[STAR DU CHAOS 2018] DANIÈLE HEYMANN

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Qui de plus chaos que Danièle Heymann, présidente à vie du jury critique au Festival de Deauville, ayant fêté son 85e anniversaire au Festival de Cannes le temps d’une soirée consacrée à la presse, soufflant avec Thierry Frémaux sur des bougies qui refusaient de s’éteindre? La party girl de #Cannes2018, c’était elle.

PAR ROMAIN LE VERN

Cannes 2018. Thierry Frémaux and friends fêtent l’anniversaire de Danièle, en grande pompe, avec une pièce montée. Ne manquaient que les feux d’artifices. Danièle s’acharne sur les bougies avec Frémaux, de concert, de bon cœur. Une voix très, mais alors très, énervée parmi les convives vitupère à nous faire saigner les oreilles : «Hey mais ça s’éteint pas!», qu’elle répète à l’envi. Mais un peu comme Claire Denis, Danièle doesn’t care. Et elle a bien raison.

 

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Daniele Heymann et Thierry Frémaux qui soufflent sur une bougie qui ne s’éteint pas = so chaos #Cannes2018

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Oubliez donc cette (fausse) idée selon laquelle la soirée Climax était la meilleure soirée Cannoise 2018, ce sont des balivernes. Ze place to be pendant Cannes 2018, c’était d’être là, pendant ce diner de la presse, à la table de Danièle, composée entre autres de l’hilarious Gérard Lefort, du non moins Michel Ciment et d’une journaliste brésilienne (qui était juste ici pour soigner sa dépression et réclamer une pastille sur son badge rose). Soirée glamour à mort.

 

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Happy birthday Daniele Heymann #Cannes2018

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Et que Thierry Frémaux agite le micro! Et que Danièle monte sur scène! Et qu’elle fait un joli discours! Et que tout le monde l’applaudit! Tout le monde est ivre donc personne n’a écouté mais peu importe, ceux qui ont voulu l’entendre l’ont bien entendue.

 

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Happy chaos birthday Daniele Heymann #Cannes2018

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Alors dearest Danièle, comme nous étions à Cannes dans un état proche de l’Ohio, je te pose une question à la Genie Godula sur le tapis bleu de Deauville, en prenant l’accent pour te faire rire: «Alors c’était quoi ton plus beau souvenir sur la Croisette?». Tu me réponds: «Ah non, pitié, je réponds à tout mais ne me demande pas comment j’ai vécu le Festival de Cannes 1968!» Parce que non, Danièle n’y était pas il y a trente ans, elle n’a pas vu Godard s’accrocher aux rideaux (même si, comme nous, elle aurait bien voulu, concédant qu’en termes de chaos, on n’a jamais fait mieux). Elle me raconte alors une anecdote chaos, autre que cette fameuse anecdote liée à l’année 1987, lorsqu’elle a fait partie du jury ayant donné à l’unanimité la Palme à Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat: «C’est une des dernières années de l’ancien Palais. Je suis au Monde. Je descends à Cannes avec toute mon équipe. La couverture quotidienne du Festival est un travail de forçats. De façon peu démocratique, je me suis octroyée la couverture de la compétition. Colette Godard est en charge de la Quinzaine des Réalisateurs. C’est le film de clôture. Ne me demandez pas son titre, je ne veux dénoncer personne. Colette, épuisée, me demande de l’accompagner. J’obtempère. On nous place à la corbeille, juste à côté de l’équipe, forcément, Le Monde… La lumière s’éteint. Dix minutes plus tard, Colette me murmure à l’oreille : «Je m’endors, prends le relais, s’il te plaît». Elle s’endort. Je regarde. Mes paupières se ferment. Je la réveille: «A toi», «D’accord». Et ainsi, jusqu’à la fin… Nous échouons, titubantes dans la pizzeria de service, nous nous racontons ce que nous avons retenu alternativement de cette œuvre qui ne méritait pas ça. Colette soupire: «Évidemment, comme tu es le chef, c’est moi qui écris…». «Oui». Elle écrit. Le lendemain, aux aurores, pas fière, je relis, et j’envoie. Quelques heures plus tard, coup de téléphone de l’attachée de presse: « Ah! Danièle! Merci! Merci! Le papier de Colette Godard est formidable! Le metteur en scène est aux anges, elle a vu dans son film des choses que lui-même ne savait pas y avoir mises!». Chaos comme on aime, il est vrai.

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