Ils sont français. Ils sont chaos. Ce sont les films français les plus chaos au monde. A l’heure où le chaos règne, nous avons demandé à un panel CHAOS leurs dix films français les plus «chaos» de l’histoire du cinéma.

 

GÉRARD DELORME

Belle de jour (Luis Buñuel, 1967)
Les vertus thérapeutiques du fantasme, mises en scène avec une lucidité narquoise par Luis Buñuel. Catherine Deneuve y est une bourgeoise frustrée qui s’affranchit de sa culpabilité et s’épanouit dans le cadre paradoxal d’une maison close. A voir aussi pour le stupéfiant Pierre Clémenti.

Mais ne nous délivrez pas du mal (Joël Séria, 1971)
Suivant une mécanique du plaisir documentée par des gens aussi variés qu’Alistair Crowley, Kenneth Anger ou John Waters (“Crime is beauty!”), Joël Séria étudie l’inexorable séduction du mal chez deux adolescentes orientées sur le chemin de la transgression par leur environnement excessivement rigoureux. La censure de l’époque n’a pas apprécié la charge subversive et le film a été interdit pendant longtemps. L’histoire est vaguement inspirée de la même affaire que Peter Jackson a reconstituée dans Créatures Célestes.

La grande bouffe (Marco Ferreri, 1973)
Tant qu’à se suicider, autant le faire avec plaisir, si possible. C’est la mort par indigestion, le désespoir dans l’abondance, le mélange du foie gras et des excréments. Les défenseurs du film y ont vu une satire de la société de consommation, mais c’est peut-être seulement une célébration un peu désenchantée de l’hédonisme et de ses limites. Scandale à Cannes.

J’irai comme un cheval fou (Fernando Arrabal, 1973)
Très typique de l’esprit contestataire des années 70, J’irai comme un cheval fou se veut une dénonciation de la société à travers le regard candide d’un duo formé par un fugitif recherché par la police pour le meurtre de sa propre mère, et un ermite découvrant avec horreur la vie citadine. Fondateur du mouvement Panique, Arrabal y va franchement: scatologie, nécrophilie et anthropophagie.

Themroc (Claude Faraldo, 1973)
Dans le même esprit nihiliste, les habitants d’un immeuble menés par le plombier Michel Piccoli refusent de se conformer au mode de vie moderne et s’en libèrent par une sorte de régression néandertalienne. Ils ne se lavent plus, s’expriment par des grognements et s’autorisent tout: inceste, meurtre de policiers et cannibalisme. Avec Patrick Dewaere, Coluche, Miou Miou. Interdit aux moins de 18 ans.

Maîtresse (Barbet Schroeder, 1976)
Dans ce magistral traité des apparences, Barbet Schroeder illustre la double vie de son héroïne en distinguant l’appartement qu’elle occupe pour vivre et celui qui lui sert de dongle pour exercer son activité de sadothérapeuthe. En haut la lumière, en bas les ténèbres. D’un côté le réel, de l’autre l’artifice et la mise en scène, avec décor et accessoires. Aux yeux du naïf un peu brut joué par Gérard Depardieu, c’est si difficile à comprendre qu’il frôle la folie.

Calmos (Bertrand Blier 1976)
Encore une histoire de libération sur fond de guerre des sexes. Comme souvent chez Blier, le début est propulsé par un élan de liberté puissant et jouissif, avant de patauger un peu dans la campagne. L’inoubliable dernier plan est merveilleusement ambivalent. Les héros renaissent, mais au terme d’un cycle qui passe par ce dont ils essayaient de se libérer: le sexe féminin. On n’échappe pas à son destin.

Trouble Everyday (Claire Denis 2001)
Le style est plus important que la substance dans ce poème somptueusement sanglant qui utilise anthropophagie comme une métaphore du désir. Autrement dit, je t’aime je te mange. C’est d’une beauté sublime, une exception dans le cinéma français.

Irréversible (Gaspar Noé 2002)
Le temps détruit tout, même quand il s’inverse pour remonter le cours d’une histoire d’amour qui commence très mal. Si les alchimistes ont trouvé que l’ordre naissait du chaos, Gaspar Noé a trouvé avec cette inversion un ordre pour illustrer le chaos.

Innocence (Lucile Hadzihalilovic 2004)
D’une intense et ténébreuse beauté, Innocence est une allégorie de la période mystérieuse et vaguement inquiétante qui précède le passage l’âge adulte. Totalement incompris à sa sortie, son éclat continue à briller malgré le quasi oubli auquel une distribution minimale l’a condamné.

 

KINOSCRIPT

Un Chien andalou (Luis Buñuel, 1929)
Un choc d’une force inouïe, un crachat à la gueule du pouvoir, ode à l’érotisme, à la pulsion sexuelle. Tous les films de Buñuel pourraient être dans cette liste. Le chaos d’où surgit la liberté, la vie.

Pano ne passera pas (Ody Roos et Danielle Jaggi, 1968-70)
En plein mai 68, jeunes étudiants, Ody Roos et Danielle Jaeggi, quittent leur chambre de bonne de la rue de l’ancienne comédie caméra au poing. Ils inventent l’histoire d’un monteur tv dont l’émission (Pano) est censurée, et balancent leurs acteurs dans l’effervescence des mouvements. Dénonciation avec hargne de tout un système politique qui étouffe la jeunesse. Il n’existe, à notre connaissance, plus qu’une seule copie (vidéo) au Forum des Images.

La Grande bouffe (Marco Ferreri, 1973)
Peinture au vitriol de la haute bourgeoisie française (et européenne). Comme souvent chez Ferreri, la régression des personnages est l’annonce de l’enfantement d’une autre société… toujours plus consumériste, toujours plus chaos…

Dupont Lajoie (Yves Boisset, 1974)
Un portrait parfaitement juste des années 70, des milieux populaires, du racisme au quotidien, des grandes vacances, de la télévision, des chantiers, des ratonnades… l’un des rares films français que l’on peut rapprocher de la comédie noire italienne. Une galerie de portraits servie par de formidables acteurs (Carmet, Bouise, Lanoux, Huppert, Marielle, Tornade, Garcin, Peyrelon, Castel, Roberts…).

Une vraie jeune fille (Catherine Breillat, 1975-1999)
Toutes les qualités d’un vrai premier film, insolence de la jeunesse, provocation, volonté de faire intello, érotisme sauvage, phantasme… Le monde vu par une adolescente, l’apprentissage de la vie.

La Machine à découdre (Jean-Pierre Mocky, 1986)
L’une des œuvres maitresses de Mocky, adaptation à la sauvage d’une série noire où le discours politique se fond dans les formes magnifiques et généreuses de Patricia Barzyk, filmée nue sous tous les angles. Face à elle, un Mocky halluciné en médecin sans frontières, flingue à la main.

De force avec d’autres (Simon Reggiani, 1992)
Acteur, chanteur, Serge Reggiani à nu sous les sunlights entouré par ses démons dans les effluves de l’alcool. Film pour un père qu’un fils Simon voit partir à la dérive. Œuvre douloureuse, intimiste, exaspérante, profondément sincère et touchante. La disparition du père, d’une époque…

Code Inconnu : RĂ©cit incomplet de divers voyages (Michael Haneke, 2000)
Seize ans après sa réalisation, le regard d’Haneke sur la société française n’a rien perdu de sa pertinence. Une société française de façade qui cherche coûte que coûte à circoncire le chaos qui l’entoure…

Baise-moi (Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi, 2000)
Mal fichu mais d’une force indéniable, Baise-moi est la version honnête de Thelma et Louise. Comme toutes les prises de parole, et plus encore quand il s’agit de femmes, elle reste (encore) entraver de la gorge des censeurs de tous poils.

Salafistes (Lemine Ould M. Salem et François Margolin, 2015-16)
Démonstration par l’absurde d’une censure des élites sur l’information et la négation de l’esthétique du documentaire par une ministre. Incroyable comme les institutions ne donnent aucun crédit au public, à son analyse et à sa réflexion. A partir de discours, délirants, nous sommes entrainés dans une infernale spirale de destruction. Le salafisme dernière marche vers le djihadiste, un danger pour toutes les sociétés. Un documentaire important qui survivra aux censeurs. Le chaos d’où surgit la terreur, la mort.

 

ROMAIN LE VERN

Un chien andalou (Luis Buñuel, 1928)
Mais ne nous délivrez pas du mal (Joel Seria, 1971)
Le sang des bĂŞtes (Georges Franju, 1949)
La maman et la putain (Jean Eustache, 1973)
Céline et Julie vont en bateau (Jacques Rivette, 1974)
Contes immoraux (Walerian Borowczyk, 1974)
La traque (Serge Leroy, 1975)
Carne (Gaspar Noé, 1991)
Lune Froide (Patrick Bouchitey, 1991)
Le CĹ“ur fou (Jean-Gabriel Albicocco, 1970)

 

ERIC J. PERETTI

Cochon qui s’en dédit (Jean-Louis le Tacon, 1978).
Entre fiction et documentaire, un film obsédant sur la situation cauchemardesque d’un jeune éleveur de cochons qui s’enfonce dans un cercle de merde.

Black Moon (Louis Malle, 1975).
Vaniteuse tentative de relecture/transposition d’une Alice qui finira par perdre ses spectateurs dans l’univers volontairement opaque d’une histoire sans trame aux images vides de sens.

New Old (Pierre Clementi, 1978).
Autoportrait interrogatif et hypnotique d’un artiste insaisissable.

La vie de Michel Muller est plus belle que la vôtre (Michel Muller, 2004).
Narcissisme glauque et vraies idées de mise en scène pour ce qui restera comme la meilleure transition (éphémère) d’un comique télé vers le cinéma.

Viol : La grande peur (Pierre Chevalier, 1978).
Si le motif est bien meilleure que la méthode, le racolage actif de cette bande, pas si indéfendable que ça, a de quoi embarrasser et séduire.

Clodo et les vicieuses (Georges Clair, 1970/75).
Navrante comédie inédite immédiatement après son tournage, Clodo retrouve sa vigueur suite à l’adjonction de vicieuses séquences additionnelles qui en font le meilleur film de chien qui parle des années 70. Quant au malheureux Bourvil , il ne saura jamais que sa dernière apparition au cinéma se fera dans un porno !

La lune dans le caniveau (Jean-Jacques Beineix, 1982).
À l’image d’une monstrueuse pâtisserie colorée, le film de Beinex ne demande qu’à se laisser dévorer à pleine bouche. Mais l’écœurement arrive vite et l’on a beau jurer qu’on n’y goûtera plus, il suffit de passer à nouveau devant pour retenter l’expérience… avec toujours le même résultat.

Rencontre avec le Dragon (Hélène Angel, 2003).
Médiéval et fantastique, une fougueuse tentative d’héroic-Fantasy qui navigue entre le génial et le ringard avec panache.

Sa Majesté Minor (Jean-Jacques Annaud, 2007).
Il y a des films qui défient la raison et dont il n’existe pas de mots pour en parler. À voir, à entendre, à subir, à aimer…

Là-Bas (Luis Buñuel, XXXX).
Si chaos que l’adaptation du roman de Joris-Karl Huysmans par Buñuel ne se fera jamais. Seul subsiste le scénario, permettant à chacun de réaliser mentalement le film…

 

PROFESSEUR THIBAULT

Maléfices porno (Eric De Winter, 1976)

Le frisson des vampires(Jean Rollin, 1971)
Parce qu’ici les vampires vivent dans des horloges.

T’aime (Patrick Sébastien, 2000)
Parce que c’est par delà le bien et le mal.

Steak (Quentin Dupieux, 2007)
Parce que Chivers !

La grande trouille / Tendre Dracula (Pierre Grunstein, 1974)
Parce que Peter Cushing, Miou-Miou, Alida Valli et Bernard Menez dans le mĂŞme film.

Paris qui dort (René Clair, 1923)
Parce qu’un savant fou plonge les habitants de Paris dans le sommeil. Du coup on fait ce qu’on veut !

La goulve (Mario Mercier, 1971)
Parce que c’est un film de haute-magie avec des filles à poil.

Les percutés (Gérard Cuq, 2002)
Parce que c’est hors de contrôle.

Massacre pour une orgie (Jean-Pierre Bastid, 1966)
Parce que trafic de drogue, filles à poil et tout le bataclan pour un film farceur réalisé par Jean-Pierre Bastid sous le pseudonyme de Jean-Luc Grodard.

Bois ton café il va être froid (Eric Rohmer, 1986)
Parce que c’est un clip vidéo d’Eric Rohmer qui finalement synthétise assez bien l’ensemble de son œuvre.

 

SYLVAIN PERRET

Calmos + Tenue de Soirée de Bertrand Blier
Fresque anar et aussi antiféministe que féministe, Calmos est le film le plus mégalo de Blier, enivré par le succès public et critique des valseuses. Mais dur sera la chute… Avec Tenue de Soirée, il signe sa dernière réussite totale, savant mélange d’ellipses bizarres, de transgressions fascinantes et de troubles moraux. Michel Blanc n’a jamais fait mieux.

Mais ne nous délivrez pas du mal + Marie Poupée
Le diptyque troublant de Joel Seria, qui montre que derrière les gauloiseries (géniales) avec Marielle, il savait aussi troubler et signer des films qui ne ressemblent à rien d’autre. Des films « noir et rose » pouvait-on lire sur la VHS. Une belle définition de cette face (trop) cachée du cinéaste.

Innocence + Évolution
Lucile Hadzihalilovic est certainement une des plus grandes réalisatrices en activité, mais malheureusement, il faut attendre pas loin d’une décennie entre deux réalisations. Si c’est le prix à payer pour avoir une nouvelle de ses œuvres, vivement 2026.

La Planète Sauvage + les Maîtres du temps
On oublie souvent que la France est un vivier de talents incroyables dans le domaine de l’animation. Parmi eux, René Laloux est un maître. Que ce soit avec Moebius ou Topor, ses deux premiers longs-métrages sont les plus intéressants témoins de l’ère « Metal Hurlant ».

La Prisonnière + Retour à la vie
Il est nécessaire, fondamental et impératif de se replonger tous les ans dans l’œuvre de Clouzot et de s’y perdre. Mais comme vous connaissez déjà la face immergée de l’iceberg, pourquoi ne pas tenter de SM et troublant Prisonnière, encore un peu trop méconnu, ou bien son sketch déstabilisant de Retour à la Vie?

Steak + Rubber de Quentin Dupieux
Ces deux films représentent l’omega et l’alpha de la carrière de Dupieux. Avec Steak, si il offre à Eric et Ramzy leurs meilleurs rôles et si le cinéaste affine son style après le provocateur Non Film, Dupieux se frotte tout de même aux aléas d’une grosse production, sa lenteur, ses contraintes. Avec Rubber, il s’offre une renaissance formidable en tournant vite et seul.

L’Atalante et Zéro de conduite de Jean Vigo
Je le confesse : ma rencontre avec le cinéma de Jean Vigo a été laborieuse. D’abord hermétique à son charme sauvage, lui préférant d’abord les productions surréalistes de Dalì-Bunuel, la poésie a muri et agit aujourd’hui comme une ritournelle violente et entêtante. Chaos maudit.

La Traversée de Paris + Le Chemin des écoliers (Marcel Aymé)
Voilà un diptyque Marcel Aymé que je rêve de programmer : le premier est un sommet de misanthropie et d’amertume sur cette période trouble, auquel répond le second, signé par le faiblard Michel Boisrond, qui réunit ici un casting exceptionnel autour d’une nouvelle histoire de marché noire. Avec Le Repas des fauves et L’Armée des ombres, peut-être les meilleurs films français sur l’Occupation.

Mortelle randonnée + Un Singe en Hiver
Là encore, Miller, enivré par le succès critique et public de Garde à vue, s’assure une sorte de carte blanche de la part des producteurs. Il retrouve Audiard et Serrault, qui ont tous les deux perdus un enfant, dans ce voyage au bout de la nuit d’une noirceur étonnante. Audiard a rarement été aussi bon. Ou alors quand il faisait faire la tournée des grands ducs à Gabin et au môme Belmondo, pas encore Bébel. Depuis, on boit beaucoup dans le cinéma français, mais jamais avec autant de grâce.

A Bout de souffle + Le temps des Ĺ“ufs durs
Forcément Godard. Mais lequel? restons-en aux fondamentaux, au film Chaos par excellence, celui par lequel tout commença. Et accolons-y l’étrange Temps des œufs durs, faussement film du sam’di soir, mais vraie bizarrerie que le même Godard plaça dans son top ten en bilan de son année de sortie.

+ La Fille du 14 juillet + Boro in the Box
Antonin Peretjatko, probablement l’un des cinéastes les plus inventifs du moment. Avec Bertrand Mandico, mais dans un style différent, mais toujours Chaos. Le french Chaos de demain, on parie?

 

PHILIPPE ROUYER

Un chien andalou (Luis Buñuel, 1928)
La Règle du jeu (Jean Renoir, 1936)
Le Sang des bêtes (Georges Franju, 1960)
La Grande Bouffe (Marco Ferreri, 1973)
Je t’aime moi non plus (Serge Gainsbourg, 1976)
De bruit et de fureur (Jean-Claude Brisseau, 1988)
Seul contre tous (Gaspar Noé, 1998)
L’Humanité (Bruno Dumont, 1999)
Dans ma peau (Marina De Van, 2001)
La Danza de la realidad (Alejandro Jodorowsky, 2013)

 

JEREMIE MARCHETTI

Mais ne nous délivrez pas du mal
Révoltes et messe noire dans la France de Pompompidou. La veine au front, Joel Seria allumait un cocktail Molotov habillé de soquettes blanches et de robes légères. «Dis, ferme un instant les yeux…»

Le coeur fou
Si on a cherché à enterrer Albicocco, serait-ce parce qu’il était trop en avance sur son temps ? En plein cinéma de papa et reflux de la nouvelle vague, l’homme y filmait une romance comme un incendie des sens. Pas un feu de paille, oh non.

Ultra-Pulpe
Un poème éblouissant qui vous arrache le coeur.

Le charme discret de la bourgeoisie
Des bourgeois, des bourgeoises. Un dîner. Impossible de bouffer: trop de rêves, de cauchemars, de chutes. Bunuel dégomme avec sa mitrailleuse en velours: c’est méchant, fantasmagorique, absurde.

Baxter
La rencontre entre un chien amoral et un Antoine Doinel nazillon scelle une fable inoubliable et Ă©touffante. Un petit miracle.

Les rencontres d’après-Minuit
Derrière le plaisir de déployer le charme discret de la partouze, Yann Gonzalez a rouvert notre cœur, et celui du cinéma français. Un film d’amour(s), de fantômes et de nuit qui poursuit et hante sans cesse.

La rose de fer
Un couple part se conter fleurette dans un cimetière et perd soudainement la boule. Sans aucun doute le film de Rollin le plus étrange, le plus contemplatif, le plus juste et le plus effrayant. Le plus beau aussi, et peut-être même le meilleur. Tout ça.

J’irai comme un cheval fou
Une fable écolo avec un Norman Bates tombant amoureux d’un nain magique, des scènes de visions scabreuses où l’on croise Emmanuelle Riva recouverte de sperme ou encore Marie France. Arrabal s’improvise enfant mystique et taré de Bunuel, et il a raison.

L’amour braque
Pas le meilleur Zulawski loin de lĂ , mais on est en droit de considĂ©rer Posession plus allemand que français… Alors citons cet Amour Braque qui revisite DostoĂŻevski et Tchekhov Ă  coups de mitrailleuses, film impossible et gesticulant jusqu’à la mort, presque galvanisant dans ses hurlements.

Martyrs
Le bain dans lequel barbotait le joli Saint-Ange tirait vers le tiède. Pour son deuxième essai, Laugier tourne à fond la vis rouge: la marinade est bouillante, à vous en éclater la peau. En résulte un bloc d’énergie noir qui donne l’impression de dévaler peu élégamment les escaliers vers l’enfer.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here