Notre lecteur Cyril Roque donne ses cinq films Chaos préférés au monde. Envoyez vos textes: redaction@chaosreign.fr

FantĂ´mes contre fantĂ´mes (Peter Jackson, 1996)
A l’origine prĂ©vue pour ĂŞtre un Ă©pisode des Contes de la Crypte, l’histoire avait tellement de potentiel que Robert Zemeckis la porta au cinĂ©ma. Il partit chercher un rĂ©alisateur peu connu du grand public, lĂ -bas, en Nouvelle ZĂ©lande, un certain Peter Jackson qui avait tentĂ© une percĂ©e peu de temps avant sur le territoire amĂ©ricain avec ses CrĂ©atures CĂ©lestes. Il faut dire que cela faisait longtemps que les fantĂ´mes n’avaient pas Ă©tĂ© aussi bien reprĂ©sentĂ©s au cinĂ©ma, les spectres se faufilent sous les tapis, les tables lĂ©vitent, Lee Ermey reprend son rĂ´le de Full Metal Jacket… Au casting un Michael J. Fox sĂ»rement embarquĂ© par Zemeckis dans le projet, une Trini Alvarado en sosie parfait d’Andy McDowell, un Jeffrey Combs sur-jouant Ă  mort et un Jake Busey hyper terrifiant (peut-ĂŞtre pas autant que son père). A l’arrivĂ©e, un four au cinĂ©ma, malgrĂ© les grands noms derrière et une musique de Danny Elfmann. Peut-ĂŞtre Ă  cause d’un sujet pas encore Ă  la mode Ă  l’Ă©poque ou un Peter Jackson qui ne sait toujours pas finir ses films sans virer au grand guignol et sans faire durer des heures (35 minutes de sĂ©quence de fin!). C’est peut-ĂŞtre aussi pour cela qu’on l’aime.

Ouvre les yeux (Alejandro Amenabar, 1998)
Avec son second film, Ouvre les yeux, Amenabar continue en 1998 Ă  explorer les possibilitĂ©s de son medium, manipulant avec brio son spectateur, piĂ©gĂ© au sein d’une intrigue habile et alambiquĂ©e. Edouardo Noriega interprète CĂ©sar, homme affublĂ© d’un masque et accusĂ© de meurtre. Dans une atmosphère d’abord angoissante et froide, le hĂ©ros raconte son histoire, celle d’un golden boy dont la rĂ©alitĂ© a basculĂ© dans la confusion. Peu Ă  peu, il questionne sa propre existence, croit devenir fou, pris entre deux femmes qui bouleversent sa vie (celle qu’il aime, Penelope Cruz, et celle qui cause sa perte, Najwa Nimri). Le film bascule peu Ă  peu dans le fantastique, comme un rĂŞve qui tourne mal. Cet aspect cauchemardesque est très marquĂ© ici. Le film est d’allure beaucoup plus rugueuse et crue que sa transposition amĂ©ricaine, Vanilla sky. C’est assez rĂ©vĂ©lateur.

La colline a des yeux (Wes Craven, 1977)
USA, 1977 : une famille de Cleveland se rendant Ă  Los Angeles Ă  travers le Nevada dĂ©cide de faire un crochet par le dĂ©sert de Mojave afin de visiter une mine de fer, en dĂ©pit des avertissements incohĂ©rents du vieux pompiste de la station-service isolĂ©e qui les ravitaille. Ă€ la suite d’un accident, ils sont immobilisĂ©s en pleine nuit dans un dĂ©sert hostile, attaquĂ©s par une famille criminelle de cannibales dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s ! L’aube venue, les rescapĂ©s survivants feront non seulement face Ă  l’assaut final de ces monstres mais encore les dĂ©cimeront Ă  leur tour non moins sauvagement… La colline a des yeux lança dĂ©finitivement Craven aux yeux du public mondial amateur de films de films d’horreur et d’Ă©pouvante tout autant que de violence : il est devenu, tout comme le premier, un classique du cinĂ©ma fantastique du dernier tiers du XXe siècle. Si, Ă  l’inverse de Massacre Ă  la tronçonneuse, la première Colline a des yeux de Craven nĂ©cessitait une relecture (ce qui donne le chef-d’oeuvre d’Alexandre Aja qui amplifiait les connotations politiques et rĂ©alisait un idĂ©al de film d’horreur Ă  la fois classique, gore, Ă©prouvant et subversif), le second est juste une redite mercantile calquĂ©e sur les bases initiales (autant ne pas se fatiguer), avec les images post-traumatiques extraites du premier pour ceux qui l’auraient loupĂ©.

Teeth de Mitchell Lichtenstein (2008)
Une comĂ©die teen trash signĂ©e Mitchell Lichtenstein, le fiston de Roy, qui propose de suivre l’itinĂ©raire mouvementĂ© d’une jeune fille confrontĂ©e Ă  une hallucinante dĂ©couverte: son vagin a des dents! Victime de sa propre singularitĂ©, elle va devoir percer son mystère intĂ©rieur envers et contre tous. Cette petite friandise gore bricolĂ©e selon les règles d’un Frank Henenlotter (Elmer, le remue-meninges; Frankenhooker) est Ă  la fois drĂ´le et hĂ©moglo (donc respect du cahier des charges et des intentions de dĂ©part sans se cacher derrière une morale Ă  deux kopeks), fabriquĂ©e avec une absence de sĂ©rieux et de prĂ©tention qui amplifient notre enthousiasme. En usant de tout plein de clins d’oeil Ă  la sĂ©rie B (idĂ©aux pour faire un parallèle entre le vagin de dents et les scorpions), elle explore voire dĂ©samorce quelques troublants fantasmes masculins et brosse le beau portrait d’une ado libre de ses dĂ©sirs (quand elle prend son pied, son vagin reste calme; quand elle sent que le mec se fout de sa gueule, il montre les crocs) et de son beau corps, filmĂ© en full frontal lors d’une scène oĂą l’hĂ©roĂŻne se pointe nue devant une glace; et se regarde, dĂ©sirable. Avec sa fin en queue de poisson proche de celle de A Gun for Jennifer (on n’en dit pas plus), Teeth, discrètement fĂ©ministe, fait mal aux endroits les plus sensibles et devrait beaucoup amuser les amoureux de dĂ©rives bis, les vraies.

La malédiction (Richard Donner, 1977)
Quelques annĂ©es après Le BĂ©bĂ© de Rosemary et L’Exorciste, l’Ă©vocation du Diable produisait toujours le mĂŞme effet, comme en tĂ©moignait Ă  l’Ă©poque le succès de La MalĂ©diction. RĂ©alisĂ© avec le modeste budget de 2.5 millions de dollars, ce petit film d’Ă©pouvante s’appuyait sur un casting improbable pour le genre (Gregory Peck) et allait rĂ©vĂ©ler un grand rĂ©alisateur du nom de Richard Donner. Trente ans après, La MalĂ©diction n’a pas pris une ride et provoque toujours le mĂŞme malaise.

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