[STAR DU CHAOS 2018] RILEY KEOUGH

0
261

Une actrice prĂ©sente dans deux sommets du chaos 2018 (UTSL, THTJB) a lĂ©gitimement sa place
 dans un top chaos de l’annĂ©e 2018(*). Blonde, brune, girl next door, gueule tumĂ©fiĂ©e, organes recyclĂ©s dans du prĂȘt-Ă -porter: l’actrice transformiste vient d’ajouter quelques piĂšces de choix Ă  une filmo dĂ©jĂ  impressionnante. Prononcez Riley Chaos!

PAR GAUTIER ROOS

On la voit finalement assez peu dans Under the Silver Lake, mais on peut restituer Ă  peu prĂšs chaque plan oĂč elle apparait : Ă©tendue Ă  l’horizontale sur son sofa (avec son chapeau-ombrelle monumental), accroupie de profil en train de ramasser le poo poo du chien, et bien Ă©videmment sur ce rebord de piscine, oĂč sa gambette droite tente de se mĂ©nager une place similaire Ă  celle de Marilyn dans Something’s Got to Give de Cukor (1962).

Le grand projet du film va ĂȘtre de faire disparaitre la nymphette, plongeant notre pauvre hĂ©ros dans une quĂȘte cryptique rejouant l’obsession de Vertigo. Ici, au chaos, on n’a pas tari d’Ă©loges sur ce film bien plus mal Ă©levĂ© qu’il n’en a l’air, beaucoup trop ambitieux, qui perd peu Ă  peu son spectateur dans les mĂ©andres cracra du cerveau d’Andrew Garfield (on a l’impression de sortir de la sĂ©ance avec le t-shirt plein de fiente, nous aussi).

Mais on n’a peut-ĂȘtre pas dit Ă  quel point la petite Riley nous avait elle aussi embarquĂ©s, charmĂ©s, scotchĂ©s, dans ce rĂȘve prĂ©-dĂ©luge que constitue les trois premiers quarts d’heure du film. Car le petit monde artificiel dĂ©crit par David Robert Mitchell est Ă©trangement celui oĂč on peut aussi regarder, blotti sur son lit aux cĂŽtĂ©s de sa voisine tout juste prĂ©sentĂ©e, How to Marry a Millionaire de Jean Negulesco (1953). On se souviendra longtemps de ce foot-contact nuptial entre les deux oiseaux, premiers et derniers prĂ©liminaires avant la catastrophe, qui a mĂȘme rĂ©ussi Ă  Ă©mouvoir les mĂ©contents de Cannes s’apprĂȘtant Ă  quitter le Grand ThĂ©Ăątre LumiĂšre une dizaine de minutes plus tard.

C’Ă©tait la fin du festival. Ayant vite abandonnĂ© l’idĂ©e de se renseigner sur chaque film en dĂ©but de sĂ©ance, il y a fort Ă  parier que ces mĂȘmes spectateurs n’avaient pas reconnu la donzelle dans un autre film trip prĂ©sentĂ© le matin mĂȘme Ă  8h30 pĂ©tantes: The House that Jack Built, oĂč notre Ă©gĂ©rie apparait dans le dernier tiers pour un date avec le charmant Matt Dillon (qui lui parle comme du crottin et qui l’appelle non sans mĂ©pris Simple).

La suite est dans les clous de ce qu’on a vu pendant l’heure et demi qui prĂ©cĂšde : Jack enfile une blouse et dessine des marques d’incisions au feutre rouge autour de ses seins (il n’a pas volĂ© son surnom de Mr. Sophistication). Avant d’ajouter un nouveau porte-monnaie Ă  sa collection d’objets faits maison.

En deux apparitions lapidaires, Riley Keough vient d’apposer son nom Ă  quelques plans marquants de cette annĂ©e cinĂ©phile, ceux dont on se rappellera peut-ĂȘtre en feuilletant le TASCHEN Ă  venir sur les films des annĂ©es 2010. On sera en tout cas certain de retrouver son minois en milieu d’ouvrage, catapultĂ© dans le dĂ©sert de Namibie pour le tournage de Mad Max: Fury Road (2015) : mais comment fait-elle pour choisir aussi bien ses films ?

On a peut-ĂȘtre un dĂ©but d’explication. Avec un physique qui oscille Ă©trangement entre le mannequin de charme et la fille d’Ă -cĂŽtĂ© – celle qu’on peut croiser Ă  toutes les terrasses de cafĂ©s – Riley peut battre toutes les cartes, et passer d’un clip de Justin Timberlake Ă  un van sillonnant l’AmĂ©rique profonde sous le double patronage de la trap et de la white widow (American Honey d’Andrea Arnold en 2016). Christophe Guilluy appellerait ça une population pĂ©riurbaine, on prĂ©fĂšrera ici le terme “white trash”, pour lequel la petite fille d’Elvis Presley n’Ă©tait pas vraiment prĂ©-destinĂ©e. Oui, le film est bien trop long pour ce qu’il a Ă  raconter. Mais lĂ  encore un plan nous revient en tĂȘte : celui oĂč la belle voit sa cuisse enduite d’huile par Shia Labeouf (prononcez Le boeuf). Quand est-ce qu’on lui file un premier rĂŽle ?

(*) N’ayant pas vu le dernier Jeremy Saulnier, l’estimation est peut-ĂȘtre Ă  revoir Ă  la hausse.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here