[VITE VUS 🔴] “No One Gets Out Alive” de Santiago Menghini & la série “Octobre” de Søren Sveistrup

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Séances de rattrapage pour No One Gets Out Alive de Santiago Menghini & la série Octobre de Soren Sveistrup, tous deux sur Netflix.

Comme dirait Alain R. de Marienbad, on connaît la chanson. Toutes les chansons. Nombreuses sont les netflixeries horrifiques à passer un peu sous les radars, No One gets Out Alive (★★) de Santiago Menghini (SVOD) est l’une d’elles (tu m’étonnes avec un titre pareil…). Et tente le gimmick piège du moment: du social qui pique et de l’horreur sale main dans la main. Attention petit lapin, tu vas te prendre les mains dans la porte… Projetée dans un Cleveland de givre, une jeune mexicaine à la dérive, traverse toutes les galères type de l’immigration sauvage: elle loge alors dans une immense baraque utilisée justement pour faire cracher des sommes ridicules à des réfugiés, de préférence des femmes. Bien entendu, la bicoque se révèle être hantée, corsant la vie déjà bien difficile de la jeune femme. On connaît donc bien la rengaine (remember Her House l’année dernière à la même période), mais dès les premières images, No One Gets Out Alive de Santiago Menghini se défend ardemment par un visuel léché, lugubre et immersif, loin de la plastique anonyme de la plupart des petits budgets récents. C’est d’ailleurs ce qui sauve cette petite bande au scénario convenu, partagée entre clichés interdits (le proprio hirsute et bougon, le fantôme de la mère défunte comme symbole de la culpabiliTAY…) et sous-texte politique pauvrissime. Mais on le dit et on le répète, la réalisation solide laisse entendre un avenir assez intéressant à son réalisateur Santiago Menghini. Une idée qu’on entrevoit d’autant plus que David Bruckner, lui aussi passé par la case Netflix, semble avoir beaucoup apposé sa patte sur le projet: même premier degré à la dent dure, même croyance en l’horreur, même fascination pour les rituels interdits et les créatures impossibles (dans ce précis, on y croise le monstre le plus original vu cette année!). Bref, on a bien envie de défendre cette petite chose.

Toujours sur la plateforme, on a rattrapé Octobre (★★) de Søren Sveistrup (SVOD), à qui l’on doit la série The Killing en 2007 et qui adapte ici son propre (premier) roman noir (The Chestnut Man, succès international lors de sa sortie en 2018, paru en France aux éditions Albin Michel). Plus précisément, une mini-série avec six épisodes au compteur, chacun durant près d’une heure, où deux policiers de Copenhague que tout sépare (Danica Curcic et Mikkel Boe Følsgaard) doivent enquêter sur une série de meurtres sordides, le tout articulé sur fond d’enjeux politiques. Soit une traque au tueur en série où une petite poupée bricolée avec des marrons et des bouts de bois sème l’angoisse (sachez-le, faire des petits bonhommes en marrons est une activité chez les enfants très répandue au Danemark) et semble particulièrement viser une ministre dont l’enfant a 12 ans a disparu un an plus tôt. L’enjeu est clair: que font les empreintes de cette jeune victime sur les fameux bonshommes en marron? That’s the question, et la série a le bon goût, pour le coup, de nous donner une réponse satisfaisante. A la fin de la mini-série, on sait absolument tout du pourquoi du comment, et c’est paradoxalement la faiblesse d’une telle entreprise: aucune place au mystère, tout y est surligné jusque dans les intentions, voire dans les messages clignotants sur l’amour filial, notamment à travers la jeune inspectrice ambitieuse qui mène l’enquête pour retrouver le tueur en série en sacrifiant sa vie de famille et sa propre vie. C’est aussi clair que le titre français de la série: ça s’appelle Octobre car toute l’enquête va se dérouler au mois d’octobre. Tout ça pour dire que c’est exactement comme pour Squid Game: c’est pas génial – dans le cas présent, intrigue pas follement originale, grosses ficelles, personnages archétypaux, clichés et invraisemblances en veux-tu en voilà… – mais c’est l’équivalent du page-turner, cette expression qui sert à qualifier un livre particulièrement haletant, et ce dans une belle ambiance automnale idoine.

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