[TOP 20] Les meilleurs jeux vidéo du survival horror

0
607

Apparu il y a près de 30 ans, le genre survival horror est aujourd’hui l’un des plus prisés du jeu vidéo. Chaque année, on voit en effet plus d’une quinzaine d’œuvres vidéoludiques du cru envahir nos différentes consoles, tandis que les succès récents de Among Us ou The Last Of Us 2, des jeux flirtant avec l’horreur, entérinent l’engouement des joueurs pour ce genre. En cette période d’Halloween propice à l’effroi, l’occasion de sortir un top des vingt meilleurs jeux du survival horror était trop bonne. Œuvres clefs, pionnières, ou majeures se télescopent dans cette indispensable liste. De quoi apporter du frisson dans vos journées et nuits mornes d’un automne déjà déclinant.

20. Sweet Home (1989)
Précurseur du jeu vidéo d’horreur moderne, Sweet Home édité par Capcom en 1989, est également l’adaptation du film éponyme réalisé par le maître de la j-horror: Kiyoshi Kurosawa. Uniquement sorti au Japon sur NES (la première Nintendo), il marquera le genre du survival horror avec ses énigmes à résoudre, son inventaire limité et ses petites cut-scenes stressantes entre chaque ouverture des portes du Manoir – Capcom s’en souviendra quelques années plus tard lors de la conception de Resident Evil (1996). Sweet Home est certes visuellement daté, et son gameplay pâtît d’une rigidité propre aux jeux vidéo de l’époque, il conserve toutefois un charme indéniable grâce à ses énigmes visuelles et les animations chatoyantes d’un bestiaire plutôt varié (squelettes, zombies, poupées, etc.).

19. Alone In The Dark (1992)
Considéré à juste titre comme le premier véritable survival horror de l’histoire, Alone In The Dark (1992), des français d’Infogrames, permet d’incarner des personnages jouables en polygones dans des décors pré-calculés. Premier jeu d’horreur en 3D, il est librement inspiré des œuvres de H.P. Lovecraft (Infogrames avait obtenu les droits du jeu de plateau L’Appel de Chtulhu), et également des films de morts-vivants de Romero. Plutôt similaire à Sweet Home en matière d’expérience de jeu, une aventure horrifique au sein d’un manoir peuplé de zombies dans lequel il faut résoudre des énigmes, Alone In The Dark a surtout fait date grâce à ses animations 3D révolutionnaires, son sens du jump-scare et son ambiance macabre. Un autre jeu qui donnera des idées au fer de lance du genre: Resident Evil.

18. Until Dawn (2015)
On fait un bond de 23 ans dans le temps avec Until Dawn, le jeu d’horreur en film interactif de Supermassive Games sorti sur PS4 en 2015. Mêlant slasher et film de monstre, Until Dawn reprend le concept du jeu vidéo en film interactif (le gameplay est minimaliste, et le joueur doit la plupart du temps se cantonner à faire des choix) pour le transposer dans l’horreur pure, avec succès. Tout mauvais choix pouvant entraîner la mort soudaine d’un des protagonistes, le jeu teste la culture cinématographique du joueur en le poussant à agir de manière à la fois intuitive et raisonnée – le challenge étant de boucler l’aventure en ayant sauvé tout le monde. Until Dawn convoque tout un pan de l’horreur 90’s et 2000’s: Scream, Souviens-toi l’été dernier, Saw, The Descent, etc. Un alliage audacieux et réussi qui profite d’une réalisation toujours convaincante, même 6 ans après, et d’un casting luxueux (Hayden Panettiere, Rami Malek, Peter Stormare).

17. Forbidden Siren (2003)
Survival horror culte de la Playstation 2, Fordidden Siren a marqué le jeu vidéo par son ambiance atrocement lugubre, son scénario non linéaire et son gameplay original. Situé dans le village fictif d’Hanuda, isolé au cœur des montagnes, il plonge le joueur dans un environnement hostile, peuplé de zombies immortels (les “shibitos”), qui pousse le joueur à préférer la fuite et l’infiltration plutôt que l’affrontement direct. L’inventaire limité, l’absence de trousses de soin et la maniabilité archaïque des dix personnages jouables de l’aventure (sans parler de l’infernal menu du jeu) rendent de toute manière toute autre option caduque. La mécanique de “Vision”, qui permet de voir à travers les yeux des “shibitos” et d’entendre leur voix intérieure, est la meilleure arme du joueur afin de progresser au cours d’une aventure en 64 épisodes semblable à un interminable cauchemar.

16. Project Zero (2001)
L’autre saga phare du survival horror nippon, Project Zero (Fatal Frame aux USA) a connu une période faste pendant les années 2000 avec pas moins de 4 épisodes sortis entre 2001 et 2008, avant un retour mitigé en 2014 avec un cinquième épisode sur Wii U. Project Zero premier du nom, avait ramené le genre du survival horror à son principe de “survie”, alors que Resident Evil penchait de plus en plus vers l’action et que Silent Hill s’affirmait comme l’œuvre maîtresse en matière d’horreur psychologique. Armé seulement d’un appareil photo, le joueur devait progresser à l’intérieur d’un manoir hanté en se débarrassant en chemin de yurei (les fantômes vengeurs) paraissant sortir tout droit d’une œuvre de j-horror – genre cinématographique d’ailleurs en vogue à l’époque. Blindé d’énigmes plus ardues que la moyenne, Project Zero est un monument de l’horreur vidéoludique qui offrit à sa sortie une alternative pleine de frissons aux séries reines du genre.

15. Resident Evil 7 : Biohazard (2017)
Première entrée de la série mère du survival horror dans ce top (et pas la dernière), Resident Evil 7: Biohazard fut l’épisode du renouveau pour le dinosaure du genre. Après des années à épuiser une recette éculée, en s’orientant toujours plus vers l’action, Resident Evil entama un virage à 180 degrés en 2017. Finis les zombies, la caméra derrière l’épaule du personnage et les séquences de shoot hors de propos. Resident Evil 7: Biohazard revenait à la quintessence de l’horreur en s’inspirant de ce qui se faisait de mieux dans le monde du survival horror indépendant: vue subjective, munitions au compte-gouttes, phases de cache-cache et exploitation d’un décor unique (la ferme des terrifiants Baker). A nouvelle formule, nouvelles têtes. Exit Umbrella Corporation (ou presque), bienvenue en Louisiane, son ambiance poisseuse à la Massacre à la tronçonneuse, et sa famille de rednecks cannibales lancés à votre poursuite, ou plutôt celle d’Ethan Winters nouveau héros attachant. Si Resident Evil 7: Biohazard ne tient pas toutes ses promesses sur la durée, il offre, dans sa première moitié, certainement les meilleures heures de jeu passées sur un Resident Evil.

14. Luigi’s Mansion 3 (2019)
On n’associerait pas d’emblée la franchise Super Mario au survival horror, et pourtant toute personne ayant un jour posé ses mains sur l’un des jeux de la mythique saga de Nintendo, se souvient forcément des niveaux se déroulant dans le royaume des Boo – ces coquins de fantômes invincibles auxquels il ne faut jamais tourner le dos. Jeu de lancement de la Gamecube en 2001, Luigi’s Mansion fut la première aventure consacrée uniquement au frère longiligne et trouillard du plombier moustachu, aux prises avec Roi Boo et sa horde de fantômes farceurs dans un manoir hanté. Luigi’s Mansion 3, sorti en 2019 sur Nintendo Switch, est l’épisode le plus abouti de cette saga dérivée, s’accordant même quelques jump-scares efficaces et des décors réussis et variés, au sein d’un gigantesque hôtel. Si le gameplay reste globalement le même, préférant la lenteur et l’exploration des moindres recoins du level-design (et ses nombreux secrets) aux acrobaties vertigineuses et délirantes de Mario, Luigi’s Mansion 3 a la bonne idée d’introduire un double en slime de son peureux d’héros, venant garnir l’éventail d’actions de son aspirateur à fantômes. Une merveille d’horreur décalée et enfantine, qu’on pourrait rapprocher des productions Amblin.

13. S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl (2007)
Véritable arlésienne du jeu vidéo durant les années 2000, S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl a fini par voir le jour en 2007, six années après sa première annonce et un développement chaotique. Devenu culte avant même sa sortie, il avait créé l’émulation grâce à son mélange de FPS, de jeu de rôle et d’horreur au sein de la fameuse Zone d’exclusion de Tchernobyl, 20 ans après les faits – ici simplement appelée «La Zone». Une dénomination qui évoque forcément quelques images aux cinéphiles, la principale inspiration du studio ukrainien GSC Game World étant Stalker d’Andreï Tarkovski (de même que le livre des frères Arcadi et Boris Strougatski). Troquant le mysticisme et le mystère du classique de Tarkovski (quoique…) pour une horreur frontale tirant profit des abominations que vous rencontrerez au cours de l’aventure, ainsi que des décors lugubres et en déliquescence de «La Zone», S.T.A.L.K.E.R.: Shadow of Chernobyl est un chef-d’œuvre d’ambiance et de survie en territoire hostile.

12. Doom 3 (2004)
Série mère du FPS, Doom a toujours flirté avec l’horreur, en mettant face au joueur des hordes échappée des enfers, après l’ouverture d’un portail sur Mars. Si les épisodes 1 et 2 ne profitaient pas de la puissance technique nécessaire pour flanquer une peur monstre, l’épisode 3 sorti en 2004 sur PC et Xbox finit par entériner l’affiliation entre Doom et le survival horror. Avec sa base de recherche d’abord froidement métallique puis atrocement organique au fur et à mesure de la progression du joueur, Doom 3 préfigurait l’arrivée d’un maître étalon du genre, Dead Space, sorti 4 ans plus tard. Si Doom 3 conserve la violence et l’aspect défouloir cathartique propre à la saga, il est le seul épisode à proposer des phases de jeu plus angoissantes, dont certaines dans le noir complet, ou dans des environnements étriqués. Enfin, le bestiaire est certainement celui le plus orienté horreur de tout Doom, entre les zombies lambdas, les massifs Hell Knight (rappelant Nemesis de Resident Evil 3), ou bien les horribles Demons (qui évoquent de leur côté les Lickers apparus dans Resident Evil 2).

11. Observer (2017)
Que serait un top horreur sans un jeu Bloober Team? Le studio Polonais qui s’est fait un nom dans les années 2010 avec des jeux comme Layers of Fear ou l’adaptation de Blair Witch, est désormais considéré à juste titre comme l’une des figures de proue de l’horreur indépendante. Plutôt que l’évidence Layers of Fear, ou la singularité du récent The Medium, il était finalement logique de mettre en avant la production la plus aboutie du studio: Observer, sorti en 2017. Transposant l’horreur psychologique de Layers of Fear dans un cadre SF faisant principalement écho aux écrits de Philip K. Dick, Observer pousse les visions horrifiques encore plus loin que son prédécesseur. Avec sa trame faisant la part belle aux rêves, et leurs porosités avec le réel, Observer offre des séquences délirantes de gravité ébranlée, de superpositions d’images ou encore de glitch cauchemardesques. En dehors des monstres qui vous pourchassent, c’est littéralement le pixel, matière première du jeu vidéo, qui devient source d’horreur. Avec en prime, Rutger Hauer qui hante de sa voix caverneuse (il prête sa voix et son visage au protagoniste) ce cauchemar vidéoludique.

10. System Shock 2 (1999)
Avant Doom 3 et S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl, il y avait en 1999 System Shock 2, dans le genre des FPS intégrant des éléments horrifiques. On croise à bord du vaisseau spatial faisant office de décor du jeu, tout un bestiaire mémorable et hostile (on est le seul survivant humain du jeu): des monstres, des fantômes, des cyborgs décharnés, des hybrides ou encore SHODAN, l’intelligence artificielle qui a pris contrôle du vaisseau et qui accompagne de sa voix entêtante le parcours du joueur. Au-delà de l’aspect horreur de System Shock 2, le jeu est surtout passé à la postérité pour son système de progression du joueur, qui peut développer des compétences en piratage ou bien en fabrication d’explosifs, lui permettant d’aborder l’aventure de la manière dont il l’entend. Un système qui donnera des idées aux futurs créateurs de Deus Ex.

9. P.T. (2015)
P.T. pour “Playable Teaser”. Mais que vient faire une démo dans un tel top ? Retiré du Playstation Store après l’annulation de Silent Hills en 2015, dont il est le mini-jeu promotionnel, P.T. n’en finit pourtant plus d’agiter sa communauté de fans – le jeu étant depuis jouable dans une version pirate sur PC. Réalisé par Hideo Kojima (le créateur de Metal Gear, et plus récemment de Death Stranding), et produit par Guillermo Del Toro, P.T. a bouleversé le genre du survival horror quelques années avant Layers of Fear et Visage. Cette démo propose un walking simulator horrifique et cryptique dans lequel le joueur doit résoudre des énigmes à la première personne, en progressant dans le corridor en L d’un appartement piégé au sein d’une boucle (presque) sans fin. A chaque fois que le joueur sort et revient dans l’appartement, des changements, subtils ou non, s’opèrent, jusqu’à prendre des tournures totalement infernales, notamment lors des apparitions de Lisa, le fantôme sanguinaire, prostré dans votre dos depuis les premières secondes de l’aventure – en 2019, un développeur de jeu a révélé cette information en modifiant l’emplacement de la caméra. Brrrrr…

8. Eternal Darkness : Sanity’s Requiem (2002)
Exclusivité de Nintendo pour sa Gamecube, Eternal Darkness: Sanity’s Requiem restera le chef d’œuvre de Silicon Knights, société ayant malheureusement fait faillite en 2014. Initialement conçu pour la Nintendo 64 (techniquement, ça se ressent), Eternal Darkness: Sanity’s Requiem est une œuvre unique dans la galaxie survival horror. Le jeu permet d’incarner 12 personnages pour autant de chapitres se déroulant à des périodes historiques différentes (notamment la Rome Antique, ou encore la France de Charlemagne). Tous sont reliés entre eux par une forme de synchronicité temporelle et un destin commun, rappelant un peu le concept de Cloud Atlas des sœurs Wachowski, et Alex, située à notre époque, en est la pierre angulaire. Elle doit, en théorie, mettre fin à une prophétie apocalyptique librement inspirée des écrits de Lovecraft (on croise des “Anciens” et une cité engloutie). Sans trop en dévoiler, tout ceci n’est qu’une machination et le jeu ne se termine pas sur un “happy ending”. Eternal Darkness: Sanity’s Requiem baigne en effet dans une atmosphère ténébreuse, propice à la folie, et cette dernière a justement une place centrale dans le jeu. En dehors des énigmes et des affrontements avec des hordes de créatures monstrueuses, le jeu propose effectivement une mécanique de gestion de la folie des personnages, qui peu à peu vont perdre pied, au point que cela se ressente dans le gameplay (glitch de l’image, paralysietemporaire, visions horrifiques, etc.). Un dispositif tordu et ingénieux, qui fait de Eternal Darkness: Sanity’s Requiem un jeu clef du survival horror.

7. Silent Hill (1999)
Nous sommes en 1999, et alors que la série Resident Evil triomphe à travers le monde depuis trois ans et pose les bases d’un nouveau genre vidéoludique, le survival horror, Konami s’apprête déjà à révolutionner l’approche de l’horreur dans le jeu vidéo avec Silent Hill. S’il s’inspire grandement de son concurrent direct – Silent Hill affiche des décors en 3D fixe, a un gameplay peu dynamique et laisse une grande place aux énigmes – le jeu de Keiichiro Toyama s’en démarque par sa narration audacieuse et son horreur, plus psychologique que purement visuelle. Puisant ses références dans L’Echelle de Jacob d’Adryan Lyne ou encore le cinéma de David Lynch, Silent Hill dérange, trouble, autant qu’il effraie. En surcroît de son scénario tordu et obscur, le jeu a également marqué par son habillage visuel et sonore, à contre-courant. La ville brumeuse de Silent Hill se révèle être un personnage à part entière du jeu, et le simple fait de l’arpenter flanque la trouille, à l’image des créatures aux traits cauchemardesques que l’on croise tout au long de l’aventure (les nurses, les bébés ensanglantés, etc.). La musique d’Akira Yamaoka dessine une atmosphère inquiétante et prégnante, même après le générique de fin du jeu.

6. Amnesia: The Dark Descent (2010)
Si on devait désigner le jeu d’horreur matriciel de la dernière décennie du survival horror, il faudrait évidemment citer Amnesia: The Dark Descent. Peaufinant le système de Penumbra: Overture, précédent jeu de Frictional Games, il met en avant une horreur basée sur la vulnérabilité du joueur, qui de fait, n’aura accès à aucune arme de toute l’aventure, et devra fuir et se cacher à chaque apparition monstrueuse (et il y en a des traumatisantes ici). Les couloirs sombres du château victorien qui sert de décor unique et labyrinthique au jeu, sont à la fois vos amis et vos ennemis, car rester trop longtemps dans l’obscurité fait monter votre jauge de santé mentale, au même titre qu’une confrontation directe avec une abomination («Grunt», «Brute», «Kaernks» et «Ombre»). L’apparente opacité du scénario, qui laisse une grande place à l’interprétation et aux non-dits, marquera également une série comme Layers of Fear. L’utilisation de la vue à la première personne sera rapidement le maître étalon du survival horror des années 2010. A l’opposé de la surenchère des séries plus mainstream, Amnesia: The Dark Descent fait le choix de la sobriété et de l’économie de moyens (délibérée, il s’agit d’un jeu indépendant), et replace la peur au cœur de l’expérience du survival horror.

5. Resident Evil 2 Remake (2018)
Marre de la mode des remakes, autant un fléau du cinéma que du jeu vidéo? Jetez quand même un œil à Resident Evil 2 Remake avant de boycotter totalement cette pratique, certes globalement nauséabonde. Réinterprétation moderne des meilleurs volets de la série Resident Evil, ce remake tire partie du moteur physique prodigieux de Resident Evil 7, le RE Engine, tout en revenant au gameplay à la troisième personne de Resident Evil 4, en plus fluide et en plus dynamique. Resident Evil 2 Remake pioche donc dans ce que la saga de Capcom a fait de mieux, afin de proposer une expérience horrifique de premier plan. Le jeu est dur, et renoue avec les galères de munition des premiers épisodes, alors que les zombies n’ont jamais été aussi longs à tuer (sans même parler des lickers, et évidemment de Mister X, ce géant qui vous suit partout, sans répit).Avec une réalisation à tomber par terre, une durée de vie conséquente (le jeu est séparé en deux scénarios aux ramifications communes) et ses protagonistes les plus attachants (Claire Redfield et Leon S. Kennedy), Resident Evil 2 Remake n’est pas loin du survival horror ultime.

4. Dead Space (2008)
Faisant fi de toute lourdeur de gameplay inhérente au genre du survival horror, Dead Space de Visceral Games s’affirma en 2008 comme le premier véritable jeu d’horreur next-gen. En supprimant l’interface traditionnelle au profit d’un menu en hologramme en temps réel, il accentuait la tension sur le joueur qui ne pouvait dès lors plus mettre le jeu en pause. Et s’il ne faisait pas figure de révolution, peaufinait la formule du survival horror à la troisième personne en camera à l’épaule mise en place par Resident Evil 4 quelques années plus tôt. Le résultat est bluffant. Le vaisseau spatial qui sert de décor au jeu, l’USG Ishimura, est vivant, de la chair, du sang et de la matière organique se substituant peu à peu à la froideur métallique de son armature. On s’engouffre seul, dans ses entrailles, comme si on descendait les neufs cercles de l’Enfer. Et les créatures qui vous attendent, les terrifiants Necromorphes, qu’on ne peut tuer qu’en les démembrant, semblent sortir tout droit d’une dimension infernale, d’un outre-monde barkerien ou beksinskien. Au bout du cauchemar, le joueur sort lessivé et tourmenté d’une aventure qui tire son inspiration de films tels qu’Aliens de James Cameron, 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, Ghosts of Mars de John Carpenter ou Event Horizon de Paul W.S. Anderson.

3. Bloodborne (2015)
Ultime digression de ce top, Bloodborne n’est pas un survival horror au sens strict. Toutefois, le jeu de From Software, réalisé par Hidetaka Miyazaki, génie derrière la série des Dark Souls, géniteur d’un genre en vogue au cours de la dernière décennie, le bien nommé Souls-Like, prend place dans un univers horrifique: le royaume médiéval de Yharnam, corrompu par une maladie endémique transformant ses habitants en êtres sanguinaires et violents, en sus des nombreuses attaques de créatures monstrueuses. De plus, la notion de survie est bien au cœur du gameplay de Bloodborne, beat them all punitif où la mort vous renvoie au début de chaque zone du jeu. L’esquive, le timing, et la parfaite optimisation et maîtrise des compétences et de l’armement de votre personnage sera votre unique salut dans les ruelles de Yharnam ou ses zones environnantes. Bloodborne est un calvaire, un véritable charnier qui suinte la mort, la putréfaction et la fin du monde. Lovecraft, Giger, Beksinski et Bacon sont d’évidentes inspirations visuelles et thématiques de cette merveille gothique qui n’a pas pris une ride depuis sa sortie sur Playstation 4 en 2015.

2. Resident Evil 4 (2005)
Jeu vidéo qui a fait passer le survival horror dans la modernité, Resident Evil 4 est considéré à juste titre comme l’un des titres majeurs du genre. Sorti en 2005 sur Gamecube après un développement chaotique, et ultime Resident Evil sur lequel a travaillé Shinji Mikami (réalisateur du premier opus, puis producteur des suivants), ce quatrième épisode marque l’entrée dans une nouvelle ère pour l’horreur vidéoludique. Fini les décors en 3D fixe et les déplacements du personnage depuis un point de vue unique, Resident Evil 4 affiche l’action en temps réel et place sa caméra dans le dos du personnage (Leon S. Kennedy, de retour) pour un dynamisme révolutionnaire et une plus grande immersion du joueur. Avec son gameplay flambant neuf, le jeu de Capcom donne désormais un spectre d’action élargi au joueur qui peut aborder les situations de différentes manières: rentrer dans le tas, se barricader dans une maison et fuir par la fenêtre à l’étage, plomber les ennemis à distance avec un sniper ou des explosifs. Malgré un scénario digne des pires blockbusters (Leon est envoyé en Espagne sauver la fille du président des Etats-Unis), Resident Evil 4 offre quelques unes des séquences les plus prégnantes de l’histoire du jeu vidéo, et ceci dès l’arrivée dans le village qui sert de première zone du jeu. Difficile, entre autres, d’oublier notre premier affrontement avec un villageois fou armé d’une tronçonneuse… En tuant les codes d’une saga déjà prolifique, jusqu’à se passer des zombies, grands absents du jeu – les ennemis lambdas sont des humains victimes d’un parasite, capables d’une intelligence bien supérieure aux morts-vivants – Resident Evil 4 a provoqué un séisme dont on ressent encore les secousses aujourd’hui, plus de 15 ans après.

1. Silent Hill 2 (2001)
S’il ne devait en rester qu’un… Certes, Silent Hill 2 ne fait au fond que reprendre les ingrédients du premier épisode, notamment son gameplay, en profitant de la puissance technique accrue de la Playstation 2, il n’en reste pas moins le jeu vidéo le plus effrayant jamais créé. En approfondissant l’approche psychologique du premier épisode, Silent Hill 2 aborde des thématiques aujourd’hui encore trop rares dans le jeu vidéo: le féminicide, la culpabilité ou encore le viol. Le level design est à l’image de son récit cryptique et obscur, qui présente un protagoniste, James Sunderland, dans le déni : un labyrinthe mental cauchemardesque, qui alterne couloirs lugubres d’hôtels, hôpitaux ou prisons, et extérieurs envahis par le brouillard. On a rarement joué à jeu aussi intelligent et radical, cachant des myriades de secrets et notamment 4 fins différentes, et dont l’antagoniste principal est l’un des plus marquants de l’histoire du jeu vidéo: Pyramid Head, double de James, représentant son refoulé. Silent Hill 2 profite une nouvelle fois du travail sonore d’Akira Yamaoka, allant au-delà des mélodies composées, jusque dans son utilisation du silence et des sons générés aléatoirement. Chef-d’œuvre absolu du survival horror.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici