On vous voit frétiller comme des damnés à attendre Midsommar. Et vous avez raison. En guise d’apéro avant le grand buffet, on peut découvrir les courts-métrages d’Ari Aster sur la toile.

Car oui, le garçon n’est pas arrivé tout cru sur un plateau d’argent, et s’était fait la main plus d’une fois. Une chose est sûre: rien ne va dans sa tête, et on adore ça. Brisons la chronologie de sa filmographie et ne nous étalons pas sur Basically et C’est la vie, deux portraits filmés basés sur le même concept et à l’humour particulièrement acide. Aster y confirme qu’en dehors du genre, il serait tout à fait capable de se retrouver dans la comédie noire sans abandonner son savoir-faire. Bonne chose à savoir. Par contre, il faudra sérieusement se préparer avant la vision de The strange thing about the Jonhsons, une montagne de malaise qui observe par le trou de la serrure le terrible secret qui agite une aimable famille américaine. On n’en dira pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais autant dire que Todd Solondz y trouve son plus grand élève. Vraiment. Plus modeste, Beau part d’une situation banale (un homme préparant ses valises pour partir en vacances) pour virer comme un trip kaftaien ultra-malaisant. Il n’est pas interdit de penser aux fameux courts-métrages de Adrenaline ou de Parano, qui spéculaient aussi sur des situations quotidiennes devenant subitement cauchemardesques. Le morceau le plus abouti du lot reste indubitablement Munchausen, où une Maman (incarnée par Bonnie Bedelia aka Miss John Maclane!) rechigne un peu à laisser partir son fils chéri du nid douillet. Totalement muet, ce tour de force à la Spielberg montre qu’Aster maîtrise tout jusqu’au vertige. Si jeune, si ravagé, si chaos.

Pour voir les courts d’Ari, cliquez, c’est bonheur.

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