Il n’y a pas que la rédaction qui a le droit de jouer aux jeux d’Halloween. Voici le top 5 vampires de notre lecteur Martin Huguet. Pour envoyer vos avis, vos critiques, vos coups de gueule, un mail: redaction@chaosreign.fr

Pura Sangre (Luis Ospina, 1982)
Un patriarche chef d’industrie pompe le sang de jeunes prolos. Ici, comme souvent avec les films de vampire, le monstre n’est pas tant une créature fantastique: il est avant tout l’allégorie de phénomènes et de créatures bien réelles. Ospina nous rappelle que le capitalisme industriel et la classe bourgeoise qui l’incarne vampirisent le peuple colombien.

Stoker (Park Chan-Wook, 2013)
Park connaissait déjà bien le thème pour avoir performé avec Thirst ceci est mon sang (2009). Un prêtre inoculé d’un vaccin chelou devenait vampire. Pris d’une libido dévorante il vivait d’extrêmes baises avec la femme d’un pote. Dans Stoker le réalisateur prolonge l’inspiration. A part dans le titre, hommage direct à l’auteur de Dracula, où se trouvent les vampires? Dans le tabou, le charme, la dévirginisation, la domination. Avec une classe hitchcockienne Park Chan-Wook nous secoue les globules.

La Comtesse (Julie Delpy, 2009)
Une authentique vampire, cette fois, que l’on surnomma La comtesse sanglante. Celle qui aura fait frissonner les chaumières préindustrielles de l’Europe. La comtesse Erzsébet (non ce n’est pas un problème de clavier) Bathory qui, pour plaire à son jeune amant, voulait rester jeune et belle au point de se convaincre que le sang de jeunes vierges lui assouplissait la peau et atténuait ses rides. Tuto make-up: chaque semaine un bain de sang virginal. L’histoire des vampires, ce monstre particulièrement européen, c’est aussi celle de seigneurs ayant complètement déconné avec leurs privilèges.

True Blood (Alan Ball, 2008-2014)
7 saisons, 80 épisodes de 52 minutes. Soixante-dix heures et quarante minutes d’histoires de vampires. Une sorte de baisodrome confus, kitsch, rarement ordonné, parfois jouissif. On peut reconnaître à la série d’Alan Ball le mérite de mettre en scène les vampires de Bon Temps pour mieux évoquer les minorités et le racisme en Louisiane.

Irma Vep (Olivier Assayas, 1996)
Irma Vep, Vampir. Voilà. C’est tout ce que vous trouverez en lien avec nos sujets suceurs de vitalité. Sinon il y a quand même Jean-Pierre Léaud en réalisateur fou. Adorable. Mention spéciale à la séquence finale, chaos maestra. Elle donnerait presque à croire que le reste du film n’aura existé que pour l’alimenter. Peut-être, justement, que le film que l’on imagine est le véritable vampire à l’œuvre dans l’imaginaire du réalisateur…

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