a pas le temps de balancer une vanne. Mais au jeu des contre-emplois, c’est elle qui tire son épingle du jeu, trouvant un peu d’elle-même dans l’énergie épuisée de Southland Tales.

Petit à petit, les différentes intrigues finissent par se rejoindre. Certaines, bien que secondaires, demeurent essentielles. La force de Southland Tales, c’est de saisir ce qui nous attend demain – la solitude au seuil de la porte, les sucreries de plomb, la célébrité démocratique, la soif d’insurrection pour retrouver la colère et la liberté, les combats de l’ombre, l’exhibitionnisme Facebook, les flics partout, tout le temps. Des éléments réels (les images du président Bush en visite au comté d’Orange, des incendies, des plans aériens de la jetée de Santa Monica et des archives d’Arlington West, le mémorial avec les croix) ont été détournés pour les besoins de la fiction mais créent un parallèle flippant. Richard Kelly joue les prophètes et il a raison: le monde poubelle est à portée de main. L’écran de télé devient un pop-up interactif, la publicité bouffe tous les espaces, les cris d’émeutes sont noyés sous les feux d’artifice, les traumatismes remontent, les espoirs coulent, les faits sont têtus, jusqu’à l’écœurement. C’est fini, c’est le vrai bang, le raz de marée de la crise. L’immense cirque grotesque de ce Southland Tales, travaillé par Kafka (l’illogisme), Orwell (le communisme selon La ferme des animaux) et K. Dick (dimensions parallèles, flics louches, contre-culture souterraine, hallucinogènes) perd dans des détails et des anecdotes pour provoquer un chaos prophétique. Le seul moyen de s’en sortir en tant que spectateur, c’est de s’attacher aux personnages, citoyens malgré tout, qui accomplissent leur destin envers et contre tous, sans nécessairement savoir où ils sont ni où ils vont. Ils sont perdus, comme nous.

TEMPTATION WAITS
L’introduction de Southland Tales situe le récit dans le temps : il se déroule trois ans après une explosion au Texas. C’est aussi un résumé des trois premiers chapitres (Two Roads diverge; Fingerprints; et The Mechanicals) qui ne sont disponibles qu’en bande-dessinée. Le film ne démarre qu’à partir du quatrième chapitre sur les six. Chaque titre appelle une référence pop: Temptation waits est un morceau de Garbage, Memory Gospel de Moby et Wave of Mutilation, des Pixies. Les comics fonctionnent avec le site web de Southland tales; ce qui crée une alchimie interactive assez unique entre la bande-dessinée, le cinéma et Internet. Pour le contenu, c’est aussi dense. Richard Kelly met au même niveau la religion, le sexe, la drogue et la télévision qui sont des addictions inhérentes à la culture pop américaine. Il résume le résultat comme un mélange hybride d’Andy Warhol pour l’univers glam et de Philip K. Dick, avec lequel il partage la peur du solipsisme : « A l’origine du film, il existe Les Hommes creux, un poème de T.S. Eliot dont la chute est un phénomène de pessimisme (C’est ainsi que finit le monde ; C’est ainsi que finit le monde ; C’est ainsi que finit le monde ; Non par un boum, mais par un gémissement). En réalité, la chute de ce poème a été modifiée à des fins satiriques. Dans les mois qui ont suivi la première mouture du scénario, il y a eu le 11 septembre, puis le Patriot Act et la guerre en Irak. Je me suis mis à ajouter une à une des couches de sous-texte politique dans le script et à y mêler les influences de Phillip K. Dick, Kurt Vonnegut, Andy Warhol ou encore celle du film noir. En quatre ans, le film a évolué et s’est peu à peu transformé en quelque chose de plus substantiel et de plus profond. »

SECRET STORY
Le Baron, un des personnages du film, a imaginé une gigantesque machine creusant sous la surface de l’océan jusqu’à la croûte terrestre pour mettre à jour une réserve de pure énergie liquide. Au contact de l’air, elle s’oxyde et se transforme en énergie exploitable. Progressivement, la ville est plongée dans un brouillard marin proche de The Fog de John Carpenter. En fait, c’est la machine posée au milieu de l’océan qui génère cette mystérieuse nappe. L’azote liquide se répand sur le paysage californien. C’est surtout le signe du cataclysme à venir.

GENETIC OPERA
Repo Man est peut-être le film qui se rapproche le plus de Southland Tales. Exploitant comme une obsession un climat apocalyptique de guerre nucléaire, Alex Cox a construit dans les années 80 un récit original et sombre où les personnages sont décrits comme les laissés-pour-compte de l’Amérique Reaganienne, perdus entre l’idéalisme et le cynisme, entre hier et demain. Doté d’une somptueuse BOF (Iggy Pop, Los Plugz, Circle Jerks, Fear, Suicidal Tendencies, Black Flag et Juicy Bananas), le film constitue une influence majeure chez les cinéastes spécialisés dans la captation des troubles adolescents. La voiture possédée par une entité à la fin est une image marquante que Kelly a reprise plus ou moins consciemment. Les interfaces ajoutées au début ont été inspirées de Starship Troopers, de Paul Verhoeven (photo 1) et le nom du personnage incarné par The Rock (Jericho Cane) est également celui de Arnold Schwarzenegger dans La Fin des temps. La séquence musicale avec Justin Timberlake est très similaire à celle de The Big Lebowski (photo 2). Des affiches de film surgissent parfois (Lost in space, Donnie Darko, Doom). Le film noir de Robert Aldrich (Kiss me deadly), la musique de David Lynch (Rebekah Del Rio, déjà dans Mulholland Drive) et l’ombre tutélaire de Kubrick (Docteur Folamour) hantent.

TEARS FOR FEARS
Mais les références ne sont pas seulement cinématographiques. Elles sont aussi littéraires et peuvent provenir d’autres cultures. Par exemple, la citation latine qui décore les vêtements de flic («oderint dum metuant») est tirée d’une phrase célèbre de l’empereur Caligula: «Laissez-les me détester suffisamment longtemps pour qu’ils soient effrayés». Parfois, il arrive qu’un élément ait deux sens différents : Gorge Profonde à la fois pour le film pornographique et le scandale politique dans les années 70. On pense aussi à la bande dessinée Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore. Autrement, on retrouve T.S. Eliot, Philip K. Dick et Robert Frost. Le policier qui dit «Flow my tears» (coulez mes larmes) s’appelle Bookman (alias Jon Lovitz) et dans la nouvelle de K. Dick, un des personnages principaux s’appelle General Buckman, de la même façon que celui qui est amnésique se prénomme Taverner, comme Seann William Scott dans Southland tales.

DISCO 2000
Le secret espoir de Richard Kelly était d’inscrire Southland Tales dans la lignée de films comme Brazil ou Blade Runner. Southland Tales doit être vu comme une évocation comique de l’Apocalypse, simplement parce qu’elle est sensée se passer à Los Angeles. Kelly nous avouait en interview: «Là-dessus, faites-moi confiance : si la fin du monde nous pend vraiment au nez (apparemment, c’est ce que croient 59% des Chrétiens fondamentalistes), alors elle se produira d’abord à Los Angeles (…) J’ai toujours été obsédé par l’Apocalypse. Rien que de chercher à déchiffrer le symbolisme crypté du livre des Révélations donnerait la migraine à n’importe qui. Un ami m’a d’ailleurs fait remarquer qu’un débat très sérieux agite les théologiens pour déterminer si le livre des Révélations a été écrit par Saint Jean sous l’influence de champignons hallucinogènes. Allez savoir. Un autre ami m’a envoyé un lien vers une histoire très dérangeante qui évoque un Hiroshima américain. Apparemment, il s’agirait d’une des nombreuses attaques terroristes que prépare Al-Qaeda. Plus précisément, celle où ils parviennent à infiltrer des armes nucléaires (achetées par Oussama Ben Laden à la mafia russe) en passant la frontière du Mexique vers le Texas avec l’assistance de guérilléros. Ensuite, les bombes frappent des villes de taille moyenne, là où la surveillance antiterroriste n’est pas très poussée. Si ça, ce n’est pas l’Apocalypse… Mais où cela nous mènerait-il ? (…) Ce film est le triste récit de ce qui se passe ensuite… et comment tout finit par s’effondrer. Dans le futur parallèle de Southland Tales, la machine de guerre est à cours d’essence et il n’y a pas d’alternative. Pas d’énergie alternative, du moins. Il y a de bonnes chances que le réchauffement de la planète soit le «gémissement» annoncé par T.S. Eliot. Peut-être notre destin est-il en effet de nous dissoudre lentement dans les limbes. Mais Southland Tales vous emmène sur un tout autre chemin. Celui qui se termine par un «boum». Et s’il y avait une voie pour en terminer avec toute forme de souffrance ? Et si, dissimulé quelque part, il existait un détonateur ? Un détonateur qui nous aiderait à en finir avec cette foutue planète une bonne fois pour toutes. Vite et sans douleur. Enfin, je ne devrais pas dire «vite». Parce que d’après moi, il faut deux heures trente et une minutes pour expliquer comment finit le monde. Je suis désolé que ce ne soit pas plus court, mais il n’y avait pas d’autre solution. Il n’y a pas d’alternative. Pas d’énergie alternative, du moins. Jusqu’à ce qu’un jour, une mystérieuse corporation allemande débarque dans le sud avec une nouvelle invention d’enfer. Un traitement pour notre maladie… »

Richard Kelly avait besoin de se racheter une conduite après Southland Tales, bulle pop qui prenait le pouls d’une époque paranoïaque entre politique bling-bling et porno chic. L’intrigue était construite à la manière dont sont décryptés les grands complots – ce qui prend en général plusieurs années pour les résoudre – et fourmillait de détails, d’enjeux, de promesses et d’intuitions, à tel point qu’elle pouvait facilement devenir absconse et décourager ceux qui voulaient tenter l’expérience. Avec The Box, son troisième long métrage, présenté comme un film de commande, plus simple et accessible en apparence, le cinéaste développe une nouvelle écrite par Richard Matheson. Une femme et son époux découvrent une mystérieuse boîte déposée un matin devant leur domicile par un homme énigmatique. Ce dernier révèle qu’en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevront un million de dollars mais que cela entraînera la mort d’un inconnu. En réduisant la densité narrative, en évitant l’esbroufe et en se concentrant sur un cas de conscience, Richard Kelly revient vers un cinéma à l’ancienne.

Dans Donnie Darko et Southland Tales qui s’intéressaient à une peur adolescente (la fin du monde), Richard Kelly auscultait les mystères de l’existence à travers des personnages qui avaient en eux une part mythologique sans nécessairement la soupçonner. Donnie Darko (Jake Gyllenhaal) était un super-héros et Jericho Cane (The Rock) arborait les stigmates du Christ. Ils avaient les moyens de modifier leur destin. Des accidents traumatiques étaient à l’origine de leur force et c’était précisément dans le malheur que l’action positive se réveillait. En dépit d’une tentative de science-fiction à la fois ésotérique et commerciale, The Box ne fait pas exception à la règle à travers un couple qui a la possibilité d’évoluer grâce à un événement extraordinaire. Une nouvelle fois, Kelly joue avec la perception du spectateur (s’agit-il du rêve, de la réalité ou du fantasme?) comme dans un long épisode de La quatrième dimension. Il suffit d’avoir vu ses deux précédents longs métrages pour comprendre que la «faille temporelle» constitue une composante essentielle de son cinéma: Donnie Darko se déroule dans les années 80, Southland Tales dans un futur à l’imparfait et The Box dans les années 70.

Ses films sont développés en fonction des sentiments qu’il éprouvait à ces différentes époques : le doute pour le premier, le cynisme pour le second et l’innocence pour le dernier. Proche de La patte de singe, de W. W. Jacobs, la nouvelle de Richard Matheson s’avère trop courte pour nourrir un film de deux heures, d’autant qu’elle s’intéressait plus aux implications psychologiques qu’à la situation fantastique. La série La Cinquième Dimension (The New Twilight Zone) s’en était déjà inspirée pour un épisode réalisé par Peter Medak, avec Brad Davis et Mare Winningham.

Richard Kelly, qui s’est chargé de l’adaptation, l’utilise comme point de départ pour plonger le couple dans les limbes en réunissant deux accidentés de la vie: la femme souffre d’une malformation physique et l’homme, sous-payé à la NASA, déploie des efforts surhumains pour la réparer et lui donner une apparence normale. Avec plus d’argent, ils pensent pouvoir élever leur enfant dans de meilleures conditions, quitter la ville et commencer une nouvelle vie. La boîte contient un cadeau empoisonné. Faisant un lien avec ses propres parents (son père a travaillé à la NASA), Kelly trouve presque des circonstances atténuantes à cette cupidité, tout en donnant à réfléchir sur le sentiment de culpabilité et la conséquence des actes: appuyer sur le bouton revient à donner la mort à une personne que l’on ne connaît pas. Toute la philosophie de Richard Kelly est contenue dans cette approche: chaque événement, bon ou mauvais, est un signe du destin qu’il faut savoir interpréter. La face claire correspond à l’amour et la face sombre, à la peur qui doit mettre à l’épreuve et donc tester tout ce qui est positif.

Cet univers est nourri de références cinématographiques qui tiennent autant du fantastique des années 70/80 (La Malédiction, de Richard Donner; L’autre, de Robert Mulligan ; Shining, de Stanley Kubrick; L’invasion des profanateurs de sépultures, de Don Siegel) que du film noir des années 50 (Kiss me deadly, de Robert Aldrich). Les influences littéraires viennent de Huis-clos de Jean-Paul Sartre, du Veston ensorcelé de Dino Buzzati et de Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad où des anges guident chaque individu sur le seul chemin qui lui est destiné. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment, au même titre que la pop-culture, Richard Kelly se les approprie. Le travail sur les axes de caméra, le hors-champ, la musique et le son est ce qui tient lieu d’effets spéciaux. C’est là-dessus que Kelly compte en grande partie pour faire voyager le spectateur comme dans un vortex en distillant une atmosphère anxiogène de mort collective. Visuellement, il compose ses plans en cadrant au centre, de telle manière que la position du sujet par rapport à la caméra devient essentielle. Cette science ne donne plus lieu à des effets déjà vus dans Donnie Darko et Southland tales (le plan-séquence où un personnage introduit un univers inconnu) mais à une vraie montée de l’angoisse dans certaines séquences (l’anniversaire, l’accident de voiture, le mariage, la conclusion).

The Box date de 2009. Depuis, aucune nouvelle, ou presque, de Richard Kelly. On l’a bien entendu plancher sur Amicus, un thriller dans lequel Nicolas Cage jouait l’avocat Rodney Smolla, spécialiste influent du premier amendement (relatif à la liberté d’expression), choisi par les familles des victimes de James Perry, un tueur qui s’était inspiré, pour commettre ses actes, d’un ouvrage intitulé Hitman, sorte de «guide pratique du tueur à gages» paru en 1983. James Perry avait lui-même été engagé an 1993 par Lawrence Horn, musicien et producteur de la Motown, qui souhaitait éliminer sa femme, son fils paraplégique et l’infirmière à domicile, afin de toucher une assurance. Le tournage devait avoir lieu en janvier 2013. Richard Kelly devait ensuite réaliser Corpus Christi avec Edgar Ramirez. Projet envolé. On l’annonçait dernièrement aux commandes d’un biopic consacré à Rod Serling, le créateur de la série-télé La quatrième dimension, qu’il écrirait et réaliserait sous l’égide de Mandalay Pictures. Vu son appétence pour la SF, cela fait sens. Mais rien de concret, à ce jour. De la même façon que la lapin demandait au dormeur Donnie Darko de se réveiller, on a nous aussi envie de lui demander de se réveiller de ce trop long sommeil.

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