Un homme dont la famille a été attaquée par des voyous rejoint une organisation d’auto-défense. William Lustig surfe sur la vague du polar sécuritaire née aux États-Unis dans les années 70 mais, par son ambiguïté, déjoue le manichéisme. Toujours aussi percutant.

Chemise ouverte, veste en cuir et dents serrés, Fred Williamson commandite son petit groupuscule d’auto-défense, prêt à débroussailler de la racaille new-yorkaise. Robert Forster, l’honnête homme, l’agneau made in america, refuse de s’immiscer dans ce clan armé jusqu’aux dents jusqu’à que son petit garçon finisse en mousseline après un vilain coup de shotgun. La justice et les tribunaux ne suffiront pas, et la guerre des rues est déclarée. Bref, vous connaissez bien le topo des vigilantes, ce sous-genre musclé et rocailleux du cinéma d’exploitation qu’il vaut mieux revoir avec le plus grand des reculs, surtout en ces temps fort troublés. Bien nommé pour le coup, Vigilante est peut-être un de ses représentants les moins crapouilleux et l’un de ses plus réussis. Plus éloigné de l’apprêté presque documentaire de son Maniac, William Lustig signe la série b carrée par excellence, stylisée et brutale, pas loin de jouer d’ailleurs sur le même terrain que le John Carpenter de l’époque. Et impossible de ne pas évoquer le score grisant et explosif de Jay Chattaway, qui y signe sans contestation possible sa meilleure partition.

Multi-diffusé sur le câble, Vigilante avait eu droit à une petite édition dvd sans prétention en 2003. En 2010, William Lustig le place entre son Maniac et son Maniac Cop dans sa collection blu-ray Blue Underground. Neuf ans plus tard, et sans aucun doute pour faire coup double avec la sortie de leur édition de Maniac, Le chat qui fume porte l’édition américaine à l’identique sur notre territoire, avec une copie d’une précision diabolique et le maousse commentaire audio – réunissant Lustig, Williamson, Forster et Pesce – cette fois sous-titré dans la langue de Molière. Histoire de ne pas repartir les mains vides, un entretien de 50 minutes avec Fathi Beddiar finit d’habiller la section bonus: l’auteur de Tolerance Zero: la justice expéditive au cinéma remonte aux origines du Vigilante en plus d’apporter de nombreuses anecdotes sur le film. “Deux bonus seulement” hurleront les gourmands, mais cela suffit à ce que le petit baril de poudre filmique de Tonton Lustig n’ait plus de secret pour vous comme pour nous…

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