[VITE VUS 🔴] “Olga” de Elie Grappe & “Laurent Garnier: Off the Record” de Gabin Rivoire

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Séances de rattrapage pour Olga de Elie Grappe et Laurent Garnier: Off the Record de Gabin Rivoire.

Petit mot, en préambule, sur l’épatant Olga (★★★) de Elie Grappe (cinéma). L’action se déroule en 2013, aux premiers temps de la révolution de Maïdan, un mouvement populaire qui aboutira au renversement du régime autoritaire pro-russe de Viktor Ianoukovitch, suivi de l’annexion de la Crimée par Moscou. Une gymnaste de 15 ans (Nastya Budiashkina) est tiraillée entre la Suisse, où elle s’entraîne pour le Championnat Européen en vue des JO et l’Ukraine où sa mère, journaliste, couvre les événements d’Euromaïdan. Qu’on se mette d’accord: le film fonctionne très bien, porté par le regard ombrageux de cette jeune athlète appelée à prendre (trop) tôt ses responsabilités, et pas vraiment à son aise au milieu des sportives suisses, aka les chipies du vestiaire. Mais, découvert au dernier Festival de Cannes où il était présenté (dans la section Semaine de la critique), il avait aussi quelque chose de cette petite musique festivalière plus vraiment fraîche, mines sombres et scènes d’entraînement intensif en mode coup de poing, qui nous avait un peu tenu à distance. Reste la promesse d’un regard de cinéma bluffant, seulement vingt-sept ans: Elie Grappe, qui a commencé à travailler dès 2016, après sa sortie d’école de cinéma, sur ce long-métrage. Sans lien personnel avec l’Ukraine, il a passé du temps dans ce pays pour préparer son film, plongeant dans le bouillonnement post-révolutionnaire et s’entourant d’intellectuels pour construire le scénario, co-écrit par la scénariste Raphaëlle Desplechin.

Parlons bien, parlons Laurent Garnier: Off the Record (★★) de Gabin Rivoire (cinéma) que Sina a découvert au Festival de Dinard. Un documentaire qui rend hommage au pape des DJ, le «Dj de tous les DJ» : Laurent Garnier, pionnier de la techno française, et célèbre créateur/passeur de sons. Detroit, Tokyo, Berlin, Londres, Paris, il a mixé partout, pendant presque toute sa vie. Dans le décor de sa maison de campagne, Laurent Garnier nous raconte son parcours avec enthousiasme et le sourire aux lèvres. On le voit bidouiller ses premières platines, classer ses vinyles, tout en nous expliquant pourquoi la techno a changé la musique. Une musique qui trouve ses origines à la fin du disco, dans des boites de centre-ville américains, aujourd’hui disparues. Au spectateur expérimenté, le documentaire de Gabin Rivoire offre une histoire peu originale, pleine de lieux communs, dont on n’a pas fini de remonter le cours. Preuve en est, il suffit de regarder n’importe quel documentaire concernant un artiste pour se rendre compte qu’il s’agit du même type d’écriture: un début (les débuts de l’artiste), un milieu (là où ça a failli déraper), et une fin (la prospérité de l’artiste une fois tous les pièges évités). Mais si on a pu voir un nombre conséquent de films ayant pris cette forme comme une obligation, ce dernier s’apprécie par son coté léger et amateur. Gabin Rivoire n’avait jamais réalisé de documentaire avant. Certes, les faiblesses sont visibles, mais on pardonne; surtout une fois arrivée à la seconde moitié du film, qui se concentre sur le caractère obsessionnel de Garnier, à l’époque où il enchaînait les sets de DJ, la nuit, et le service militaire, le jour. Un aspect peu connu du grand public. Souvent, il faut pousser à l’extrême son corps et son mental pour réussir. Aller puiser au plus profond de ses ressources, sans savoir si ce qu’on fait est bon ou mauvais. «Living on the edge» comme disent les Anglo-saxons. Un vrai challenge, que peu de gens sont en capacité d’accepter. À notre époque où l’industrie de la musique est éclatée, entre les réseaux sociaux et les rave parties interdites, mais où, paradoxalement, la vente de disques vinyles explose, il est important de revenir aux fondamentaux, et de s’intéresser à un musicien qui a fait de la découverte de disque, un mode de vie. A noter que Laurent Garnier: Off the Record, s’il est actuellement en salles, sera disponible en DVD, Blu-ray le 8 décembre.

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