Le CV de Simon Barrett ne fait pas rêver: fidèle plume de Adam Wingard, naguère très sympathique réal (ici ça chante encore «Anthonio my anthonio» en repensant à The Guest), aujourd’hui moins sympathique depuis qu’il est passé du côté obscur des studios (son remake de Blair Witch? Son Godzilla? Death Note? c’est non). Sans compter son très surestimé You’re Next, vendu quasiment comme une bombe du survival moderne (qu’il n’était manifestement pas). Et justement, le premier film de Barrett est justement distribué sur le dos dudit film, ce qui n’est pas vraiment lui rendre justice. Car cette fois-ci nous voilà sur le terrain du slasher surnaturel, un sous-genre que beaucoup qualifieront de old-school: sorti de la très belle affiche, rien de rance ou de rétro dans l’approche du scénariste. Et c’est déjà une des nombreuses premières surprises du titre…

Dans une école privée de jeunes filles, on fait circuler depuis de nombreuses années une légende à la bloody mary, faisant flotter le spectre d’une élève suicidée dans les couloirs de l’établissement… bien que personne ne l’ai jamais vu! Après une vilaine farce fantomatique, une jeune fille finit par la fenêtre quelques secondes après avoir entrevu une étrange silhouette dans sa chambre. Suicide? Accident? L’affaire semble à peu près réglée, mais l’arrivée d’une nouvelle qui ne se laisse pas impressionné par le girls band à la Heathers qui cavalent à tous les étages va alors tout chambouler. Fan de séances spirites à l’arrache, les vilaines ont peut-être réveillé le mauvais fantôme, qui se met à les dégommer une par une. On frémit.

Un whodunit qui en cache un autre, une touche de surnaturel qui apporte quelques scènes gentiment flippantes, une mise en scène classe et d’une efficacité à toute épreuve, sans pose cynique, hautaine ou parodique: à tout moment, on a peur que le bidule se casse la gueule, soit en raison de sa soif d’inattendu, soit en se faisant achever par un point de côté scénaristique. Mais jusqu’au bout, Seance sait surprendre, ne s’englue jamais dans l’influence imposante de ses prédécesseurs (en particulier La residence et The house on sority row) et reste résolument moderne, sans prendre une pose woke artificiel (Black Christmas 2019, on te voit!). L’épilogue soudainement rageur et gore, rejoue une symphonie déjà entendu dans You’re Next, mais doublé d’une émotion subtile qui faisait défaut à celui-ci. Il manque cependant encore une puissance, esthétique sans doute, pour que le vague emporte tout : on peut lui pardonner. J.M. (disponible sur Prime U.S)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici