[VOX POPULI] Le top 5 chaos de François Meuleman

Déconfiné (comme tout le monde), notre lecteur François Meuleman donne ses 5 films Chaos préférés au monde. Vous aussi, envoyez vos textes, tops, critiques… à redaction@chaosreign.fr

La Classe Ouvrière Va au Paradis (Elio Petri, 1971)
Profitons de ce qui devait être la tenue officielle du festival de Cannes pour parler de l’une de ses Palme d’or Chaos. Certes, il y a eu Underground, Dancer in the Dark ou encore Le Ruban Blanc mais le cinéma d’Elio Petri mérite d’être mis en évidence. Après s’être attaqué à la corruption du système judiciaire, le réalisateur italien charge dans ce film le patronat. Le protagoniste Lulù Massa (formidable Gian Maria Volonte) est un véritable ouvrier stakhanoviste dans l’usine où il travaille. Exécutant sans la moindre contestation les ordres donnés, et suivant une cadence aussi infernale que le montage et la musique de Morricone, il va se remettre en question le jour où il perd un doigt suite à une faille de sécurité. Un film qui résonne encore d’actualité près de 40 années après sa sortie.

Mandingo (Richard Fleischer, 1975)
Sorti en 2013, 12 Years a Slave a subjugué autant le public que les critiques, remportant au passage l’Oscar du meilleur film. Les spectateurs n’ont sans doute pas vu Mandingo de Richard Fleischer pour qualifier ce film d’œuvre «forte» sur l’esclavagisme… Car pour mettre l’Amérique le nez dans son purin et ne faire aucune concession sur la thématique, le génial Richard Fleischer y va sans mettre de gants blancs. Une œuvre forte et dérangeante qui explore les noirs recoins de tout humain. Personne n’est épargné, aucune question élucidée et c’est tant mieux!

Black Death (Christopher Smith, 2010)
Artiste trop méconnu, Christopher Smith enchaîne les pépites de genre avec une régularité impressionnante depuis l’anxiogène Creep en 2004. Une schizophrénique carrière dédiée au chaos dont Black Death est sans nul doute sa pièce maîtresse. En pleine pandémie de peste bubonique où le confinement n’était pas encore à la mode, une troupe de mercenaires accompagnée d’un jeune moine se mettent en quête d’un village miraculeusement épargné. Ce sera un voyage au bout de l’enfer, où en plein cœur des ténèbres, les (anti)héros seront confrontés à leurs propres démons.

Un, Deux, Trois (Billy Wilder, 1961)
Une comédie peut être un film chaos? Bien sûr, les exemples sont légion. Mais imaginez-vous que Billy Wilder et sa sympathique bouille puisse pondre un film chaos? C’est plus difficile à concevoir mais la réponse est à nouveau positive. Représentant d’une multinationale de sodas dont le logo est rouge (chh chh, pas de marques!) à Berlin Ouest, l’ambitieux MacNamara a le projet de conquérir le marché au-delà du rideau de fer. Son plan se déroule presque sans accroc jusqu’au jour où il doit assurer la garde de la fille de son patron. Les pépins s’enchaînent, et le dernier acte voit l’acteur James Cagney devenir une véritable tornade inépuisable balayant tout sur son passage, le communisme comme le capitalisme. Comme d’habitude chez Wilder, c’est hilarant sans oublier d’être intelligent.

Ne Coupez Pas (Shin’ichirĹŤ Ueda, 2017)
Un film de zombies japonais doté d’un budget de 27.000 dollars et réalisé par des étudiants en à peine huit jours. Ça sent le film ultra kitsch à regarder avec des potes et un bac de bières, non? Complètement mais ça n’a pas empêché l’œuvre de faire le tour du monde des festivals fantastiques et de rafler prix du public après prix du public. L’unique séance au BRIFFF l’année dernière avait fait un tel bouche à oreille qu’une deuxième séance fut organisée par après pour satisfaire les (nombreux) déçus. Je ne vais pas vous en dire plus sur l’histoire, foncez le voir et surtout… Ne coupez pas.

Harvie Krumpet (Adam Elliot, 2003)
Nous sommes censĂ©s ne proposer que 5 films? J’en ai cure et voici une petite pĂ©pite bonus (c’est l’esprit chaos, non?). Adam Elliot est surtout connu pour avoir rĂ©alisĂ© le film d’animation Mary and Max en 2009, mais ces prĂ©cĂ©dents courts-mĂ©trages valent tous la peine d’être vus. InspirĂ© en grande partie de son enfance, le riche univers du rĂ©alisateur est peuplĂ© de personnages extravagants et dĂ©calĂ©s mais toujours attachants. Ils sont reprĂ©sentĂ©s dans des tons gris mais sont hauts en couleurs et animĂ©s avec le regard humaniste de l’auteur. Des courts-mĂ©trages disponible lĂ©galement sur son site internet.

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