Notre lecteur Nunzio D’Annibale donne ses cinq films Chaos prĂ©fĂ©rĂ©s au monde. Envoyez vos textes: redaction@chaosreign.fr

L’année dernière à Marienbad d’Alain Resnais (1961)
«Le film dont vous êtes le héros et dont le héros est le film? C’est pourtant simple…
Des travellings baladant votre regard par dessus le cinéma.
Vos paupières ne seront plus jamais lourdes et pourtant vous dormez.
Dans l’entresol du film, à lire: L’invention de Morel d’ A. Bioy Casares.»

Antichrist de Lars Von Trier (2009)
«N’est pas Chaos qui veut.
Plus douce sera la chute: une thérapie intrafamiliale qui tourne à la prospérité inconsciente du vice. Tous les symboles sont réels. L’angoisse règne: c’est la seule chose qui ne trompe pas. Aucun discours n’est tenu dans ce film qui ne soit pas un discours de pur cinéma.»

Méditerranée de Jean Daniel Pollet (1963)
«Guy Debord regrettait que le cinéma se soit restreint en grande partie à la narration fictionnelle de type romanesque. Le cinéma aurait pu être mémoires, analyses théoriques, essais méta-cinématographique. Et en fait, il l’est aussi. Pollet n’y est pas pour rien. Comme L’année dernière à Marienbad ou Eléphant, Méditerranée est un bijou d’images-mouvement. Le discours est presque entièrement tenu par le mouvement de la caméra, par le balayage et le baladage du regard. Cela vous tient par le point aveugle de l’œil qui devient une sorte d’oreille. Sans oublier le magnifique (sic!) texte de Sollers: «Et si quelqu’un, quelque part, se mettait tranquillement à vous remplacer?»

Vérités et mensonges d’Orson Welles (1973)
«Voilà justement une réflexion méta-cinématographique par le biais de la contrefaçon. Orson Welles se déguise en magicien et vous essore l’esprit.
Probablement le film le plus méconnu de Welles.
«Foul is fair and fair is foul…» Vous en ressortirez comme Lady MacBeth, hagard, désorienté et dé-sexué.»

Éléphant de Gus Van Sant (2003) et Inland Empire de David Lynch (2006)
«Je me la joue ex-æquo. Je triche un peu, beaucoup, passionnément. Autant dans Eléphant nous sommes sur une sorte de danse d’angles de vue et de mouvements, autant avec Lynch nous sommes plutôt sur un cinéma d’associations courtes schizophasiques et de superpositions clivantes, voire : d’accumulation d’images les unes dans les autres. La danse chez Van Sant annule le message, chez Lynch c’est la saturation qui annule le message, si on peut encore parler de message. Il y a dansInland Empire une sorte d’auto-engendrement d’un langage par lui-même. Et ce ne sont pas les lapins qui me contrediront.
Que le Chaos soit avec vous.»

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