[UNE NUIT TROP NOIRE] Tom McLoughlin, 1981

Même Fulci n’était peut-être pas allé aussi loin.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Afin d’intégrer une fraternité universitaire, Julie doit passer une série d’épreuves initiatiques. La dernière et la plus difficile : passer la nuit seule dans un mausolée érigé au centre d’un gigantesque cimetière. Dans cet imposant monument funéraire, vient juste d’être inhumé Raymar, puissant mage diabolique, affublé de pouvoirs psychiques colossaux…

On pourrait vous parler pendant longtemps du charme des séries b d’horreur des années 80, purs cauchemars flashy qui brûlèrent la rétine d’enfants égarés devant la défunte chaîne La Cinq. Et plus précisément devant Les accords du diable, où Catherine Falgayrac, pas encore disposée au télé-achat, devenait littéralement la Elvira française devant une assemblée de spectateurs médusés (même si au fond, tout le monde trouvait ça normal). Le plus inimaginable étant que l’émission débutait avant tout en prime-time, ce qui causera autant de traumatismes que de vocations au cinéma de genre. On était loin des Jeudis de l’Angoisse de M6, rendez-vous hebdomadaire plus nocturne qui finira sa course en censurant à tout va. Le CSA était passé par là…

Tout ça pour dire que le délicieux One Dark Night faisait partie sans doute de cette légendaire lignée de séries b balancées à l’heure du dodo, même s’il faut bien se rendre compte que le film n’est ni culte aux États-Unis, ni en France. Ce qui, vu le résultat, paraît assez injuste. Car One Dark Night, à l’inverse de beaucoup de série b réjouissantes de ces années-là (les Demoni, les Night of the Demons, Spookies et autres Waxwork), ne fait pas rire du tout. En fait, il fait même carrément peur, ce qui peut franchement surprendre si on s’attend à passer un petit moment fun.

Ex starlette mignonette des 80’s, Meg Tilly n’était pas encore lancée, et joue la vierge éplorée en tentant de gagner le respect d’une bande de girls façon Pink Ladies dans Grease. Évidemment cruelles, elles lui lancent comme suprême défi de rester une nuit entière dans un mausolée, attendant le moment propice pour lui foutre la trouille. Mais ce soir-là, on a inhumé le corps d’un sorcier télépathe, responsable d’un récent carnage. Et pas sûr que le bougre soit moribond à 100 %…

Un petit pitch con comme la lune, visiblement destiné à surfer sur un déjà lointain Phantasm: sauf que le film de Tom McLoughlin (à qui on devra l’un des rares bons Vendredi 13, à savoir Jason le mort-vivant) vaut bien celui de Coscarelli dans la bizarrerie. Ce qui saute aux yeux, c’est le climat pesant, morbide, et finalement assez inédit dans ce genre de production. Le sempiternel thème du mort-vivant est même illustré de la manière la plus inquiétante et la plus surréaliste qui soit, avec des cadavres en lévitation, plutôt que de véritables zombies à la Romero. Avec en prime, un soin presque malaisant apporté aux maquillages, louchant davantage vers un réalisme nauséeux que du spectaculaire de bande-dessinée: chair ratatinée, difforme, fondue, rongée.

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