Produite par Drake et réalisée par Sam Levinson (fils de, oui oui), la démentielle série Euphoria raconte les tumultes de lycéens qui naviguent entre alcool, sexe, drogue et quête identitaire. Zendaya joue l’héroïne, la narratrice qui sort de désintoxication et tombe raide-dingue de Jules/Hunter Schafer. Tremblement de terre chaos.

La guimauve, ça vous distrait mais ça ne vous nourrit pas bien longtemps. Combien de stars Disney Channel, peu après leur Ă©mancipation, ont dĂ» prouver leur « non-innocence Â» en renversant leur image comme un Flanby? Un petit paquet… On pourrait remonter assez loin jusqu’au cas de Jodie Foster, qui s’Ă©clatait chez Tonton Walt avant de finir en mini pute chez Martin Scorsese ou en empoisonneuse de pĂ©dophile dans La petite fille au bout du chemin. De la gĂ©nĂ©ration 2000’s, Selena Gomez et Vanessa Hudgens ont pris le chemin fluorescent et badass du Spring Breakers de Harmony Korine, Miley Cyrus est allĂ©e tirer la langue sur scène et Zac Efron parti se faire faire pipi dessus par Nicole Kidman (Paperboy de Lee Daniels) avant d’endosser la dĂ©froque de Ted Bundy. En somme tout est possible.

DĂ©busquĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 2010, Zendaya a tout du modèle: propre sur elle et espiègle qui dit oui Ă  la vie. Les sĂ©ries Shake it Up et Agent KC pour Disney, un passage rapide dans la chanson, des blockbusters moelleux et pas risquĂ©s pour un sou (The Greatest Showman ou la nouvelle monture de Spiderman). On s’en foutrait un peu si l’annĂ©e 2019 ne sonnait pas comme une Ă©mancipation aussi soudaine que bien pensĂ©e pour la comĂ©dienne: le level «icĂ´ne de la mode» est atteint, après avoir fait gueuler les racistes sur le tapis rouge des Oscars avec ses dreads en 2015, elle dĂ©barque en Cendrillon de toutes les couleurs au Met Gala, et Tommy Hilfiger se l’arrache. Elle apparaĂ®t Ă©galement dans l’imbelievable et maintenant orpheline saison 2 de The OA, indiquant des choix de plus en plus pertinent. Et ça ne tarde pas: lĂ  voilĂ  qui tient le rĂ´le principal de la sĂ©rie Euphoria, dĂ©but d’une nouvelle ère pour HBO qui tente de colmater dans l’urgence la fin de son mastodonte Game of Thrones. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la jeune fille n’a pas choisi le rĂ´le le plus glamour du monde en portant la dĂ©froque de Rue Bennett: perdue dans ses vĂŞtements, la mine dĂ©faite, le cerveau en compote, elle incarne une lycĂ©enne junkie sortant d’une desintox apocalyptique. L’Ă©cart entre les fantaisies sucrĂ©es de la souris aux grandes oreilles et cette rĂ©alitĂ© assourdissante tient du plus beau contraste chaos qui soit, la preuve s’il en est avec cette leçon de dick picks aussi hilarante qu’impensable quelques annĂ©es auparavant.

Euphoria ou la sĂ©rie teen que ne peuvent pas regarder les teens: voilĂ  du contre-emploi qui croque sous la dent, aussi bien pour la noirceur du show autant que pour son personnage de soft butch en rehab qui ne traque pas une sympathie immĂ©diate, loin de l’image cool et accessible forgĂ©e jusqu’ici. Dans un agglomĂ©rat de nĂ©vroses et de rencontres anxiogènes, de chutes Ă  vĂ©los et d’overdoses, nous voilĂ  plongĂ©s toute une saison dans ce numĂ©ro d’Ă©quilibriste, oĂą l’on espère que l’amour que Rue porte Ă  la lumineuse Jules (plus beau personnage de fille trans vu cette annĂ©e) la sauvera de la benne Ă  ordure. La capacitĂ© qu’a Zendaya de donner de la voix suffira Ă  parachever d’ailleurs le season final sur une scène musicale incroyable, sans problème une des meilleures sĂ©quences vues Ă  la tĂ©lĂ©vision cette annĂ©e. Fille Ă©patante pour sĂ©rie Ă©patante.  

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