Toshiharu Ikeda cherche ce qui se cache derrière la porte rose. Voici voilà un must d’érotisme déviant comme on aime et comme vous aimez.

PAR JEREMIE MARCHETTI

Bien connu pour son mémorable Evil Dead Trap (qu’on aimerait beaucoup revoir dans des conditions décentes, si une âme bienfaitrice nous entend), Toshiharu Ikeda était entré, comme bon nombre d’autres réalisateurs d’exploitations japonais, par la porte du pinku. Et derrière la porte rose, ça picote et ça tripote. Et pour une entrée en matière quelle entrée ! A la manière de son voisin de palier Beautiful Girl Hunter, Sex Hunter était arrivé à un moment tel que tout – ou presque – avait été fait dans le roman porno : les nonnes, les collégiennes, les desperate housewives… Ikeda revient pour ce fait à un délire aux racines profondément Sadiennes, pour ne pas dire un poil plus fantasmagorique. D’où une comparaison avec le film de Norifumi Suzuki qui prenait une direction parfois similaire, bien que plus tentée par le psycho-killer movie.

En guise d’appât, on nous présente Miki, l’oie blanche parfaite et même cygne blanc, puisqu’elle joue Le lac des cygnes sur scène. Danseuse de talent, elle est observée d’un œil envoûté par la belle et puissante Akiko, qui l’emmène faire un tour dans son académie de danse, un château isolé près de la mer. Alors que ça sautille sur le sol ciré d’une salle aussi petite qu’un mouchoir de poche, il ne faut pas attendre longtemps pour découvrir la vérité : l’académie est un donjon de souffrances et de plaisir où Akiko et son assistant lubrique règnent en maître, alors que le petit ami de Miki est cloué sur un fauteuil roulant. La scène inaugurale, où l’héroïne tombe nez à nez face à une partouze lesbienne ayant remplacé les séances d’entraînement, en dit long sur les talents de mise en scène de Ikeda mais aussi sa capacité à aller aussi loin que ça le chante. Miki, prisonnière, découvre un univers so sad, so sadness qui la fera basculer de l’autre côté.

On peut évidemment ne pas rentrer du tout dans le jeu de ces films d’apprentissages SM délirant (autant ne voir aucun pinku de ce fait), où l’innocente brebis, tremblante sous les mains de sa dominatrice, deviendra une furie érotique qui ira jusqu’à chevaucher son boyfriend handicapé au bord du gouffre! Pour les amateurs, rien ne manque: miroir à faux reflet, exercice au godemiché, bondage en veux-tu en voilà, urophilie… jusqu’au clou du spectacle, à savoir une longue, très longue, scène de lavement au coca-cola, les bouteilles pétillant et se vidant frénétiquement dans l’arrière train de la pauvre héroïne ! Une des scènes les plus hallucinantes du pinku-eiga, qui donnera assurément un autre regard sur la boisson la plus bue de la planète. Le raffinement de la réalisation, qui n’a d’égale que la brutalité et la crudité de ce qu’il montre, est une signature commune au pinku; on peut apprécier ici une atmosphère plus européenne qu’à l’accoutumée, proche du fantastique, traversée d’images superbes et baroques, comme ce règlement de compte final où l’orage s’engouffre dans l’action.

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