Fan hardcore de The Haunting of Hill House, notre journaliste gonzo-chaos Geoffroy a dévoré The Haunting of Bly Manor, la suite toujours signée Mike Flanagan et toujours aussi dispo sur Netflix, en espérant retrouver la même émotion et le même frisson. Il nous a envoyé sa missive, à chaud, en pleine nuit, entre deux verres de whisky.

Le retour de notre mélo déguisé en film d’horreur préféré! Run and hide Ryan Murphy, someone is doing your shit better than you. Alors wééé on a la même impression bizarre que dans la première saison, soit: «Tiens, j’ai déjà vu ça quelque part.» Jusqu’à ce qu’une de vos cop’s prenne pour vous la peine de googler le truc et vous hurle que «C’est un remake des Innocents pffffff je l’avais maté y a deux semaines ils cassent trop les couilles!» Mais vous vous souviendrez quand même que c’était déjà le cas avec Hill House et qu’on avait tous fini par pleurer en s’agrippant compulsivement au premier truc mou à portée de main en repensant à la dernière fois qu’on a dit je t’aime à un chaton, une peluche, ou un plan cul (jamaaaaaaais), and it’ll make you think about that too. Sauf que c’était dur d’enchainer après Hill House tellement on avait épuisé notre réservoir mélancolique portishead, et c’est vraiment difficile de projeter d’autres personnages que la famille Crain sur les visages des acteurs qui les incarnaient il y a à peine deux ans. Mais c’est peut-être là dessus que repose la méthode Flanagan.

Souvenez-vous qu’il fallait attendre le troisième épisode pour vraiment commencer à se faire pomper l’empathie sans pouvoir faire marche-arrière. Cette fois, c’est plutôt vers le septième épisode (ouais, ils ont compris qu’on était sans bars, sans concerts et avec dépression invalidante). MAIS rappelez-vous également qu’après la fin de Hill House vous l’aviez fait regarder de force à vos amis. Oui, nous étions sous le lit. Et l’épisode huit de Bly Manor représente une petite merveille quasi-fonctionnelle en dehors de la série, tellement la Théodora Crain d’il y a peu (Kate Siegel) assure toujours autant dans ce registre adjanesque où elle préfère s’accrocher à sa rancœur plutôt qu’aller voguer vers de meilleurs cieux (big scorpio vibes). Et là ouais ok on tolère.

Les effets de boucles temporelles sont efficaces, ces personnages/poupées circulants encore et encore font presque figure d’allégorie de la façon dont les fans de la première série se sont retapés le même drame avec sûrement un chouia de complaisance. Si bien qu’ici Bly Manor ressemble au miroir triste de sa cousine passée, car en effet, il y a de l’inceste créatif dans l’air. Il n’y a qu’à regarder comment Flanagan marie à nouveau le personnage de Victoria Pedretti, décidément pas douée pour les relations long terme avec des types vivants. Pour apprécier cette suite peut-être nous faudra-t-il alors revoir Bly Manor deux ou trois fois, en descendant sept ou huit bouteilles de chardonnay supplémentaires. Un régime inspiré par les résidents du manoir qui, plutôt qu’une kro, trimbalent une teille de 75cl chacun – mais on se croit où en 2020? L’hypothèse d’un black-out éthylique des spectateurs expliquerait d’ailleurs ce fétichisme du remix chez Flanagan, et cela aurait pu être une problématique intéressante en début d’article mais nous sommes tous morts et j’ai oublié qui vous êtes. G.DeD.

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