“The Beta Test”: Jim Cummings raconte l’effondrement de Hollywood

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Hollywood et son environnement “toxique” sont en train de “s’effondrer”. C’est ce qu’entend prouver Jim Cummings avec son nouveau film, The Beta Test que le réalisateur de Thunder Road a cosigné avec PJ McCabe. Le résultat est présenté au Champs-Elysées Film Festival et sera visible dans nos salles le 15 décembre.

Dans un Hollywood post-MeToo, post-Harvey Weinstein, Jordan Haines, un agent d’acteurs, enchaine les bévues et les maladresses. Il a une relation extra-conjugale et accumule les coups de sang. Malgré lui, il fait la connaissance du Beta Test: une solution secrète qu’un quidam a trouvée pour guérir les symptômes d’une société devenue paranoïaque et obsédée par le regard d’autrui. Si le vocabulaire de la masse (Facebook, Instagram, Clic farm) présent dans ce film vous donne un indice sur le genre de satire auquel vous aurez affaire, il ne vous préserve pas du choc qu’il en découle. Une fois le rideau tombé, la surprise est totale. On se sent plus léger. The Beta Test s’autorise à rêver. De la même manière que le faisaient The Canyons et Under The Silver Lake, plus récemment. Des films qui semblent tous les trois provenir d’une même suite d’idées et enveloppés par les mêmes désirs impériaux. Parmi eux, celui de montrer que l’émotion n’existe pas en soi – présente en nous par le prisme de l’autre. Mais aussi celui de monter qu’il y a une issue à cet enfermement. Que rien n’est jamais perdu. L’intimité, relayée au rang de reflets et d’illusions – que l’on doit continuellement entretenir – est recherchée dans sa forme originelle par autant de Jordan Haines que de personnages dans les films de Paul Schrader et David Robert Mitchell. Aussi douloureuse que la recherche soit-elle, elle est toujours intéressante. Dans cette quête, la suite d’un hôtel de luxe apparaît alors comme le lieu idéal pour avoir la paix, ne serait-ce qu’un instant. Exutoire perdu et désuet, déjà présent dans Suite(s) Impériale(s) de Bret Easton Ellis ou Télex n°1 de Jean-Jacques Schuhl, la suite de palace, par son excellence formelle et secrète, offre le droit aux êtres de s’abandonner. Un fait de plus en plus rare à Hollywood. Ce que l’on retient également de ce film de Cummings, c’est la mise en œuvre de moyens subtils utilisés pour sublimer l’expérience: flash-backs, mouvements de caméra à 360 degrés qui tourne autour du héros, plans aériens et fixes. Vous pourrez en juger par vous-même, The Beta Test vaut le détour. En attendant sa sortie, le film sera projeté au Champs-Elysées Film Festival jeudi 16 septembre. S.R.

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