[VOX POPULI] Le top 5 chaos de David Robin

Confiné (comme tout le monde), notre lecteur David Robin donne ses cinq films Chaos préférés au monde. Envoyez vos textes: redaction@chaosreign.fr

Les Sept SamouraĂŻs (Akira Kurosawa, 1954)
A la fin du 16eme siècle, au Japon, des villageois frĂ©quemment attaquĂ©s par des bandits recrutent un groupe de samourais pour dĂ©fendre leur village. OĂą comment Akira Kurosawa invente le genre filmique Ă©pique. Grandiose par ses moyens, ce film n’en tombe pas moins dans la facilitĂ©. Nous n’avons pas ici seulement affaire Ă  un film de bataille, d’aventure. C’est une analyse sociale, un film sur l’Homme: quel homme ou quelle femme y-a-t-il en chacun de nous? Cette rĂ©flexion est solidement ancrĂ©e dans un Ă©crin d’images et de scènes Ă©poustouflantes. Kurosawa s’impose et nous donne ce que le cinĂ©ma peut faire de meilleur depuis sa crĂ©ation. Le voir, c’est oublier le reste.

Les désaxés (John Huston, 1961)
Cinq noms pour un chef-d’Ĺ“uvre: John Huston Ă  la rĂ©alisation, Arthur Miller au scĂ©nario, Marilyn Monroe, Clark Gable et Montgmery Clift devant la camĂ©ra. Le plus grand film de Huston est aussi le plus mĂ©connu. Cette oeuvre, d’une noirceur totale, dĂ©peint l’histoire de trois personnages ayant dĂ©cidĂ© de vivre comme les derniers cow-boys du grand Ouest. Huston descend en flèche le mythe du rĂŞve AmĂ©ricain mais nous donne aussi des images fabuleuses d’un monde oubliĂ©. Partis pour le paradis, nos trois protagonistes vivront un enfer de dĂ©sillusions dans un environnement surrĂ©aliste… Clark Gable joue son dernier rĂ´le, Ă  des annĂ©es lumières de ce qu’il a pu faire avant (on est loin des clichĂ©s du cow-boy). Marilyn se voit offrir par son mari son plus beau rĂ´le: sa prestation est dĂ©finitive, plus personne ne jouera un personnage comme elle a interprĂ©tĂ© cette dĂ©saxĂ©e. Ce film est une dĂ©claration d’amour envoyĂ©e par Miller Ă  sa femme Marilyn, et un ultimatum adressĂ© au genre humain.

Le Vieux Fusil (Robert Enrico, 1975)
1944, Ă  Montauban. Un chirurgien (Philippe Noiret) fait Ă©loigner sa femme et sa fille des tourments de l’invasion allemande, en les mettant en sĂ©curitĂ© dans leur propriĂ©tĂ© mĂ©diĂ©vale de campagne. Une semaine plus tard, l’homme retourne voir sa famille… qu’il trouve dĂ©cimĂ©e par une garnison allemande encore en place. Encore plus terrible que la barbarie de ces soldats allemands sera sa vengeance… Un film choc, visuellement très dur Ă  supporter. Narrativement original: pendant une grande partie du film, l’action racontĂ©e “au prĂ©sent” est celle de la souffrance et la vengeance de cet homme, tandis que des flash-backs montrent au spectateur son bonheur d’avant. Robert Enrico magnifie ses acteurs, la sublime Romy Schneider en tĂŞte.

Assassin(s) (Mathieu Kassovitz, 1996)
Basant son film sur l’histoire d’un tueur sexagĂ©naire (Michel Serrault) qui va s’employer Ă  apprendre les ressorts de son mĂ©tier Ă  un jeune homme, Kassovitz nous livre une bombe, celle qui fera imploser les mĂ©dias. Ceux qui l’acclamaient après La Haine seront les mĂŞmes qui diront de ce film qu’il est le plus mauvais de toute l’histoire du cinĂ©ma. Une dĂ©nonciation ultra violente, acerbe et subtile des dĂ©rives tĂ©lĂ©visuelles. Pour ma part, le meilleur film de Mathieu Kassovitz.

Freeway (Matthew Bright, 1997)
Produit par Oliver Stone, c’est l’histoire du petit chaperon rouge moderne : Reese Witherspoon est Vanessa, 16 ans, et vit un enfer avec sa mère prostituĂ©e, toxicomane, son beau père pervers. Elle quitte violemment son environnement mais rencontrera dans sa fuite le grand mĂ©chant loup (Kiefer Sutherland), plus dangereux qu’une bĂŞte. ProfondĂ©ment dĂ©rangeante, cette relecture du conte pour enfants est un chef-d’oeuvre mĂ©connu. Ni plus ni moins.

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