[STAR DU CHAOS 2018] MIKE FLANAGAN

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Encore inconnu avant 2018, Mike Flanagan est devenu en l’espace de quelques semaines la nouvelle hype de l’horreur. La faute à sa superbe adaptation en série pour Netflix du classique de Shirley Jackson, The Haunting of Hill House, qui mêle avec génie le drame familial à la Six Feet Under et des visions horrifiques saisissantes.

PAR MORGAN BIZET

Au Chaos, nous sommes ravis d’enfin voir le nom de Mike Flanagan remplir les pages web et presse, tant nous avions aimé l’année dernière son précédent film, déjà pour Netflix, Jessie, brillante adaptation du roman gore et féministe de Stephen King. Une collaboration avec le géant du streaming qui semble enfin lui fournir les moyens de ses ambitions. Car le cinéaste n’est pas arrivé ici par hasard, et cela va au-delà de son lieu de naissance (Salem), même si la route fut longue et semée de quelques ratés.

En effet, de Absentia, film indé ultra fauché tourné en 2011, à ces deux dernières productions Netflix il y a un monde, au niveau technique comme dans la maitrise du suspense, du fantastique et de l’horreur. On ne vous recommandera donc pas la première œuvre (assez nulle) de Flanagan mais plutôt de passer directement à The Mirror (2013), un film qui semble déjà contenir toutes les obsessions du réalisateur. Tragédie familiale, féminisme latent, inquiétante étrangeté, mise en scène lente et vénéneuse de l’horreur, à l’opposée des fatigants jump scare, qui rappelle les grandes heures de la J-Horror (notamment les chefs d’œuvre de Kiyoshi Kurosawa). D’où un bon goût pour le plan-séquence et la composition au sein des plans pour instiller la peur au spectateur en jouant sur le temps et les apparitions des esprits maléfiques dans l’espace. Soit une grande partie du succès fulgurant de The Haunting of Hill House – cf les dossiers ou thread Twitter qui recensent les fantômes cachés dans chaque épisode.

Film après film, Flanagan affine son style, s’essaie avec succès au home-invasion (Pas un bruit) et au fantastique à la Del Toro (Ne t’endors pas), puis s’égare chez Blumhouse (Ouija 2). Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ces expériences lui permettent de se construire une sorte de famille de cinéma qui modèlera la splendide réussite de sa série. Si cette famille fonctionne si bien et émeut autant, c’est peut-être parce qu’elle existe d’une certaine manière dans le cinéma de Mike Flanagan. Henry Thomas (Eliott de E.T., of course, mais aussi acteur dans Ouija 2), Elizabeth Reaser et Lulu Wilson (Ouija 2), Carla Gugino (Jessie) et Kate Siegel (épouse du réalisateur et protagoniste de Pas un bruit), tous font partie de ce Flanagan-verse aussi flippant qu’émouvant.

What’s next ? On imagine que l’énorme succès mérité de The Haunting of Hill House devrait accoucher d’une saison 2, malgré une conclusion assez fermée. Quoiqu’une saison 2 qui explorerait le passé de l’immense maison hantée et des fantômes qu’elle renferme pourrait avoir du sens. Toutefois, pas sûr que Mike Flanagan soit du projet. Les gros studios se sont enfin intéressés à son compte, et vu les millions que rapporte actuellement le genre horrifique (Split, Get Out, Ça, Sans un bruit, La Nonne, etc.), pas étonnant que Warner Bros lui ait confié l’adaptation de Docteur Sleep de Stephen King, qui a lui-même adoubé le cinéaste sur Twitter. Soit la suite de Shining avec Ewan McGregor en Danny Torrance adulte et alcoolique. Et on est serein à l’idée que Flanagan nous donne des cauchemars en nous replongeant dans la Red room à laquelle il a rendu un si brillant hommage dans The Haunting of Hill House.

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