MĂȘme Fulci n’était peut-ĂȘtre pas allĂ© aussi loin.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Afin d’intĂ©grer une fraternitĂ© universitaire, Julie doit passer une sĂ©rie d’épreuves initiatiques. La derniĂšre et la plus difficile : passer la nuit seule dans un mausolĂ©e Ă©rigĂ© au centre d’un gigantesque cimetiĂšre. Dans cet imposant monument funĂ©raire, vient juste d’ĂȘtre inhumĂ© Raymar, puissant mage diabolique, affublĂ© de pouvoirs psychiques colossaux


On pourrait vous parler pendant longtemps du charme des sĂ©ries b d’horreur des annĂ©es 80, purs cauchemars flashy qui brĂ»lĂšrent la rĂ©tine d’enfants Ă©garĂ©s devant la dĂ©funte chaĂźne La Cinq. Et plus prĂ©cisĂ©ment devant Les accords du diable, oĂč Catherine Falgayrac, pas encore disposĂ©e au tĂ©lĂ©-achat, devenait littĂ©ralement la Elvira française devant une assemblĂ©e de spectateurs mĂ©dusĂ©s (mĂȘme si au fond, tout le monde trouvait ça normal). Le plus inimaginable Ă©tant que l’émission dĂ©butait avant tout en prime-time, ce qui causera autant de traumatismes que de vocations au cinĂ©ma de genre. On Ă©tait loin des Jeudis de l’Angoisse de M6, rendez-vous hebdomadaire plus nocturne qui finira sa course en censurant Ă  tout va. Le CSA Ă©tait passĂ© par là


Tout ça pour dire que le dĂ©licieux One Dark Night faisait partie sans doute de cette lĂ©gendaire lignĂ©e de sĂ©ries b balancĂ©es Ă  l’heure du dodo, mĂȘme s’il faut bien se rendre compte que le film n’est ni culte aux États-Unis, ni en France. Ce qui, vu le rĂ©sultat, paraĂźt assez injuste. Car One Dark Night, Ă  l’inverse de beaucoup de sĂ©rie b rĂ©jouissantes de ces annĂ©es-lĂ  (les Demoni, les Night of the Demons, Spookies et autres Waxwork), ne fait pas rire du tout. En fait, il fait mĂȘme carrĂ©ment peur, ce qui peut franchement surprendre si on s’attend Ă  passer un petit moment fun.

Ex starlette mignonette des 80’s, Meg Tilly n’était pas encore lancĂ©e, et joue la vierge Ă©plorĂ©e en tentant de gagner le respect d’une bande de girls façon Pink Ladies dans Grease. Évidemment cruelles, elles lui lancent comme suprĂȘme dĂ©fi de rester une nuit entiĂšre dans un mausolĂ©e, attendant le moment propice pour lui foutre la trouille. Mais ce soir-lĂ , on a inhumĂ© le corps d’un sorcier tĂ©lĂ©pathe, responsable d’un rĂ©cent carnage. Et pas sĂ»r que le bougre soit moribond Ă  100 %


Un petit pitch con comme la lune, visiblement destinĂ© Ă  surfer sur un dĂ©jĂ  lointain Phantasm: sauf que le film de Tom McLoughlin (Ă  qui on devra l’un des rares bons Vendredi 13, Ă  savoir Jason le mort-vivant) vaut bien celui de Coscarelli dans la bizarrerie. Ce qui saute aux yeux, c’est le climat pesant, morbide, et finalement assez inĂ©dit dans ce genre de production. Le sempiternel thĂšme du mort-vivant est mĂȘme illustrĂ© de la maniĂšre la plus inquiĂ©tante et la plus surrĂ©aliste qui soit, avec des cadavres en lĂ©vitation, plutĂŽt que de vĂ©ritables zombies Ă  la Romero. Avec en prime, un soin presque malaisant apportĂ© aux maquillages, louchant davantage vers un rĂ©alisme nausĂ©eux que du spectaculaire de bande-dessinĂ©e: chair ratatinĂ©e, difforme, fondue, rongĂ©e.

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