Sa trĂšs brĂšve apparition dans l’hommage rendu aux artistes disparus lors des CĂ©sar est sans doute passĂ©e inaperçue auprĂšs du plus grand nombre. DĂ©cĂ©dĂ© le 7 mars 2019 des suites d’un cancer, le musicien, rĂ©alisateur, illustrateur et plasticien nĂ©erlandais Rosto a pourtant laissĂ© derriĂšre lui une oeuvre passionnante, reflet d’un univers Ă©minemment personnel, dont le possible hermĂ©tisme ne le rend pas moins profondĂ©ment accueillant. Rosto Ă©tait un artiste « visionnaire » au sens premier du terme, mĂ©langeant souvenirs, rĂȘves et cauchemars dans un Grand Oeuvre chaotique et foisonnant, hantĂ© par la vie et fascinĂ© par la mort. Se plaçant sous le saint patronage de Terry Gilliam (qui a participĂ© au doublage de l’un de ses films) et de David Lynch, il est devenu au cours des annĂ©es 2000 et 2010 l’une des figures incontournables du cinĂ©ma d’animation, alchimiste de gĂ©nie mĂ©langeant toutes sortes de techniques de captation et d’effets spĂ©ciaux, comme l’animation 3D, la prise de vue rĂ©elle, l’animation en volume, ou plus rĂ©cemment la motion capture. Sortie le 4 mars dernier, Thee Wreckers Tetralogy rĂ©unit quatre de ses courts-mĂ©trages, vertigineux cadavre exquis revenant sur la formation de son groupe virtuel « Thee Wreckers », qui assure par ailleurs la bande-son de tous ses films. Les yeux rincĂ©s de l’ordinaire, nous avons dĂ©cidĂ© d’en faire notre film du mois de mars, dernier soubresaut d’un artiste dont la critique n’a pas assez parlĂ©, et qui restera dĂ©finitivement dans le coeur du Chaos.

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