[VOX POPULI] Le top 5 chaos de Andres Komatsu

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Notre lecteur Andres Komatsu donne ses cinq films Chaos préférés au monde (et va réaliser fin octobre un court métrage intitulé Le chaos viendra des limbes, à soutenir ici). Pour envoyer vos textes: redaction@chaosreign.fr

Blair Witch 2: The book of Shadows (Joe Berlinger, 2000)
Immolé par la critique lors de sa sortie en salles et condamné encore aujourd’hui par une grande partie des fans du premier, je ne peux m’empêcher d’avoir une affection particulière pour cette suite MTV dont la réalisation a été confiée à Joe Berlinger qui jouissait à cette époque d’un jolie succès suite à la diffusion de son documentaire Paradise Lost: The Child Murders at Robin Hood Hills. Narrant une affaire de meurtre dans laquelle trois adolescents de l’Arkansas, ayant un penchant pour les vêtements noirs et le heavy metal, ont été accusés du meurtre de trois garçons de huit ans lors d’un rituel satanique. Blair Witch 2: Book of Shadows alterne found footage (terme anglais désignant la récupération de bandes-vidéos) et séquences tournées en studios. Son charme réside dans le montage/découpage volontairement chaotique, l’alternance flash back/flash forward et sa mise en scène digne des meilleurs séries B des années 90/2000. Joe Berlinger en aura par ailleurs fait les frais et la critique à maintes reprises. N’étant pas satisfait des projections tests, la production décidera de supprimer plusieurs séquences et d’en tourner de nouvelles avec un autre réalisateur (qui n’a jusquà aujourd’hui jamais été crédité). Un director’s cut serait le plus que bienvenu. J’ai eu la chance d’assister à la projection de ce film au cinéma lors de sa sortie. La campagne promo était impressionnante.

Tesis (Alejandro Amenabar, 1996)
Redécouvert récemment en Dvd, Tesis est un thriller espagnol qui aborde la thématique de “la violence comme nourriture à nos instincts triviaux”, très en vogue dans les années 90 avec (entre autres) le 8 Mm de Joel Schumacher (RIP). Tourné à l’Américaine et en 35 mm, le film nous tient en haleine de bout en bout et montre une maîtrise aussi bien dans sa mise en scène (éclairages soignés, montage clippesque, cadrages…) que dans son scénario aux multiples rebondissements. Le climat se veut trouble, anxiogène, chacun s’avère potentiellement suspect. Un vrai petit bijou de série B. Ce film marque par ailleurs les débuts d’Alejandro Amenabar que l’on découvre autoritaire et dictatorial dans le making-of. À quand un remake/reboot?

X Files – Fight the future (Rob Bowman, 1998)
Le film, se situant chronologiquement à la fin de la saison 5, a été confié à l’excellent Rob Bowman qui reste à ce jour incontestablement l’un des meilleurs réalisateurs de la série. Le film reprend toute la thématique/mythologie/mysticisme autour de “l’huile noir” (ou cancer noir comme certains aiment l’appeler) pour le plus grand plaisir des fans. Non seulement elle nous rappelle ce qu’est X Files, à savoir une série pour adulte, mais aussi et surtout “parce que nous voulions savoir” (Mulder). Et encore une fois nous ne sauront pas ou peu. Mais d’autres informations nous seront révélés et c’est déjà pas mal. Il est devenu pour moi absolument nécessaire de regarder ce film au moins 1 fois par an. La dernière fois, nous étions en sous-marin avec un groupe d’ami.e.s avec pour objectif d’occuper un local commercial abandonné par ses propriétaires depuis quelques années.

The Last Minute (Stephen Norrington, 2001)
Troisième long-métrage du réalisateur de Blade (1998), Stephen Norrington est en passe de mettre fin à sa carrière de cinéaste lorsqu’il réalise ce film. Il le fera quelques années plus tard après la sortie du catastrophique La ligue des gentlemen extraordinaires qu’il reniera jusqu’à son dernier souffle. Le charme de cette petite production anglaise repose dans son style ou tout s’enchaîne à grande vitesse. L’impression d’un rollercoster géant ou tout le monde peut disparaître et/ou mourir d’un instant à l’autre. On reconnaîtra sa patte dans les scènes de boite de nuit. La “faute” à un blood bath devenu légendaire. Le récit s’avère semi-autobiographique et on ne peut s’empêcher d’imaginer un jeune Norrington parlant à la place de son personnage principal. Nous narrant son ascension fulgurante jusqu’à sa descente aux enfers le poussant à devoir/vouloir se reconstruire avec le chaos comme seul point de repère. The Last Minute est incontestablement l’un de mes films préféré. Mention spéciale au fantastique (et que j’admire par dessus-tout) Ugo Kier en “Nazi Fashion Shooter”.

Les nuits rouge du bourreau de jade (Julien Carbon et Laurent Courtiaud, 2011)
Aussi exigeant dans sa forme que débauché et immoral dans son écriture, cette série B (de luxe diront nous) fait partie d’une très/trop longue liste de films de genre produits et réalisés par des auteurs français mais comme toujours, haït par la presse et bénéficiant (évidemment) d’une très faible exploitation. Comment en sommes-nous arrivés à ce point de détestation pour le cinéma fantastique produits en France? C’est la question que je me pose encore aujourd’hui . Et même lorsqu’ils sont appréciés (Le Pacte des Loups, 2001) les auteurs n’ont pas d’autre choix que celui de rejoindre des pays étrangers afin de pouvoir continuer à façonner des œuvres singulières qui pourraient aisément trouver leur public ici même pour peu qu’on leur accorde/donne les moyens. Carrie Ng est magistrale dans son rôle de dominatrice/tueuse torturant ses victimes avec beaucoup de sadisme.

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