[THE REINCARNATION OF SEX] Luiz Castellini, 1982

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Vous avez rĂȘvĂ© d’un film de maison hantĂ©e avec des fantĂŽmes du cul? RĂ©jouissez-vous, Luiz Castellini a pensĂ© Ă  vous.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Si on rĂ©sume le cinĂ©ma bis brĂ©silien Ă  Jose Mojica Marins, c’est autant de maniĂšre qualitative que pratique. Tout simplement parce que ses films Ă  lui ont Ă©tĂ© distribuĂ© en France avant de retomber dans l’oubli (wink wink les Ă©diteurs français) et pas ceux du cinĂ©ma bis brĂ©silien ultra-dry comme celui dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© ici de l’impossible Sady Baby. Aussi, quelle surprise de dĂ©couvrir l’anachronique et sauvage Reencarnação do Sexo, du cineaste  Luiz Castellini, rĂ©alisĂ© certes en 1982 mais dont le look et les intentions Ă©voquent plutĂŽt un cinĂ©ma trĂšs seventies. Vu le rĂ©sultat, on leur pardonnera aisĂ©ment le retard puisque ce mariage entre sexploitation et horreur donne tout ce que l’amateur dĂ©viant peut attendre, avec une histoire de maison hantĂ©e sexuelle tout Ă  fait Ă  propos. Des fantĂŽmes du cul, mais oui. Et accueillant qui plus est puisque le film dĂ©bute, sans raison aucune, sur un formidable morceau de Vangelis (To the Unknow Man). Le yolo est Ă  son comble et on est bien.

Construit comme deux films en un, Reencarnação do Sexo dĂ©bute sur une histoire pas bien folichonne : la jolie Patricia couche avec son jardinier, ce qui provoque des montĂ©es de tension au pĂšre, sans doute aussi bien dans le crĂąne que dans le pantalon. Scandale Ɠdipien ou jalousie mal placĂ©e (les regards dĂ©solĂ©s de l’Ă©pouse en disent long), ça finira mal : le brave ouvrier finira dĂ©coupĂ© en rondelle au fond du jardin. Apprenant la nouvelle, la petite amie dĂ©plorĂ©e ira rĂ©cupĂ©rer la tĂȘte dĂ©capitĂ©e de son amant pour l’entreposer dans un pot en terre avant de se laisser mourir. Belle idĂ©e curieusement reprise d’un conte du DĂ©cameron : Boccacce dans un film trash brĂ©silien.

Tout cela serait juste triste si les fantĂŽmes des amants ne continuaient pas Ă  hanter les lieux: toutes les personnes pĂ©nĂ©trant (et se pĂ©nĂ©trant) dans la maisonnette Ă©tant prises d’une frĂ©nĂ©sie sexuelle puis de meurtre, la femme jouant gĂ©nĂ©ralement le rĂŽle de la mante religieuse. Un couple en fera les frais, jusque dans un dĂ©nouement Ă©voquant celui de Nekromantik 2, puis une lesbienne Ă  la vie tumultueuse, et ainsi de suite. Ce qui frappe et ce mĂȘme le dĂ©but, c’est l’atmosphĂšre trĂšs trĂšs chaude, avec des Ă©bats aux embruns de poils mouillĂ©s et de sueur, Ă  la quasi frontiĂšre du hard. On baise comme des lapins, on se branle au fond du couloir, puis on finit dans le sang et la cyprine comme le veut la tradition des fantĂŽmes vengeurs.

La moiteur sanguine se vautre dans le mauvais goĂ»t le plus dĂ©complexĂ©, comme avec cette jeune femme Ă©touffĂ©e par un gode ou ce merveilleux climax oĂč des partouzeurs finissent par baiser jusqu’au sang. Toujours Ă  la limite du Z mal fagotĂ©, Reencarnação do Sexo surprend par ses qualitĂ©s visuelles, peu attendues avouons-le, Ă  l’aune de ce zoli fantĂŽme sanguinaire aux cheveux fouettĂ©s par le vent et une utilisation surprenante de la profondeur de champ durant ses apparitions. Excitant, complĂštement con et gore, on n’est dĂ©cidĂ©ment pas flouĂ© sur la marchandise.

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