[STAR DU CHAOS 2018] STÉPHANE RIDEAU

0
296

On le sait peu voire pas du tout mais dans le film d’horreur Meurs monstre meurs, d’Alejandro Fadel (présenté cette année au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard), un acteur français joue un monstre. Son nom : Stéphane Rideau. Big up André Téchiné.

PAR ROMAIN LE VERN

Une tempête de neige s’abat sur la Cordillère des Andes. Les corps de plusieurs femmes décapitées sont retrouvés près d’un poste frontière isolé. Et les hommes se comportent de façon bien louche comme s’ils cachaient un secret. Alors que la Police Rurale cherche à traquer un tueur en série parmi de nombreux suspects et que l’enquête piétine totalement, tout ce petit monde doit se résoudre à cette évidence horrifiante: ledit serial-killer est en réalité un monstre hantant la montagne. Et qui c’est qui joue le monstre Zulawskien à l’apparence répugnante? L’acteur français Stéphane Rideau qui le décrit précisément comme «un monstre atypique avec ses attributs très sexués, une vision fantasmée d’une forme de cauchemar»: «J’avais travaillé avec Rouge international [NDR. la boîte de production cofondée par Julie Gayet, à l’origine de Grave de Julia Ducournau], quelques temps auparavant, je connaissais aussi certaines personnes de la production, elles m’ont proposé le rôle, nous avoue-t-il. J’avais apprécié le travail précédent du réalisateur (Los Salvajes), j’avais les caractéristiques physiques pour endosser ce rôle et j’étais disponible. Je pouvais explorer un univers inconnu pour moi et s’ajoutait la perspective d’un beau voyage en Argentine. Bref, beaucoup de paramètres positifs et qui m’ont donné envie d’accepter.»

Ok mais Stéphane, comment ça se joue, un monstre tentaculaire hyper sexué? «Il a fallu mouler ma tête et mon corps avec une forme de plâtre. C’était peu évident de se retrouver emmuré de longues minutes avec seules deux pailles dans les narines pour respirer. Une fois le moulage effectué, l’équipe des effets spéciaux a réalisé un travail exceptionnel pour animer ce monstre totalement en silicone, avec une tête mécanisée. Le costume était très épais (donc il fait très chaud à l’intérieur), si lourd qu’il était maintenu à l’aide d’un harnais qui supportait ce poids assez conséquent au fil des heures. En dehors du fait d’être totalement prisonnier de ce costume durant de longues heures, avec une vision quasiment nulle et l’impression d’être enterré vivant, ce fut une expérience assez unique et enrichissante de gestion du stress liée à cet isolement.» Et pour se mouvoir? «Dans la mesure où marcher était presque un exploit, je me suis attaché à trouver une démarche assez souple et tranquille en accord avec le réalisateur Alejandro. Il était, à mes yeux, aussi primordial d’être le monstre. On a essayé au maximum de ne pas faire ressentir qu’un humain pilotait ce monstre. J’espère que nous avons réussi.» Ça l’est.

Le résultat ne l’a pas déçu, voyant en Meurs monstre meurs un «film très surprenant avec une esthétique magnifique, une tension permanente, une lumière exceptionnelle dans une ambiance très nocturne»: «Mon cher monstre rôde entre l’ombre et la lumière et est tout de même assez terrifiant quand on le découvre.» En effet. Pour la peine, Stéphane Rideau, qui vient de terminer le tournage du premier film de Julie Manoukian avec Clovis Cornillac et Noémie Schmidt et prépare un nouveau projet avec son complice de toujours Gaël Morel, mériterait bien un César du défi le plus chaos de 2018.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here