Ce beau film sort pour la première fois en Blu-ray chez Rimini Editions: Queimada scelle la rencontre de la superstar Marlon Brando avec Gillo Pontecorvo, réalisateur de La bataille d’Alger.

En 1815, un agent secret du gouvernement britannique, Sir William Walker (Marlon Brando, sans surprise, infernal sur le tournage), débarque dans une petite île des Antilles espagnoles. Sa mission est de favoriser la mainmise des commerçants anglais sur les riches plantations de canne à sucre qui couvrent l’île. Pour cela, il fomente une révolte parmi les indigènes avec l’aide d’un esclave noir dont il a gagné la confiance et qui possède, innés en lui, le sens de la dignité humaine et le goût de la liberté. Une troupe de guérilleros est bientôt organisée. La révolution réussit. Les colons espagnols sont éliminés. Un gouvernement prétendument libre est proclamé, à qui Walker s’empresse de faire signer un traité de commerce avec une compagnie anglaise. En réalité, les habitants de l’île n’ont fait que changer de maîtres. Quelques années passent. Walker revient à Queimada, où la révolte gronde de nouveau. Mais, cette fois, il se trouve dans le camp des oppresseurs, et c’est contre son ancien ami et son allié, l’esclave noir, aux yeux duquel il n’y a pas de différence entre Espagnols et Anglais, qu’il doit mener une lutte sauvage.

Le réalisateur Gillo Pontecorvo est habitué aux sujets qui fâchent. Les premiers auditeurs du Masque et la plume se souviennent encore du scandale Kapo en 1959 (défini par Jacques Rivette puis Serge Daney comme un monument d’abjection cinématographique); et La Bataille d’Alger, Lion d’or à Venise en 1966, reconstituant l’un des épisodes les plus sombres de la guerre d’Algérie, ayant fasciné des générations entières de cinéastes, tels Sam Peckinpah, Stanley Kubrick, Martin Scorsese, Paul Greengrass ou encore Gaspar Noe. Dans ce Queimada, on retrouve ses sujets de prédilection: l’histoire d’une révolte et d’une répression, le désastre du colonialisme… Mais cette fois, sur un mode différent: plus dans le registre de la fiction avec une fresque historique et des moyens de superproduction, tout en conservant des méthodes de travail farouchement indépendantes (Brando, seul acteur professionnel sur le tournage avec Renato Salvatori, le reste n’est composé que d’acteurs non-professionnels); et ce dans un autre contexte: une île des Caraïbes aux mains des Portugais, au milieu du XIXe siècle. En filigrane, il est bel et bien question de traduire une lutte des classes et d’expliquer les mécanismes de l’interventionnisme américain. Et autant dire qu’en pleine guerre du Vietnam, le film de Pontecorvo faisait une sacrée balafre au portrait lisse de l’Oncle Sam. D’où le foudroyant échec commercial de ce bel objet qui a considérablement anéanti le cinéaste qui, en 1979, gratifiait d’un Ogro qui traite du terrorisme à travers le meurtre du successeur du général Franco, et de la fin d’une dictature. Autant de films qui disent l’engagement du cinéaste, qui parlait de lui-même en ces termes: “Je ne suis pas un révolutionnaire à tout prix. Je suis simplement un homme de gauche.”

CONTENU DES ÉDITIONS 2 DVD ET 2 BLU-RAY :
> film en version courte (BR : 1h50 – DVD : 1h46)
> film en version longue (BR : 2h09 – DVD : 2h04)
> Interview de Giorgio Arlorio, scénariste (39 min.)
> Gillo et moi, interview de Mario Morra, monteur (25 min.)
> Interview de Gillo Pontecorvo, archive RTBF (5 min.)
> Film annonce
> Livret inédit de 24 pages

Couleur / Langues version courte : français et anglais mono – Sous-titres français / Langue version longue : italien mono – Sous-titres français
Blu-ray : Format 1.66 – Image : 1920x1080p HD – Son : DTS-HD
DVD : Format 1.66 – Son : Dolby Audio

Queimada (Burn!) – Italie, 1969
Réalisation : Gillo Pontecorvo – Avec : Marlon Brando, Evaristo Marquez, Renato Salvatori – Histoire et scénario : Franco Solinas et Giorgio Arlorio – Musique : Ennio Morricone – Production : Alberto Grimaldi

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