Midsommar le jour, Midsommar la nuit. On hallucine les yeux ouverts sous le soleil de minuit du film de Ari Aster. C’est au tour de notre lecteur Christophe Semont de nous envoyer sa missive. Pour envoyer vos avis, vos critiques, vos coups de gueule, un mail: redaction@chaosreign.fr

«Malgré des différences de traitement somme toute mineures (le choix de l’atmosphère obscure ou lumineuse est la plus évidente), le nouveau film d’Ari Aster se situe dans la lignée directe de son premier opus Hérédité avec une évidence thématique qui saute aux yeux.
Tout commence avec un trauma familial qui va confronter un groupe (la famille d’Hérédité, le groupe d’amis gravitant autour du couple de Midsommar) à des manifestations de plus en plus oppressantes et étranges jusqu’au dénouement final où, plongé au fond de l’abime, le personnage central trouve enfin sa propre voie et révèle sa vraie personnalité.
Ari Aster est un cinéaste habité par des visions et des thèmes que l’on devine récurrents après seulement deux films. Le dysfonctionnement familial (le rapport mère fils dans Hérédité, le délitement d’un couple dans Midsommar) traité comme catalyseur des événements à venir s’accompagne systématiquement de représentations d’enfants difformes et d’une étrange fascination pour les têtes éclatées en gros plan, véritable gimmick pour le cinéaste. Mais là où Hérédité utilisait l’argument fantastique sans beaucoup de retenue lors d’un final filmé sur le fil du rasoir, Midsommar se veut plus nuancé dans son approche du mal.
Nul besoin de recourir à une quelconque sorcellerie (même si la scène de l’accouplement fait écho au final d’Hérédité) pour illustrer le cauchemar éveillé vécu par Dani et ses amis au sein d’une secte suédoise.
[SPOILER] Si Ari Aster invoque une fois de plus une mythologie païenne adepte des sacrifices humains, l’argument surnaturel s’efface au profit d’un voyage initiatique à base de psychotropes et de cultes anciens. [FIN DU SPOILER]
A l’heure où la plupart des films d’horreurs adoptent une surenchère d’effets spéciaux et de jump scares, Ari Aster fait preuve d’une maîtrise formelle apte à créer un véritable malaise en jouant sur le jeu des acteurs, les distorsions visuelles ou un simple cadrage en gros plan.
Mêlant une nouvelle fois habillement le désordre psychologique de son héroïne et l’environnement cauchemardesque où elle se retrouve plongée malgré elle, le réalisateur nous prouve une fois de plus que l’on peut faire de ses obsessions les plus profondes un spectacle malin et véritablement dérangeant. Le vrai pari sera pour ce cinéaste plein d’avenir d’arriver à se renouveler sans tomber dans le piège de la répétition.» C.S.

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