Notre lecteur Tangui Pennec donne ses cinq films Chaos préférés au monde. Pour envoyer vos textes: redaction@chaosreign.fr

«Notre dĂ©cennie est actuellement soumise Ă  un tel chaos, que j’aurais pu ne privilĂ©gier que ses grandes Ɠuvres, dont les cinĂ©astes savent mieux que quiconque parler de notre monde (Adieu au langage, Twin Peaks, Cosmopolis, Into the Abyss). Au lieu de ça, j’ai cherchĂ© des films qui m’avaient plongĂ© moi-mĂȘme dans un certain chaos. Mais aussi parfois, dans une renaissance – disons que le chaos peut prendre n’importe quelle forme, si l’on veut bien le considĂ©rer comme un dĂ©but et/ou une fin. Une lettre, un film.»

L’enfer est à lui de Raoul Walsh (1949)
«C comme (James) Cagney : une grande partie de la mise en scĂšne de Walsh repose sur sa performance. Le chaos prend diffĂ©rentes formes ici mais semble en ĂȘtre qu’une, en somme, tant la mise en scĂšne semble possĂ©dĂ©e de la mĂȘme maniĂšre que sa figure principale. Cette mĂȘme somme pourrait venir de la pensĂ©e du personnage complĂštement perdue dans les limbes du mal, du film noyĂ© dans l’obscuritĂ© des espaces, des machines de la scĂšne de fin »

Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman (1976)
«H comme HĂŽtel : la cuisine est un espace sujet Ă  diffĂ©rentes interprĂ©tations. Ici la quotidiennetĂ© est tellement lourde, qu’elle enferme son hĂ©roĂŻne dans son propre espace. L’ouverture ne se fait jamais vraiment. On est trĂšs loin de l’hĂŽtel, espace de l’éphĂ©mĂšre et de l’expectative. Et pourtant.»

CƓur de verre de Werner Herzog (1976)
«A comme Ailleurs : le chaos est prĂ©sent partout mais est comme souvent chez Herzog le dĂ©but d’un autre monde. On est pourtant jamais dans la fuite, c’est l’acceptation d’un territoire perdu qui fait en trouver un meilleur. Du chaos, des cendres nait l’ailleurs.»

Lost Highway de David Lynch (1997)
«O comme ObscuritĂ© : existe-t-il plus grand cinĂ©aste que Lynch pour filmer la nuit ? Peut-ĂȘtre. Toujours est-il qu’on ne compte pas facilement les minutes de lumiĂšre et d’espoir dans ce film tant le chaos semble avoir pris toutes les formes de son obscuritĂ©.»

De l’Origine du XXIù siùcle de Jean-Luc Godard (2000)
«S comme SiĂšcle : Fin de siĂšcle, dĂ©but d’un nouveau. Bilan.»

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