Deux ans après la sortie de Once Upon a Time… in Hollywood, Quentin Tarantino revient nous parler de ses personnages fictifs préférés (Rick et Cliff) dans un roman inspiré de son film. Ou, plus précisément, une «novélisation», c’est-à-dire un déroulement d’idées qui reprend les éléments du scénario, les prolonge sur la durée, et se fait passer pour un roman. Que vaut cette nouveauté traduite en français par Fayard et disponible à partir du 25 août?

Reprenant la même intrigue, le livre de Quentin Tarantino creuse les histoires respectives de chaque personnage présent à l’écran. On y retrouve Cliff, le cascadeur, Rick, l’acteur alcoolique sur le déclin, Sharon Tate, l’actrice et muse de Roman Polanski, la bande de Hippies (menée par Charles Manson), «Pussycat» et tous les autres seconds rôles. Tout ce qu’ils ont fait avant de se retrouver à l’écran est détaillé. Comme dans un prequel. La personnalité de chacun est analysée et l’on comprend comment ils ont fait pour en arriver là. On apprend, entre autres, que Cliff a tué une dizaine de types au couteau pendant la Seconde Guerre mondiale et que son réalisateur préféré est Kurosawa. Ou encore que Rick a un jour envisagé de tuer un cochon dans son jardin pour en faire du bacon et des saucisses. Des faits passionnants.

D’autant plus qu’ils sont entrecoupés d’événements réels (non-inventé) issus de la culture populaire de la fin des années 60 (artistes, réalisateurs, politiques, etc.). Un contenu riche en idées, bien rempli, allant au bout de l’incantation filmique, initiée avec le tournage du film. Et prolongé avec l’écriture du roman. Ce qui jaillit est une mythologie. Une trace laissée par l’imagination d’un passé différent de ce qu’il a été. Cependant, si le contenu du roman intéresse les fans, comme vous et moi, il ne s’inscrit pas dans de la grande littérature. Au contraire, l’art du découpage est totalement oublié. Beaucoup d’échecs sont recensés à travers la lecture. Certains passages nous sortent du récit. Tout semble avoir été gardé au montage.

Vous connaissiez le Tarantino en interview à la télévision; ce gars électrique et passionné, parlant à toute vitesse et donnant des détails sur les secrets de tournage? Eh bien, c’est la même personne… sauf qu’il est le narrateur du roman. Ce dernier, qui aime partir en voyage dans ses digressions – loin, très loin, du récit initial. On adore, mais on aurait aimé être prévenu: «Ce que vous allez lire est une dissertation pour vous, mes fans». Cela aurait été de bon augure, surtout pour des scènes qui n’ont d’ailleurs jamais été tournées en 2018. On ne peut même pas se consoler avec l’idée qu’il s’agirait d’une sorte de director’s cut, puisque le livre a été écrit après le film. Un film, lui, à la justesse impeccable, textuellement parfait, et incorporé dans la liste de nos longs-métrages préférés des années 2010. S.R.

Il était une fois à Hollywood disponible en France le 25 août chez Fayard. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard.

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