Notre lecteur Anatole Trepos donne ses 5 films Chaos préférés au monde. Vous aussi, envoyez vos textes, tops, critiques… à redaction@chaosreign.fr

Animal Kingdom (David Michod, 2010)
C’est le premier film de l’australien David Michod, le réalisateur de Rover (2014), film post-apo dans la lignée des premiers Mad Max où l’on suit un clodo (Guy Pearce) et un attardé (Robert Pattinson) lancés à la poursuite d’une voiture volée par un gang. 
Animal Kingdom, dont l’adaptation en série, pourtant incomparable, est sûrement désormais plus connue que le film originel, relate lui l’histoire d’une famille de truands à Melbourne. Un sujet déjà bien épuisé et pourtant… La froideur clinique de la mise en scène, l’expression autiste de l’acteur principal (l’inconnu et génial James Frecheville), le sourire terrifiant de Jacki Weaver, les irruptions de violence et la prestance de Ben Mendelsohn en tueur héroïnomane, donnent au tout une incroyable force hypnotique. Renversant.

Insurrection (Jan Kosama, 2014)
En France, c’est un obscur direct-to-DVD que personne n’a vu. En Pologne, sa sortie fut un évènement sans précédent. Ce film raconte la destruction de Varsovie par les nazis du point de vue de quelques jeunes résistants, presque en temps réel, quartier par quartier. 
Et c’est une claque. Réalisé avec environ 5 millions d’euros, soit le budget d’un film social français, Jan Kosama est parvenu, grâce à une multitude d’effets, une tension et une action constantes, à faire illusion et à se comparer à certains maîtres du genre. Une prouesse en soi. Vues subjectives, slow-motions à outrance, même d’horribles notes de dubstep: aussi kitsch et de mauvais goûts que soient certains partis pris, je n’ai pas pu résister à toute la sincérité et à la radicalité de ce film tragique. La scène où une pluie de sang retombe sur les personnages après une explosion reste dans les mémoires.

J’ai Rencontré le Diable (Kim Jee-Woon, 2011)
Un film bien connu des lecteurs de Chaos, et qui a forcément sa place dans mon top. Complètement excessif, violent jusqu’au cartoonesque, J’ai Rencontré le Diable est une plongée en enfer dont on ne revient pas intact. Jamais un thriller ne m’avait autant transporté, jamais la vengeance n’avait été aussi nihiliste et mélancolique.

A Tombeau Ouvert (Martin Scorsese, 1999)
Avec After Hours, The King of Comedy et quelques autres, Bringing Out the Dead fait partie de la filmographie plus confidentielle de Martin Scorsese. Quelle injustice…
 Ces quelques heures chaotiques dans la nuit New-Yorkaise avec Nicolas Cage, en ambulancier halluciné et insomniaque qui perd petit à petit le contact avec la réalité, sont une certaine incarnation de la grâce.

Section 99 (S. Craig Zahler, 2017)
Comme les autres films du réalisateur (Bone Tomahawk, Dragged Across Concrete) et malgré la juste consternation de la communauté cinéphile, Brawl in Cell Block 99 a été privé de sortie en salle en France… Trop dingue, trop radical. Comme pour son western de Bone Tomahawk, S. Craig Zahler fait débuter son film de prison par un réalisme âpre avant de le faire cheminer doucement vers un cauchemar dément. On y découvre que Vince Vaughn, pourtant habitué aux daubes, est un acteur incroyable, une transformation qui ferait passer le changement de registre d’Adam Sandler chez les frères Safdie pour une simple pirouette.

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